‹ PatrologieChapitre 40 sur 143 · Hymnes. Bymni decem, lyrico carminis génère. Les · texte numérisé non relu

Hymnes. Bymni decem, lyrico carminis génère. Les

^ Ad., II, 10, et XIII, \ ; Marc, xv, 21. — * Edit. grecq. et allem., par Krabinger, Stuttg., 183i. — » En gr. et en allem., par Krabinger, Solisb., 183S.

•424 PATROLo(ilE,

cinquième, sixième et neuvième attestent nettement les vues orthodoxes de Synésius, car il y invoque le Fils de la Vierge et chante un hymne à la Trinité, animarum medico, medico corporum, Patri simul excelso, Spirituiqiie sancto.

Photius a dit d'une partie de ses écrits que « le style en est sublime et grandiose, mais qu'il incline vers la diction populaire (d'autres écrivent poétique). Ses lettres sont pleines de charme et de douceur, avec des pensées fortes et abondantes : » Stylus ille sublimis quidem et grandis, sed qui ad popularem (alii poeticam) simul dictionem iîiclinet. Epistolœ venustate et dulcediyie fluetites cum sententiarum robore et densitate.

Contenu des écrits de Synésius.

Les écrits de Synésius présentent fréquemment le mélange d'idées païennes et chrétiennes, exprimées dans un style tout païen et avec les formes du néoplatonisme'. En général, la période chrétienne offre plus d'un ouvrage qui demande à être apprécié au même point de vue que diverses productions de la renaissance au quinzième siècle. On trouverait, surtout eu Italie, même chez les plus hauts dignitaires de l'Eglise, un pareil amalgame d'expressions païennes et chrétiennes, malgré l'incontestable orthodoxie de ceux qui s'en sont servis. Du reste, dans les écrits que Synésius a composés comme prêtre et comme évêque, on remarque un progrès sensible vers la foi chrétienne. Le fanatisme néoplatonicien disparaît insensiblement devant la précision dogmatique, et la fantaisie du poète finit par se confondre avec la croyance de l'évêque. » Déjà, avant son épiscopat, il écrivait à un certain Jean qui, après une vie orageuse, voulait se retirer dans la solitude du cloître : « Je loue tout ce que vous ferez pour l'amour du ciel; — je me réjouis donc avec vous que vous soyez heureusement arrivé au but où je touche à peine après de si longs efforts. Priez pour moi, afin que pareil bonheur m'échoie, que je retire quelque profit de mes travaux philosophiques, et que je n'aie point consumé inutilement ma vie dans les livres. » La phis touchante expression de ses sentiments religieux se trouve dans le chef-d'œuvre de son éloquence, la première

1 Cf- Huber, Philosophie des Pères de l'Eglise, p. 315.

]^,CRIVAINS ORIENl'ATX. — ASTÉRIUS, ETC. i^O

catastasis, qu'il termine aiusi, en faisant allusion à la ruine prochaine de Ptolémaïs : « Il approche le jour de la tempête, ce jour où les prêtres, en présence des dangers qui les menaceront, devront se réfugier dans le temple de Dieu. Pour moi je resterai à mon poste dans l'église ; je placerai devant moi les vases sacrés, j'embrasserai les colonnes du sanctuaire qui soutiennent la table sainte; j'y resterai vivant, j'y tomberai mort; je suis ministre de Dieu, et peut-être faut-il que je lui fasse l'oblation de ma vie ; Dieu jettera quelques regards sur l'autel arrosé par le sang du pontife. » Cependant, peu de temps auparavant, dans le même discours, ses souvenirs païens s'étaient réveillés, et il les mêlait à ses pensées chrétiennes avec une touchante naïveté : « 0 Cyrène, s'écriait-il, dont les registres publics font remonter ma naissance jusqu'à la race des Hérachdes ! Tombeaux antiques des Doriens, où je n'aurai pas de place! Malheureuse Ptolémaïs, dont j'aurai été le dernier évêque ! Je ne puis en dire davantage ; les sanglots étouffent ma voix. »

Opéra omnia, éd. H. Tiinieb., Vnr., i^'i'.); gruec. el lat., éd. D. Petavius. Par., 1612; augmentées des Œuvres de Cyrille de Jérusalem, éd. 1633. La meilleure édit. est celle de 16i0;ad codd. mss. tidemrecognovit et annot. crit. adjecit Krabinger, Landesh., 1850 (le 1. 1 ne contient que les discours et des fragments d'homélies); Migne, sér. gr., t. LXVI. La meilleure reproduction des Hymnes se trouve dans le Sylloge poetarum grœcor., de Boissonade, Paris, 1825, t. XV. On trouve de nouveaux secours pour lu critique si nécessaire du texte dans les Observatione^ critkce in Syncs. epist., éd. Kraus, Solisb., 1863. Cf. Tillcmont, t. XII; R, Ceillier, t. X, éd. 2*, t. VIII; Ciausan, de Synesio philosopho, LybicB Fenlap. metropoUta, Hafn., 1831; Toussaint, £^M(Zes (Société littér. de l'univ. de Louvain, 1840, vol. 4); Druon, Etudes sur la vie et les œuvres deSynésius, Paris, 1859 ; D' Kraus, Etudes sur Synésius de Cyrène [Revue trim. de Tub., 1865, livr. 3 et 4; 1866, livr. l-'c). Ce travail fournit des renseignements sur la vie et les écrits de Synésius, sur son sacre, sur ses progrés dans la foi chrétienne, et donne l'énumération complète des ouvrages ([ui ont paru sur Synésius.

i$ 59. Eci'ivaius secondaires de cette é|»o(jiie.

Aslérius, Némésius, Nonnus et Proclus.

1. Saint Astérius, métropolitain d'Amasée, dans le Pont, vivait dans la seconde moitié du quatrième siècle. Il reste

encore vingt et une de ses homélies recueillies par Photius* : on y trouve plusieurs panégyriques do martyrs et de saints.

Ses œuvres ont été éditées par J. Brimtius, Antwerp., 1613; Combéfis, dans son Auduanum, les a augmentées de six homélies, Paris, 1648; Migne, sér. gr., t. XL.

II. Némésius. Tout ce "que nous savons de lui, c'est qu'il fut évêque d'Emèse, en Phénicie, probablement vers le commencement du cinquième siècle. On lui doit un traité philosophique Sur la nature de l'homme, passablement étendu et qui n'est pas sans importance. Il y traite de la physiologie et de la psychologie, et critique les opinions des anciens en bon philosophe. S'il incline fortement vers le néoplatonisme et s'il soutient la préexistence des âmes, il n'en dit pas moins ailleurs, au point de vue chrétien, une foule d'excellentes choses, par exemple, lorsqu'il parle de la dignité de l'homme et de son rang dans l'ensemble de la création, de l'immortalité de l'âme et de la liberté.

Ses œuvres ont été éditées à Anvers, lo65, dans VAuctvanurnBihl. l'air.. Paris, 1621 ; Oxon, 1671; Migne, sér, gr., t. XL. Cf. Ritter, Eût. de la philos, chrét., 2^ vol., p, 461 .

III. Nonnus de Panopolis, auteur de poésies profanes (les Dionysiaca), a fait aussi, en vers hexamètres, une description poétique de l'Evangile de saint Jean, sous le titre de : "suio&olr.

IV. Proclus, d'abord secrétaire d'Atticus, patriarche de Constantinople, fut promu par lui au diaconat et à la prêtrise, et nommé sous son successeur évêque de Cyzique, mais il fut empêché de prendre possession de son siège par un parti qui voulait établir un autre évêque. Plus tard (434), il devint patriarche de Constantinople et combattit avec zèle le nestorianisme. Il mourut en 447. Nous avons de lui quantité de lettres et d'écrits synodaux, vingt-cinq homélies pour les fêtes du Seigneur et de plusieurs saints. Parmi ces dernières, se trouve le fameux discours prononcé contre Nestorius ; il y revendique le titre de Mère de Dieu que Nestorius refusait à la sainte Vierge.

' Biblioth.. cod. 271. — * Migne, sér. gr., t. XLIU.

ÉCRIVAINS ORIENTAUX. — S. CYRILLE d'aLEXANDRIE. 427

Editions de ses œuvres : Riccardi, Roinc, 1630; Combétis dans l'Auctuarium, t. I; Gallaiidi, Bibl., t. XIX: Mif,'ue, sér. gr,. t. LXV, avec les suppléments de Mai.

§ CO. Haiut rji-Illc d'Alexandrie (mort eu 4ii).

Cf. Sancti Cyrilli vita ex. Bollaiid., et Notïtia ex Biblioth. Fabricii gvœca, éd. Harless, t. IX; Migue, sér. gr., t. LXVllI.

Cyrille, né probablement à Alexandrie, et neveu du patriarche Théophile, fameux par la persécution de saint Chrysostome, paraît avoir hérité de la haine de son oncle contre ce Père illustre. On ne sait rien de l'année de sa naissance, de sa jeunesse et de ses études, et cette présomption qu'il vécut quelque temps dans le désert de Nitrie, n'est garantie par aucun document ancien. Ce qui est sur, c'est qu'en i03, il assista au concile du Chêne et qu'en 412 il succéda à son oncle sur le siège patriarcal, malgré les résistances d'un parti. Les débuts de son épiscopat furent marqués par des ti'oubles dans Alexandrie, d'où Cyrille expulsa les novatiens et les Juifs.

Il en résulta une division malheureuse entre le patriarche et le gouverneur Orestes, et dans la foule une fermentation qui. en 415, se traduisit par le meurtre de la célèbre Hypathie^ à cause de l'influence qu'on lui attribuait sur Orestes. Cyrille n'y eut point de part. En ce qui concerne saint Chrysostome. Isidore de Péluse lui fit des remontrances courageuses' ; Atticus de Constantinople le ramena à de meilleurs sentiments, et à partir de il 7, Cyrille le fit inscrire dans les dyptiques de son Eglise.

Il se signala principalement par sa résistance à Nestorius. Lorsque cet hérétique en vint à rejeter le nom vénérable do Mère de Dieu, Oîoto/.o,-, et à se dévoiler tout entier en établissant une complète séparation entre la nature divine et la nature humaine, en affirmant l'existence de deux personnes en Jésus- Christ, quand cette doctrine commença à trouver de l'écho à Alexandrie, Cyrille adressa une lettre à son clergé et une autre à Nestorius. Dans cette dernière, il exposa la vraie doctrine sur l'union des deux natures en une seule personne et dé-

■• Isidor.. Epist.. lib. I, 310.

il28 PATROLOGIE.

montra eu même temps la " commiiiiicalion des idiomes. » Neslorius l'ayant repoussée brusquement, Cyrille s'adressa à l'empereur Théodose II et à l'impératrice pour les mettre en garde contre les dangers de cette hérésie. 11 envoya eu même temps un rapport au pape Célestin I", comme le fit Nestorius lui-même, « selon l'ancien usage. » Après que Célestin eut condamné la doctrine de Neslorius dans un concile (430) et autorisé Cyrille à exécuter son décret, ce dernier tint dans la même année, à Alexandrie, un concile, dont il envoya la profession de foi à Nestorius, avec douze anathématismes que l'Eglise accepta comme l'expression de sa croyance. Nestorius les rejeta et y répondit par douze autres anatliématismes. Alors fut convoqué à Ephèse le troisième concile œcuménique, que Cyrille présida avec deux prêtres romains en qualité do légat. A leur tour, les évêques du patriarcat d'Anlioche réunirent sous leur métropolitain Jean, qui n'arriva que plus lard, une assemblée particulière où ils déposèrent Cyrille. Théodose II, peu au fait de la question, destitua les chefs des deux partis, et Cyrille dut rester en prison jusqu'à ce que les Pères du concile eurent renseigné l'empereur. Eu octobre i3!, Cyrille retourna à Alexandrie, et ne négligea rien pour ramener la fraction des orientaux qui s'obstinait dans le schisme; il y réussit en partie, mais seulement après plusieurs années de négociation. Il fut hautement estimé en Orient et en Occident pour ces importants services. Le pape Célestin l'appelait un vaillant défenseur de l'Eglise et de la foi, un maitre cathoUque, « bien qu'on ne puisse pas dire que toutes ses actions aient été saintes'. » Il mourut en 444.

Ouvrages apologétiques de saint Cyrille d' Alexandrie.

On sait qu'en 3G3 -Julien lApostat composa contre le christianisme un grand ouvrage, dont l'habile rédaction jeta le trouble parmi les fidèles et enorgueillit les païens. En 433, saint Cyrille, comme d'autres l'avaient fait avant lui, le réfuta dans un vaste ouvrage intitulé : 'x-ïo -i^ twv Xoto-Ttavwv ayayoO? ijpcT/.îiocç Tzpô; TV. ïj rjhi'Az lo-Aimo-'j, dont il existe encore dix livres complets \ Ces dix livres ne semblent dirigés que contre les

' Tillenioîil, Mémoires, t. XIV, p. oil. — * A. Mai a donné de neuf

autres livres des fragments détachés 'Bibl. uor. Pair., t. II),

Page 1