h'Eraniste, ou Polymorphe, est dirigé contre les idées
' Voyez sur rédilion de Gaist'ord, Oxon., 18oi, l'article de Nolte et ses corrections du texte dans la Revue de Tub., 1839, p. 302.
monophy sites, ramas de plusieurs hérésies, bien qu'à cette époque (i48) Eutychès n'eût pas encore paru. Il commence ainsi : « Il est certaines gens qui . ne sachant comment se donner du crédit, cherchent du moins à se faire un nom par des entreprises infâmes. De ce nombre était Alexandre le forgeron, qui, ne trouvant pas d'autre voie pour aller à la gloire, se fit connaître par sa folle opposition à l'apôtre saint Paul. — Nous avons encore aujourd'hui de ces gens qui se font un honneur de produire des doctrines nouvelles , surtout en exploitant d'anciennes sectes et en en inventant de nouvelles. C'est une d'elles que je combats dans ce récit. Je lui ai donné le nom à'Eraniste, et , parce qu'elle revêt plusieurs formes, j'y ai joint le surnom de Polymorphe. » — Cette réfutation se compose de trois dialogues, dont le premier enseigne que la divinité du Fils unique est immuable ; le second, que dans le Christ les natures ne sont point confondues: le troisième, que la divinité du Fils est impassible.
2. Le même sujet est traité dans la Démonslration par syllogisme comme quoi Dieu le Verbe est immuable.
3. Les dix Discours sur la Providence ne sont point des sermons proprement dits, mais des traités en forme oratoire. Les cinq premiers contiennent les preuves, les cinq derniers réfutent les objections contre la Providence. Cet écrit, digne de son sujet, témoigne de l'expérience et du sens chrétien de son auteur.
4. Le traité de la Divine et Sainte Charité développe cette vertu, qui a été le ressort des actions héroïques dont l'auteur décrit les œuvres dans son Histoire de la religion.
5. Après avoir attaqué saint Cyrille dans différentes lettres et discours, et directement dans sa Répréhension des douze anathématismes, Théodoret ne laissa pas d'écrire aussi :
6. Contre Nestor lus ; mais ce travail nest guère que le développement d'un passage de ses Fables hérétiques \ Du reste, l'authenticité de ces deux pièces est douteuse*.
Ouvrages d'exégèse.
Renommé pour la perfection de sa méthode et la précision de son style, Théodoret passe pour le plus habile et le plus
' Lib. IV, c. xii. — « Cf. Dupin, Bihl, t. V, â* part., p. 243.
Ér.mVAI.NS ORIENTAUX. — UIKODORKI. ii\
solide exégète de l'Eglise grecque. Ses travaux d'exégèse sont ou des explications de passages difficiles (qiiœstionea in loca dffficiliora) du Pentateuque, de Josué, des Juges, de Ruth. des Rois et des Paralipomènes, ou des explications courantes, des commentaires sur les Psaumes, le Cantique des cantiques, les prophètes et les quatorze épîtres de saint Paul '. Les commentaires sur saint Paul ont été jusqu'ici les plus estimés et les plus utilisés. Voici comment il caractérise lui-même sa méthode d'exégèse imitée de saint Chrysostome, mais développée avec plus de précision : elle tient le milieu entre deux extrêmes, dont l'un consiste à tout allégoriser, l'autre à vouloir donner à tout un sens historique (Prsef. in Psalm.). Le commentaire sur Isaïe est perdu. Sirmond Ta reconstitué avec des fragments tirés des Chaînes. Le docteur Nolte le possède plus complet.
Ses Lettres (cent soixante-dix-neuf) sont d'un grand intérêt pour l'histoire de l'époque. Il y en a qui sont perdues, de même que plusieurs de ses ouvrages. Il ne reste des suivants que de courts fragments : Livre mystique; cinq Sermons contre saint Chrysostome ; contre les Juifs, les ariens, les macédoniens, les apollinaristes et les marcionites ; un Traité sur la Trinité contre Sabellius et Arius. Le reste est apocryphe ou douteux , tels que : Sermo ou Encominm in nativitatem Joannis Baptistee; Sermones XVII adv. Cyrilli et catholicorum aliquot sententias; Dialoqi VII adversus anomœos, etc.
Doctrine de Théodoret.
Théodoret, quoique adversaire de saint Cyrille, passe généralement pour avoir eu des idées orthodoxes sur la Trinité et sur la personne du Sauveur. Il y a cependant mi endroit où il nie expressément que le Saint-Esprit procède du Fils ^ ; il n'admet que sa procession du Père'. Le Saint-Esprit, dit-il. n'est pas une création, et on ne peut pas dire de lui, comme du Fils, qu'il a été engendré \
II n'admet pas que les anges aient rien de corporel, ni qu'ils soient androgynes; aussi l'explication qu'il donne du
^ Migne, sér. gr., t. LXXX-LXXXII, ouvrages d'exégèse. — * Reprehens. xn anath., ad n. 9. — ^ Epist. cli; Conun. in Rom., viii, 11 ; / Cor., u, 12. — ♦ Haeret. fab., comparez ; V, c. m.
mariage des enfants de Dieu avec les enfants des hommes diffère-t-elle de celle des anciens Pères ; il croit simplement qu'il s'agit de mariage entre les descendants de Seth et ceux de Caïn. Quant aux mauvais anges, ils sont devenus tels par leur propre volonté, Dieu ne pouvant pas créer un être incapable de rien faire de bon.
Dans le chapitre de l'Homme, nous trouvons ce passage significatif : « L'EgJise, fidèle aux divins enseignements, déteste souverainement les doctrines de ces hommes-là, tout en rejetant les fables des autres. Elle enseigne, sur la foi de l'Ecriture, que l'âme est créée en même temps que le corps, qu'elle n'emprunte point à la matière de la semence la cause de son origine, mais qu'elle est formée par la volonté du Créateur après la formation du corps. »
Garnier a juge trop défavorablement, et souvent par des raisons insoutenables, le point de vue dogmatique de Théodoret. Ainsi, de ce que Théodoret ne parle pas de Pelage et de Célestius, il ne s'ensuit point qu'il fût d'intelligence avec eux, mais tout au plus qu'il appréliendait d'en parler, d'autant plus que, dans les matières un peu difficiles, il manque d'une certaine profondeur et décèle la tendance rationaliste de l'école d'Antioche. Son style est clair et agréable, mais il donne trop d'étendue aux parallèles où il se complaît '.
Editeurs : Siniioiid, Paris, 1042; complété par Garnier, Auctuarium, Paris, 1684; mieux, par Schuke, Halle, lldd, iu-S", 5 vol., avec glossaire, par Bauer; Migne, sér. gr., t. LXXX-LXXXIV (mam^ue la réimpression des Réprchensions, promise au i" volume). Cf. Tilleuiont, t. X ; Ceillier, t. XIV; 2" éd., t. X; Dupin, t. VIII, part, lu; Héfelé, Ilist. des conc, t. II.
§ 63. l!«iclorc, ablié de Péliise ; saint mil TAiné.
Cf. Niemeyer, De Isidori Pel. vita, script, et doctrina commentât. Suaresius, Lib. chronol. de vit. S. Nil.; Migne, série grecque, t. LXXVIII et
I. Isidore, originaire d'Alexandrie, vécut dans un couvent situé sur une montagne près de Péluse, dont il fut plus tard élu abbé. Tout ce qu'on sait de sa vie active, c'est qu'il était,
< C'est la remarque que faisait Photius, Bibl., cod. 46.
ÊCRiVAINS OKŒMALX. — ISIDOlŒ ]>E l'ÉlASE, S. NIL. 443
SOUS Théodose 11 et du temps du concile d'Ephèse (431), un personnage influent. L'austérité de ses mœurs, jointe à une éducation distinguée, lui conquit une haute réputation, qu'il consacra au service de l'Eglise sans être revêtu d'aucune place officielle, distribuant tour-à-tour, partout où il le pouvait, des encouragements, des conseils et des réprimandes. Sa franchise, dont on peut voir un exemple dans la lettre trois cent dix, adressée à Cyrille d'Alexandrie, ne manqua pas, sans doute, de lui attirer plus d'une inimitié.
Isidore se distingue par cette forme de style épistolaire qui était en vogue chez les derniers rhéteurs de la Grèce. Le nombre prodigieux de ses lettres (Nicéphore en compte dix mille ; il en reste deux mille douze, en cinq livres) a fait supposer que ce n'étaient que des exercices épistolaires destinés à servir de modèle de style : hypothèse sans fondement et réfutée par Niemeyer. Cependant la longueur des unes et la brièveté des autres a donné lieu de présumer que plusieurs ne nous étaient parvenues que par fragments; elles contiennent, sous une forme élégante, des conseils, des principes généraux, des exhortations, des renseignements sur les affaires du temps, des éclaircissements sur des questions de dogme et d'exégèse.
Nous n'avons plus son Discours aux Grecs, et l'authenticité des Interrorj citions et réponses, que Hard lui attribue d'après un manuscrit de Munich, éveille bien des doutes.
H. Saint Nil, connu pour ses nombreux et excellents ouvrages ascétiques, offre plus d'un trait de ressemblance avec Isidore. 11 naquit dans la seconde moitié du quatrième siècle, d'une bonne famille, et fut préfet de Constantinople. Parvenu à la maturité de l'âge, il se sépara de sa femme, qui lui avait donné deux fils, dont l'un, nommé Théodule, le suivit sur le mont Sinaï. Il y fut bientôt célèbre, et, de loin comme de près, on alla hii demander des conseils et des consolations. Il répondait avec une égale franchise à tous ceux qui, grands ou petits, lui exposaient leurs besoins. En 410, une invasion des Sarrazins, qui coûta la vie à plusieurs ermites et pendant laquelle son fils Théodule fut jeté en prison, dispersa cette pieuse réunion de cénobites. Cependant le fils recouvra la liberté, et Nil le rejoignit auprès de l'évêque d'Eleuse, qui leur
•444 PAIROI.UGIE.
conféra à tous deux le sacerdoce. Nous connaissons les travaux de saint Nil jusqu'en 430; mais nous ignorons le jour de sa mort.
Ouvrages de saint Nil.
1 . Quatre livres de lettres, dont plusieurs ne sont peut-être que des extraits ou dès sentences.
2. Les sept Nanmtions contiennent des détails sur sa vie. sur l'invasion des Sarrazins et les moines du Sinaï.
3. Le Discours sur Albian est l'oraison funèbre d'un prêtre et d'un religieux de Nitrie.
Les écrits suivants sont proprement ascétiques : 4. Discours ascétique, où la vie monacale est présentée comme la vraie philosophie.
5. Traité des vertus qu'il faut pratiquer et des vices qu'il faut fuir, sur la perfection chrétienne : éloge d'une pieuse femme nommée Péristéria.
6. De la Pauvreté vohmtaire, à Magna, diaconesse d'Ancyre. 1 . De la Supériorité des moines, comme quoi la vie religieuse l'emporte sur la vie de ceux qui habitent les villes.
8. Le Discours au moine Euloge semble une exhortation adressée à quelqu'un qui avait renoncé aux honneurs du monde et embrassé la vie monastique.
9. Le petit traité des Vices qui sont opposés aux vertus est adressé au même.
10. Le traité des Huit Esprits de malice, et 11. le ii£/>i twv tx; xoLûaq loyi<7iJM-j roulent sur les péchés capitaux.
12. Le traité de la Prière est composé de sentences et de règles sur la prière reliées entre elles.
13. Le risoi SiocfôoM-j m^npw loyiT'j.iyj a pour objet les tentations.
14. L'Institution aux moines, et 15. KsoaÀaia r, Trapatvéo-i? rappellent les apophthegmes des anciens moines.
16. Sermon sur saint Luc, xxn, 30. — Tillemont a dit de saint Nil : Il employa son éloquence à écrire des ouvrages qui inspirent la vertu et qui, agréables pour le fond comme pour la forme, se lisent avec plaisir.
0]pera Isidori, graec. et lat., Paris, 1638; lat. Venet., 173o; sur la correction du texte, Possinus, Collutiones Isid., Rome, 1670; Migne, série grecque, t. LXXVIII. Cf. Tillemont, t. XV; Ceillier, t. XIII, éd. 2«, t. X; L. Allatius, Nil. Ses lettres, grecques et latines ; Possinus, Paris,
Al'TEUBS LATINS. — f.OMMOrHKN. 445
1G39; Suaresius, Rom., 1673; Coteler., Monum. Eccks. ijrœrœ, \. III. Le luut dans Migiie. si'-iie grecque, t. LXXIX; cf. Fessier, t. 11.