É<.RIVA1NS ORIENTALX. — THÉODORET
les erreurs et l'absence de critique sont rachetées par plus d'un renseignement précieux'.
§ 62. Tliéodoret, évôqae de Cyr (mort vers 4S8). Voir les cinq dissertations de Garnier, et Schulze, Dissevt. i.
Théodoret, ou Théodorite, naquit à Antioche entre 386 et 303, après que ses parents, privés d'enfants, eurent longtemps imploré le ciel de leur donner un descendant. A l'âge de sept ans, ils le confièrent aux moines du monastère de Saint-Euprépius, près d'Antioclie, où il resta longtemps et eut Nestorius pour condisciple. Il se forma principalement sur Théodore de Mopsueste et saint Chrysostome, et ne fut pas moins distingué par son savoir que par la sahiteté de sa vie. Cœur généreux et désintéressé, il perdit ses parents de bonne heure et distribua sa fortune aux pauvres. A vingt ans, il était lecteur, et à vingt-cinq ans, diacre de l'Eglise d'Antioclie. Les hérétiques de cette ville le redoutaient à cause du zèle et de l'habileté avec lesquels il les combattait. Vers 420 ou 423, le patriarche de Constantinople le promut au siège de Cyr, composé de huit cents villages. Cyr, à deux jours de marche d'Antioclie , était la capitale insignifiante d'une contrée sauvage et montagneuse , quoique très-peuplée , la Cyrénaïque, composée presque uniquement de Syriens incultes mêlés de beaucoup d'hérétiques.
Théodoret eut la consolation d'y rencontrer un grand nombre d'anachorètes, avec lesquels il fut très-lié. Son administration fut un modèle. Observateur sévère de la résidence, il ne quitta son diocèse que pour assister à un concile d'Antioche. La conversion des hérétiques, surtout des marcionites, l'intéressait particulièrement ; mais son zèle , quoique tempéré par la douceur, l'exposa aux injures et à de sérieux dangers. 11 réussit cependant à purger son diocèse des hérétiques. Sobre en ses dépenses, il consacra la majeure partie de son revenu au bien de la ville, à des étabhssements de bains et à des aqueducs.
Il vécut ainsi dans la paix jusqu'au moment où il fit la
' Migne, sér. gr., t. LXXXV. Dupin se montre trop sévère quand il l'appelle « un mauvais compilateur. » — Le III« livre a été récemment publié par Geriani, à Milan. (Note de l'écl. franc.)
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connaissance de Nestorius, et fut impliqne dans ses débats. Déjà avant le concile d'Ephèse, il avait combattu dans divers écrits ' les anathématismes de saint Cyrille, surtout à cause de l'expression ivwatç «j^yo-t/yj. Il assista aussi, à Ephèse, au conciliabule des Orientaux, et prit parti pour ceux qui rejetaient le troisième concile universel. Il fut plus satisfait des explications postérieures de Cyrille. Cependant, comme il n'entrevoyait pas toutes les conséquences de la doctrine de Nestorius , il refusa de consentir à sa déposition , persuadé qu'il n'enseignait pas ce qu'on lui imputait. Il ne souscrivit à l'imion qu'en -435, après bien des antécédents odieux, et sans rompre avec Nestorius.
Malgré ces ménagements, il n'échappa pas à la haine des monophysites, et notamment de Dioscore ; il fut déposé par le brigandage d'Ephèse (449), qui condamna ses écrits avec ceux de Nestorius. Il en appela au pape : « Nous nous hâtons humblement vers votre Siège apostolique pom' recevoir la guérison des maux qui affligent l'Eglise ; car il convient que dans toutes les affaires (ecclésiastiques) vous occupiez le premier rang, puisque Rome préside à toutes les Eglises de l'univers. »
II fut obligé, cependant, ainsi que les autres évêques, de rester en exil tant qne les monophysites prédominèrent. Rappelé en 451, après la mort de Théodose II, son affaire fut examinée au quatrième concile général de Chalcédoine, auquel il participa, malgré l'opposition des évêques égyptiens. Après quelques hésitations, il se décida enfin à condamner Nestorius et fut pleinement réhabihté ; il reçut les félicitations du pape Léon. Sans abdiquer sa charge, il vécut dans la solitude d'un couvent, occupé de travaux littéraires, et mourut vers 458, dans la communion de l'Eglise.
Il n'en resta pas moins, de même que Théodore de Mopsueste et Ibas d'Edesse, un objet de haine pour les monophysites. Le concile de Chalcédoine, en accueillant sa personne sans condamner expressément les écrits où il combattait saint Cyrille, avait omis une partie de sa tâche ; le cinquième concile œcuménique y suppléa en 553.
* Epist ad Joun. Antioch., t. IV, p. 1288.
KCIUVALNS ORIENTAUX. — THKODORIiT. 439
Ouvrages historiques.
1. Son Histoire ecclésiastique (cinq livres), écrite vers 450, s'étend de 320 à 428. C'est la meilleure des continuations d'Eusèbe ; le fond en est soigné, le style simple et conforme à la nature du sujet '.
2. L'Histoire religieuse contient des renseignements sui' trente-trois ascètes orientaux des deux sexes ; c'est une nouvelle page, mais plus attrayante, à ajouter à Palladius.
3. U Abrégé des fables hérétiques (quatre livres) renferme l'histoire des hérésies jusqu'cà Eutychès ; ce qu'il dit des anciennes hérésies est tiré en grande partie de saint Irénée, d'Hippolyte et de saint Epiphane. Le cinquième livre se terminé par un abrégé de la foi orthodoxe.
Travaux apologétiques.
La Guérison des maladies des Grecs (douze livres) termine la série des œuvres apologétiques chez les Grecs. Parmi les griefs des païens contre le christianisme, Théodoret cite la nécessité de croire, l'ignorance des apôtres, le culte et l'invocation des martyrs. C'est afin de guérir ces préjugés de l'àme que Théodoret, utilisant les écrits de ses devanciers (Clément d'Alexandrie, Eusèbe, etc.), composa son apologie. Son principal but est de montrer la supériorité des idées chrétiennes sur celles de la philosophie païenne touchant l'origine et la fin du monde, l'excellence de l'homme, la providence. Ce qui caractérise cet ouvrage, ce sont les parallèles entre le culte des martyrs et le culte que les païens rendent aux morts, entre les oracles et les prophètes, entre la moralité des philosophes et celle des chrétiens. Pour le fond, on y trouve peu de choses qui n'aient été dites avant lui ; cependant il est conçu à un point de vue plus général que la plupart de ses devanciers, et il insiste moins sur le côté extérieur du paganisme, par exemple, les absurdités de la mythologie.
Ouvrages dogmatiques.