ÉCRIVAINS ORIENTAUX. — S. GRÉGOIRE DE NYSSE
dier à divers désordres, dont la plupart étaient probablement occasionnés par les menées des apoUinaristes. Autant il avait aspiré vers les « sanctuaires de la miséricorde, » Bethléem, le mont des Olives, le Golgotha, le tombeau du Sauveur, qu'il visita avec une pieuse émotion, autant il éprouva de résistance de la part des fidèles, divisés entre eux et soulevés contre leur vénérable évèque, Cyrille de Jérusalem. Il se plaignait amèrement de l'inanité de ses efforts : « Tandis que l'univers entier s'est uni dans la vraie profession de la Trinité, il est à Jérusalem des hommes qui montrent contre leurs frères une haine qu'ils ne devraient avoir que contre le démon, contre le péché et contre les ennemis déclarés du Sauveur. »
Les dernières nouvelles que nous ayons de lui nous apprennent qu'il parut encore trois fois à Constantinople : en 383, où il prononça probablement son discours sur la divinité du Fils et du Saint-Esprit ; en 385, où il fit les oraisons funèbres de la princesse Pulchérie et de l'impératrice Flacille ; en 394, où il assista à un concile en vue d'apaiser les querelles de quelques évêques arabes, puis à la consécration d'une église. Outre ses nombreuses controverses avec les hérétiques, il eut beaucoup à soufTrir du successeur de son frère Basile, Helladius, archevêque de Césarée, qui leur portait à tous deux une haine que les plus généreux procédés furent impuissants à étouffer. 11 mourut vers 395.
Ouvrages de samt Gréf/oh^e de Nysse.
1. Sur l'exégèse, Explication apolor/étique sur l'Hexaméron, composée à la demande de son frère Pierre. « Pourquoi exiger encore, lui dit-il, une nouvelle explication après le divin traité de notre Père et Maître sur le même objet, et puisque tous ceux qui l'ont lu l'admirent autant que les écritures mêmes de Moïse? » Il veut pourtant essayer, soit pour défendre ce traité et dissiper les malentendus qu'il avait provoqués, soit pour le compléter. De là le titre d'apologie.
Ce travail se poursuit dans le De opificio hominis (trente chapitres), composé également à la prière de son frère Pierre, à qui il est dédié. Saint Grégoire y combat la doctrine d'Ori' gène sur la préexistence des âmes'.
* Ses deux homélies sur Gen., i, 26 : Faciamus hominem ad imaginem
De vita Mosis seu de perfectione virtutis. L'auteur écrivit cet opuscule à la demande du jeune Césaire, pour lui servir d'introduction à la perfection chrétienne. C'est un traité à la fois théorique et pratique, où la doctrine est appuyée d'exemples empruntés à la vie de Moïse, cet homme privilégié de Dieu.
Libri duo in Psalmorum interpretatlonem, où l'on explique le but, l'ordre et le partage des Psaumes. Le but est de conduire à la vertu dans tous les états et dans tous les événements de la vie, d'élever l'esprit des choses de la terre aux choses du ciel, et de conduire l'homme au plus haut degré de perfection. Grégoire trouve dans les cinq divisions qu'il adopte pour les Psaumes tous les degrés qu'on doit parcourir pour arriver à être parfait. Quant à Tordre, Grégoire montre qu'il n'est nullement historique. Les psaumes i-lviii sont les seuls qu'il ait commentés avec quelque détail. Il termine par un discours sur le psaume vi, en forme d'appendice.
Accurata expositio in Ecclesiasten Salomonis (hom. vui). Le commentaire finit au chapitre m, verset 13. Ces explications, pleines de simplicité et de naturel, sont par cela même trèsutiles et très-attrayantes.
Homiliœ xv in Cantica canticorum. Ici, au contraire, saint Grégoire a poussé jusqu'à l'excès l'interprétation allégorique, entraîné sans doute par la nature du sujet. Son but, du reste, était plutôt pratique que scientifique; de là le titre d'homélies.
Parmi ses commentaires sur l'Ancien Testament, on doit encore classer YEpistoIa de Pythonissa, ad Theodosium episcopum , Uipi zr,; Èyyao-rpt^oOo'j , explication du chapitre xxvm , vers. 8 et suiv. du premier livre des Rois, où il est dit que ce n'est pas l'âme de Samuel, mais un démon déguisé en prophétesse, qui apparut à Saûl.
Commentaires sur le Nouveau Testament : Homiliœ v de Oratione dominica. Après des explications générales sur la nécessité et la vraie méthode de la prière, son excellence et ses avantages, l'auteur éclaircit avec beaucoup de soin et un
et similitudinem nostram, qui se trouvent dans la plupart des éditions de saint Grégoire, lui appartiennent difficilement, car il avait traité le même sujet dans le De opi/îcio. Voy. Dupin, Ceillier, Fabricius, Fessier, p. 104i note zx.
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grand charme chacune des demandes du Pater \ Le même éloge convient à ses Huit homélies sur les béatitudes, dans le sermon de la montagne.
Voici ce qu'il dit dans son homélie sur le Pater : « L'Ecriture sainte nous enseigne la science de la prière. Elle montre à ceux qui la pratiquent comment on peut captiver lattention de Dieu. Je veux donc apprendre à cette assemblée non pas comment on doit prier, mais la nécessité de prier ; car la prière, négligée d'un si grand nombre, est vraiment une œuvre sainte et divine. Et si maintenant le péché surabonde partout dans le monde, cela vient de ce qu'un très-grand nombre sont tombés dans l'oubli de Dieu et ne connaissent plus la prière, tandis que l'Apôtre nous avertit de prier sans relâche. La prière nous unit à Dieu, et si Dieu est avec nous, qui pourra quelque chose contre nous? qui nous séparera de l'amour de Dieu {Rom., vni, 35)? La prière est la sauvegarde et le bouclier de la pudeur ; elle assure la fidélité des époux, réprime la colère , étouffe l'orgueil, l'esprit de vengeance, l'envie et tout esprit d'injustice. La prière veille sur ceux qui dorment, encourage et fortifie ceux qui veillent, protège les pèlerins et préserve du danger le matelot. La prière, étant une conversation avec Dieu, nous conduit à la vision des choses invisibles, à la foi, aux choses vraiment bonnes ; elle nous égale aux anges, nous fait croître dans le bien, nous rend contents du présent et confiants dans l'avenir. La prière de Jonas transforma la baleine en une maison, ramena Ezéchias des portes de la mort à la vie, transforma le feu de la fournaise où étaient les trois jeunes hommes en une douce atmosphère, fit triompher les Israélites des Amalécites, et dans une seule nuit tua d'une épée invisible 185,000 Assyriens. On pourrait citer de l'histoire mille autres exemples de ce genre. »
Le commentaire sur ce texte de saint Paul : Quayido sibi subjecerit om.nia, tune ipse quoque Filius subjicietur ei qui sibi subjecil omnia, où les erreurs d'Origène se montrent à découvert, est justement tenu pour apocryphe'.