ÉCRIVAINS ORIENTAUX. — S. GRÉGOIRE DE NYS8E
ordre dans les astres et dans leur mouvement. — Le désordre, au contraire, c'est la ruine du monde physique comme du monde social. — Le même ordre est également nécessaire à l'Eglise. 11 consiste en ce que les uns sont établis pour être brebis, les autres pour être pasteurs ; ceux-ci pour commander, ceux-là pour obéir, — en vue de Iharmonie et de la prospérité du tout. » Dans l'organisme corporel, les membres ne sont pas séparés les uns des autres, mais ils forment tous un même corps, pour le maintien de la paix et de l'harmonie : « il en est de même dans le corps général de Jésus-Christ'. »
Saint Grégoire désigne le sacrement de l'ordre dans les termes les plus explicites : a L'onction et l'Esprit est de nouveau descendu sur moi', » dit-il, en parlant de son ordination comme évêque de Sasime ; et il décrit au long le rite de la consécration épiscopale*. Il enseigne aussi positivement que Pierre, cette colonne de l'Eglise, a transmis sa primauté à lEgiise de Rome, dont l'évêque « préside à tout l'univers chrétien et forme le lien de l'unité catholique \ »
5. La vie cénobitique, dont il fait la description et l'éloge, il l'appelle « la philosophie par excellence \ » de même que saint Grégoire de Nysse la qualifie de « philosophie d'en haut, » et saint Nil, de « philosophie divine. »
Opéra omnia grœc, éd. Basil., 18o0; lut., Basil., looO et ioli ; de beaucoup préférable : grœc. et ïat., éd. Billius (et Morellus), Paris, 1609, in-fol., 2 vol., et Paris, 1630j la meilleure, du bénéd. Clémencet, Paris, 1778, 1 vol. in-fol. (arrêtée par la Révolution); t. II, par Caillou, Paris, 1849; Migne, sér. gr., t. XXXV-XXXVIII. Cf. Tillemont, t. LX ; Ceillier, t. VIII, édit. 2, t. V. Hergenrœther, le Dogme de la Trinité divine selon Grég. de Naz., Ratisb., 1850; Ullmann, Grég. de Naz. le Théol., Darmstadt, 1823; Bœhringer, 1 vol., 2" part., p. .357.
§ 53. Saint Grég-oirc de Uysse (mort vers 393).
Notitia ex Fabric. Bibl. grsec., éd. Harless, t. IX; Prolegomena ed, Morellianœ, dans Migne, sér. gr., t. XLIV.
Grégoire de Nysse, frère puîné de saint Basile, naquit plusieurs années après 330, et probablement le jour anniversaire
« Orat. u, n. 3. — » Oral, ix, n. 1-3. — ' Orat. x, n. 4. — * Carm. adv episc, Migne, t. XXXV, p. 120. — « Orat. ii de fuga, c. v et vw.
de Basile*. Il ne paraît pas qu'il ait fréquenté les célèbres écoles de ce temps ; il étudia sous la direction de Basile et prit des leçons privées. Souvent, dans la suite, nous l'entendrons' donner à celui-ci le nom de Père et de Maître, avec lequel il rivalisa, ainsi que son frère Pierre, dans la vie cénobitique '. Lui aussi s'était consacré au service de l'Eglise ; il était déjà parvenu au degré de lecteur, lorsqu'il échangea cet état contre celui de rhéteur et se maria avec Théosébie, qui mourut prématurément. Cependant les représentations de Basile et les vifs reproches de Grégoire de Nazianze, ses deux amis, le ramenèrent à l'état ecclésiastique : « On prétend, lui disaient-ils, que le démon de l'ambition vous entraîne dans une fausse route sans que vous vous en aperceviez, et que vous préférez le nom de rhéteur à celui de chrétien \ » Il s'apphqua désormais à l'éloquence chrétienne et à l'étude du dogme. En 371, il fut consacré évêque de Nysse, située dans la province de son frère Basile. Attaqué, sous l'empereur Valens, par le gouverneur Démosthènes, sous prétexte qu'il administrait mal les biens de l'Eglise, il fut en même temps déposé et banni (375) par les évêques ariens, qui prétendaient que son élection avait été invalide. Après que l'empereur eut succombé dans une bataille contre les Goths, Jovien lui permit de retourner auprès de son troupeau (378). En 379, de terribles épreuves fondirent sur lui : la mort lui ravit son frère Basile et sa sœur Macrine, qu'il aimait tendrement et qui jouissaient d'une grande influence.
Le rôle considérable qu'il remplit au deuxième concile œcuménique de Constantinople (381) lui a souvent fait donner le titre de Père des Pères. Ce fut lui qui prononça l'oraison funèbre de Mélèce, évêque d'Antioche, mort pendant le concile. Après la clôture de l'assemblée, l'empereur le qualifia, dans une lettre-circulaire, de « colonne de l'orthodoxie catholique. » Mais ce qui lui fit le plus d'honneur, ce fut d'être délégué par le concile en Arabie et à Jérusalem, pour remé-
' Cette remarquable et pieuse famille de Cappadoce avait quatre fils et cinq filles : saint Basile, l'aîné des fils; Nancrace, excellent avocat, qui mourut à la chasse ; Grégoire de Nysse et Pierre, qui fut évêque de Sébaste. Des cinq sœurs, Macrine, ainsi nommée de sa grand'mère, était la plus remarquable par la beauté et les talents.
* In Hexaem., et Ep. x. — ' Socrate, Hisl. eccl., IV, xxvi. — ♦ Epist.