AUTEURS LATINS. — SAINT AMBROISË
ville, Auxence, toujours attaché à 1 arianisme. étant venu à mourir (37i\ les catholiques et les ariens furent unanimes pour le demander comme évêque, après qu'un enfant se fut écrié à l'égalise : Ambroise, évoque l Amhroise, encore catéchumène, résista d'abord par des moyens désespérés, mais il céda enfin à la volonté de Dieu qui se révélait avec une telle évidence. Baptisé par un évéqiie orthodoxe, huit jours après il était sacré évêque sans avoir reçu aucune instruction théologique. Mais Dieu, qui l'avait appelé à ce ministère sublime par sa grâce, y suppléa; les fidèles de Milan admirèrent en lui l'idéal de l'évéque, l'Eglise un des plus habiles et des plus courageux défenseurs de sa croyance et de ses droits, les malheureux un protecteur dévoué et infatigable. Il entra en fonctions dans la maturité de l'âge, et appliqua sa fortune à des œuvres de bienfaisance. Consacrant à l'érudition théologique, sous la direction de Simplicien, qui lui succéda, tous ses instants de loisir, il étudia les écrivains de la Grèce, Clément, Origène, Did^nne et surtout saint Basile, celui de tous qu'il a le mieux imité dans ses écrits comme dans le gouvernement de son Eglise.
Parmi les grandes œuvres de son épiscopat, nous mentionnerons sa lutte persévérante contre l'arianisme, dans laquelle il assura la nomination d'un évêque catholique à Sirmium et élimina (381) cinq évèques ariens. Il résista deux fois, au risque de perdre la vie ou d'aller en exil, aux injonctions de la cour, qui lui ordonnait de céder les églises cathohques aux ariens. « Qu'on nous les enlève par force, répondait-il, je ne résisterai pas ; mais je ne les livi'erai jamais ; je ne livrerai pas l'héritage de Jésus-Christ ; je ne livrerai pas l'héritage de nos pères, l'héritage de Denis, qui est mort en exil pour la cause de la foi, l'héritage dEustorge le confesseur, l'héritage de Mirocles et des autres évêques fidèles, mes prédécesseurs*. » Dans celte lutte, il était soutenu par son peuple, qui le mettait à l'abri des violences et des avanies.
Il résista avec la même énergie et le même succès aux instances que le rhéteur Symmaque faisait auprès des empereurs pour replacer dans la salle des séances du sénat la statue de la déesse Victoria, enlevée par les empereurs Constance et Gratien.
^ E'^xzi., lib. 1, ep. XXI. (Subslit. du trad.J
474 PATRULOGIE.
De même qu'à Trêves (381) il avait refusé d'admettre à la commuuion Maxime, le meurtrier de (iratien, tant que Maxime n'eut pas expié sou crime par la pénitence, il fit de même à l'égard de l'empereur Théodose, qui, en 390, s'était souillé du sang de sept mille Thessaloniciens, dont plusieurs étaient complètement innocents, jusqu'à ce que ce prince se fût soumis à la pénitence publique, « ce que les personnes privées rougissent de faire'. -Mais il rendit aussi à ce prince, dans les plus graves dangers, dimportants services par l'influence de son intercession ^ Avec quel empressement il traversa les Alpes et coin^ut dans les Gaules auprès de l'empereur Yalentinien, quand celui-ci était en danger et le réclamait pour recevoir le baptême, et quelle ne fut pas sa douleur quand il apprit en route la triste nouvelle de son assassinat et se vit obligé de retourner à Milan, où il inhuma le corps de l'empereur, qui arriva quelque temps après ! « Pourquoi, s'écriait -il en présence de son cercueil, ne m'a-t-il pas été donné de vous trouver vivant? Avec quels soins je me serais efforcé d'établir des rapports pacifiques et affectueux entre vous et le comte Arbogaste d'auteur de son assassinat). Avec quel plaisir je me serais offert en otage pour vous' ! » Plus dune fois aussi, dans des circonstances graves, les souverains éprouvèrent les heureux effets de sa puissante intervention.
Un autre mérite de saint Ambroise est d'avoir conquis à TEglise celui qui devait être son plus grand docteur, saint Augustin. Enfin, en protestant contre la peine de mort invoquée contre Priscillien par des hommes d'Eglise , il se rendit d'autant plus vénérable à ses adversaires, que dès le début de son pontificat il avait toujours intercédé en faveur des condamnés à mort. Il mourut le i avril 397. L'EgUse de Milan a honoré la mémoire de son grand évêque en conservant jusqu'à nos jom's la liturgie qui porte son nom.
Ouvrages de saint Ambi'oise.
Saint Ambroise a déployé en littérature la même activité que dans les œuvres pratiques. L'enseignement étant à ses yeux un devoir essentiel du sacerdoce, il instruisait son peuple tous
■• Orat. funebr. in Theodos. imper. — ' Voy. Baunard. Histoire de saii\l Ambroise. — ^ Serm. de obii. Valent., n. 27.