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Ouvrages dogmatiques. — Le plus étendu est un traité po

' Krabinger en a donné une édition séparée. Landshut, 18i0. » Voir ses ouvrages d'exégèse dans Migne, t. XLIV, sér. gr. VE\>i»U>la de Pythonissa se trouve seule au tome XLV«, p. 107.

lémique contre Eunome : Libri XII contra Eunomium. Saint Grégoire y explique la doctrine catholique de la consubstantialité du Fils et du Saint-Esprit, en même temps qu'il rectifie les altérations commises dans les écrits analogues de feu son frère Basile, qu'il venge des attaques dirigées contre sa personne par Eunome. Photius préfère cet écrit aux réfutations de Théodore et de Sophronius, pour la beauté de la forme et la richesse des pensées.

Antirrheticus adversus ApolUnarem (cinquante-neuf chapitres), autre traité également excellent, où l'auteur insiste avec force sur cette idée principale : Notre salut vient de ce que le Christ a adopté la nature humaine dans toute sa plénitude, esprit, âme et corps ; c'est à cette condition seulement qu'il pouvait être notre parfait modèle et nous racheter. Ce premier écrit est complété par un traité plus court, adressé à Théophile, évêque d'Alexandrie, contre Apollinaire.

Les trois autres traités suivants, récemment découverts par Angelo Mai, ont également un caractère polémique : Sermo adversus Arium et Sabelliutn; Adversus pneumatomachos Macedonianos * ; Electa testimonia adversus Judxos*. On doute de leur authenticité.

Un traité d'une nature moins polémique et le meilleur ouvrage de l'auteur sur le dogme, est la grande Catéchèse (quarante chapitres), sur la manière d'instruire les païens (les athées eux-mêmes), les Juifs et les hérétiques pour les amener au christianisme. Saint (îrégoire part de ce principe fondamental que celui qui enseigne doit se placer constamment au point de vue de son adversaire, et surtout commencer la discussion en s'appuyant sur les vérités rationnelles dont on est convenu. Par le fond du sujet et dans l'intention de l'auteur, cet ouvrage est la démonstration philosophique de toute la doctrine de l'Eglise, et le plus heureux essai d'un traité méthodique, malgré cette division arbitraire : de la Trinité et de la création du monde, de la rédemption, de l'application de la rédemption par le moyen des sacrements, de la récompense et de la peine éternelle'.

' Nova collectio, t. VIII, p. 2; Migne, t. XLV, a la fin. — » Grxc. et lat., éd. Zacagnius, in Collectan. monum. vet. Eccl. grxc, Romae, 1698, p. 288. Galîandi, Bibl, t. VI ; Migne, t. XLV, p. 193. Cf. Ceillier, t. VIII ; éd. 2», t. VI. — ^ Edité à part par Krabinger, gr. et lat., Munich, 1838.

ÉCRIVAINS ORIENTAUX. — S. GRÉOOTHF. T)E XYS8E. 3M

D'autres parties du dogme sont traitées dans les ouvrages suivants : Qiiod non putandum sit très deos dici oportere ; — Ad SimpUcmm tribumim, de Fide , seu de Pâtre, Filio et Spiritu sancto; — Contra fatum, disputatio cimi etlmico philosopho; — Adversus ethnicos de Dec (rmo,ex communibus notionibus ; — De differentia essentiœ et Injpostaseos, ad Petrum fratrem; — Macrinia, sive de anima et resurrectione, écrit immédiatement après la mort de sa sœur Macrine. Il met dans la bouche de sa sœur mourante des explications théologiques sur l'âme, la mort, la résurrection et le renouvellement de toutes choses ' ; — De infantibus qui prsemature abripiuntur, ad Hierium, Cappadocige prxfectum.

3. Ouvrages pratiques et ascétiques. — A la première classe appartiennent les discours : Contra eos qui differunt bnptismum ; — Exhortatio ad pœnitentiam ; — Contra usurarios sive feneratores, et contra fornicarios, sur I Cor., vi, 18; — De pauperibus et beneficentia ; — Cum episcopus ordinatus esset.

Dans le tableau qu'il trace du vice abominable de l'usure, il rivalise évidemment avec son frère saint Basile : « Qui prête à un pauvre à usure n'adoucit point la misère du pauvre ; il augmente sa détresse. Ne menez donc pas, sous les dehors de l'humanité, une vie inhumaine et maudite ; ne soyez pas un médecin qui donne la mort; car la vie de l'usurier est lâche et insatiable. Il ne connaît pas la peine de cultiver un champ... Il veut tout avoir sans rien semer ni labourer. Sa charrue, c'est une plume ; son champ, c'est un papier ; sa semence, c'est de l'encre ; la pluie, c'est le temps qui amène les fruits de l'argent dans ses réservoirs secrets et les augmente. Est-il menacé d'une perte, son esprit est tourmenté par un souci perpétuel. »

Nous avons en outre de nombreux discours pour les fêtes, discours funèbres, discours de consolation ; sur la Nativité du Seigneur, la Résurrection et l'Ascension du Sauveur, sur la Pentecôte, sur le meurtre des enfants de Bethléem ; un panégyrique de saint Etienne ; un discours sur la Chandeleur, sur la Mère de Dieu et le juste Siméon ; panégyriques d'Abraham, des quarante martyrs, de Grégoire le Thaumaturge, de saint

* Edition séparée, gr. et lat., par Krabinger, Leips., 1837; en grec et en allem., par Œbler, Leips., 1838.

Ephrem, du martyr Théodore, de son frère saint Basile ; les oraisons funèbres du patriarche Mélèce, de la princesse Pulchérie et de l'impératrice Flacille, de sa sœur Macrine ; à quoi il faut ajouter encore : Xon esse dolendum de tnortids qui ex hac vila ad sempiternam iramierunt.

L'élément ascétique domine surtout dans les ouvrages suivants : Quid nomen professiove christianorum sibi velit, ad Harinonium; — Lihn de perfectione et qualeni oporteat esse diristianmn, ad Olympium monachum; — Summaria descinptio veri scopi vitss asceticœ. Parmi ces traités, il en est un d'une importance particulière, c'est celui de la Virginité. Saint Grégoire, envisageant tour-à-tour son sujet dans l'acception restreinte et dans le sens large du mot virginité, décrit la vie supérieure de l'àme et sa destinée. Ce qui s'est passé corporellement dans le sein de Marie, dit-il, s'accomplit spirituellement dans l'àme virginale. Et il ajoute : « C'est la virginité qui fait que Dieu ne refuse pas de venir vivre avec les hommes : c'est elle qui donne aux hommes des ailes pour prendre leur vol du côté du ciel; et, étant le lien sacré de la famiharité de l'homme avec Dieu, elle accorde par son entremise des choses très-éloignées par nature. » « Les vierges ont en la chair quelque chose qui n'est pas de la chair, et qui tient de l'ange plutôt que de l'homme'. »

La virginité lui apparaît comme le dépouillement total des objets matériels et terrestres, et le plus sur moyen d'atteindre au but suprême de l'ascétisme, la vision de Dieu, l'union et la société avec lui. Néanmoins, tout en reconnaissant dans la virginité proprement dite un plus haut degré de perfection, il n'a garde de ravaler le mariage, « puisqu'il a été sanctifié par la bénédiction divine et qu'il a son fondement dans la natm-e humaine. »

Le caractère de la piété et du véritable esprit religieux est également expliqué dans une instruction adressée à un religieux : Epistola de iis qui adeunt Hierosolymam, seu de sacris et religiosis peregrinantibus, où l'auteur, critiquant les abus de ces fréquents voyages, remarque que « ce qui plaît à Jésus-Christ, ce n'est pas d'avoir été à Jérusalem, mais d'y avoir vécu saintement. »

* Addit. du trad.

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