‹ PatrologieChapitre 46 sur 143 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

AITF. rR.S LATINS.

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Gennade ' est le premier qui ait fait mention de Commodien , dont il apprécie parfaitement la valeur littéraire. Un a conclu de la ressemblance de son style avec celui des auteurs africains qu'il était né en Afrique. Le surnom de Gaza?us, qu'il avait pris lui même, a fait supposer à quelques-uns qu'il était né à Gaza en Palestine ; mais il est probable que ce mot gaza, ou trésor, est une simple allusion au trésor de vérités qu'il trouva dans le christianisme après sa conversion. On n'est point d'accord sur le temps où il vécut; suivant les uns, il serait postérieur à Lactance, dont il aurait adopté les opinions millénaires ; il aurait donc vécu au début du quatrième siècle, sous le pape Sylvestre i314-33d); les autres croient qu'il écrivait vers 267-270, parce qu'il dit dans un endroit <t qu'il s'est écoulé 200 et non encore 300 ans, depuis l'introduction du cbi'istianisme-, et qu'il appelle les païens des entêtés, qui persévèrent dans l'erreur depuis deux siècles : Stulti, cur annis ducentis fu/'stis infantes (Acrostichon, vi, v. 1-3)? mais le terme ducenti peut se prendre dans un sens large et pour plusieui's siècles. Comme il est fait allusion dans d'autres passages de cet écrit à des faits survenus au commencement du cinquième siècle, et que les badinages littéraires ne conviennent guère à une époque de persécutions, on peut admettre peut-être que son apologie fut écrite vers 4M.

Ses Instructiones adversus fjentium deos pro christiana disciplina per lifteras versimm primas, sont partagées en deux livres et en quatre-vingts chapitres. C'est la division adoptée par Etienne Baluze, d'après un ancien manuscrit de Saint- Aubin d'Angers'. Dans le premier livre, l'auteur dévoile aux païens l'absurdité de l'idolâtrie, et les exhorte à embrasser le christianisme. 11 s'efforce ensuite d'attirer les Juifs à la reli-

' De script, eccles., c. xv. — * [nslr.. xvii, 2. — ' Cf. Baluze, sur le De mortih. persectiL de Laclauce, c. x el xi.

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gion chrétienne, et traite en particulier de lantechrist, qni est, diL-i], apparu en Néron. Dans le deuxième livre, après avoir parlé du dernier jugement et de la résurrection, il adresse, dans un langage afTectiieux et brûlant de zèle, des instructions aux catéchumènes, aux fidèles, aux clercs, aux chrétiens entachés de différents vices. (!e traité renferme différentes erreurs sur le système millénaire, la chute des anges et l'antechrist. Ses idées sur la Trinité manquent de précision. Commodien se complaît dans les jeux de mots. Il écrivit en vers rhythmiques, poésie populaire usitée chez les Romains et qu'on trouve déjà avant lui.

Ce qui lui appartient en propre, ce sont, outre plusieurs expressions africaines inusitées, les acrostiches. Le contenu des chapitres est indiqué par les lettres initiales de chaque vers. La préface elle-même est traitée en acrostiches. A la fin, c'est-à-dire au quatre-vingtième chapitre, intitulé : Nomen Gazœi, les lettres initiales, en allant du dernier vers au premier, forment ces trois mots : Commodlamis, mendicus Chrîsli.

Gallandi a prétendu, sans succès, que Commodien était l'auteur d'un autre ouvrage (adversiis parjanos) assigné à Paulin de Noie par Muratori. De nos jours, dom Pitra lui a attribué, avec assez de vraisemblance, le Carmen apoloçjeticum adversus Judœos et gentes, intitulé dans le manuscrit : Tractatus sancti Episcopi. Ce Cartnen, qui a beaucoup d'analogie avec les Institutiones, a été découvert dans un manuscrit du huitième siècle, rapporté d'Italie en Angleterre (Middle Hill), et réimprimé dans le Spicikgium Solesmense, tomes I et lY, avec des prolégomènes et des éclaircissements. Pitra présume que le titre, incomplet dans le manuscrit, pouvait être celui-ci : Commodianl, episcopi africcmi, carmen apologeticwn adversus Judœos et gentes. Il croit que les deux ouvrages sont du commencement du troisième siècle. La glose marginale de ce manuscrit, déchiffrée par son possesseur, sir Thom. Phillips, n'a fait que confirmer la paternité de Commodien. Heimback' a fourni d'excellents matériaux pour la critique du texte ; Rœnscli^ a fait du Carmen une excellente critique et Hilgenfeld'' y a joint plusieurs corrections \

< Sur le Carmen apohgetic. advers. gentes et Judxns, de Commodien, Schmalcade, 1871. — - Revue de tlu'ol. Iiistor., 187:2. — ' Heriie de Iheolog. scienlif., 1872. — * Voy. Kruus, dans LUeiulur-blail, 187i.

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