‹ PatrologieChapitre 56 sur 143 · AUTEURS LATINS. — S. JÉRÔME. S · texte numérisé non relu

AUTEURS LATINS. — S. JÉRÔME. S

toute l'antiquité chrétinnne et à ce qu'il a soutenu plus tard. Cette opinion repose sur une fausse interprétation des textes bibliques allégués, non sur l'histoire et la tradition. Quand at-il été rendu, le décret dont il parle pour établir la prééminence d'un prêtre sur un autre ?

Sa seconde assertion n'est pas moins inexacte, ou plutôt elle se contredit elle-même : Qiiid enim facit, excepta ordinatione , episcopiis qiiod preabyter iion faciaV? puisqu'il reconnaît la supériorité de l'évêque dans un point essentiel, l'ordination^. Pour comprendre ces étranges assertions, il faut se souvenir que saint Jérôme, en combattant un abus ou en défendant une opinion, tombait facilement dans l'extrême opposé. C'est ce qu'il fait ici en réprimant l'arrogance de quelques diacres vis-à-vis des prêtres.

Voici, du reste, comment il termine cette même lettre : Vt sciomns traditiones apostolicas siimptas esse de Veteri Testa menio; quod Aaron et filii ejiis atqrie levitse in templo fuerunt, hoc sibi episcopi et presbyteri et diaconi vmdicent in Ecclesia. 11 va jusqu'à dire : EcclesJse sahis in summi sacerdotis dignitate pendet , cui si non exsors qnaedam ab omnibus eminens detur polestas, tôt in Ecclesia efficientur schismata qtiam sacer dotes *.

Mais c'est à l'Eglise romaine qu'appartient le premier rang : elle est la chaire de Pierre, l'arche du salut, le roc qui supporte tout : Quicumque extra hanc domimi acjnmn comedcrit profanus est\ « Comme l'Orient, par suite de la haine traditionnelle des peuples entre eux, met en lambeaux la robe pans couture du Seigneur (l'unité de l'Eglise^, il est difficile de bien démêler où se trouve la fontaine scellée; j'ai donc cru devoir consulter la chaire de Pierre et la foi qui a été louée

divina insUtulione. Le canon de la session xxni porte : ex divina ordituilione. Les canonistes de Trente ne laissèrent pas passer institutione. Quinze mois de discussion. (Note de ledit, franc.)

* Ep. cxLVi ad Evang.

* Est-ce d'institution divine? Est -il de foi catholique que le pape ne pourrait pas donner à un prêtre le pouvoir d'ordonner un autre prêtre? Que deviennent les privilèges des cisterciens? Pour Tabsolution sacramentelle et la confirmation, le simple prêtre a le pouvoir radical, mnis lié. Est-il de foi que l'ordination ne soit pas dans la même condition? On fait sur ce point une mauvaise querelle à saint Jérôme. Au neuvième siècle, Euée, évêque de Paris, a dit la même chose,

' Adv. Lucif. — ♦ Ep. XV et XVI ad Damng.

par la bouche de l'Apôtre (Rom., i, 8j... Je ne suis personne que Jésus-Christ et je tiens avec votre sainteté, c'est-à-dire avec la communion de la chaire de Pierre. Je m'écrie hautement : Celui qui est en commimion avec la chaire de Pierre, celui-là est mon homme, » meus est (Epist. xv, cap. ix, 2 et 16. ad Damas.). C'est pourquoi il désire aussi que la doctrine de l'Eglise d'Alexandrie soit confirmée par la chaire de Pierre (Epist. xcvu adPammach.).

Et voici la raison de cette prééminence de Pierre : Propterea mter duodecim umis elkiitur, ut, capite constituto, schismntis tollatur occasio * . L'Eglise romaine est donc la règle de la foi et de la doctrine ^ Saint Jérôme explique ainsi le titre de clerc donné aux ministres de l'Eglise : Si enim -/Xarto; graece, sors latine appdlatur : propterea vocantur clerici, vel quia de sorte sunt Domini, vel quia ipse Dominus sors, id est pars clericorum est. Qui autem vel ipse pars Domini est, vel Doininum partem habet, talem se exhibere débet nt et ipse possideat Dominnm, et possideatur a Domino. Qui Dominum possidet et cmn propheta dicit : Pars mea Dominus^.

6. Sur les fins dernières, saint Jérôme enseigne, contrairement aux Grecs, que ce qui se fera pour tons au jour du Seigneur, a lieu pour chaque individu le jour de sa mort, et non pas seulement au jugement universel : Diem autem Domini, diem intelliqe judicii, sive diem exitus imiuscujrfsqu.e de cor pore. Quod enim in die judicii futurum est omnibus, h')r in singulis die mortis impletur*. Nous ignorons si le passage suivant s'applique au purgatoire : Inter mortem autem et i?iferos hoc interest : infernus, locus in quo animx recluduntur , sive in refrigerio sive in pœnis,pro qualitate meritortim\ Il ne rejette pas moins expressément cette opinion attribuée à Origène, que tous les êtres, y compris le démon, seront régénérés^. Quant au règne de mille ans, il le qualifie d'opinion judaïque ridicule et indigne d'un chrétien ^

La haute valeur de saint Jérôme a toujours été reconnue, malgré quelques jugements injustes et malveillants. Yalarsi* a recueilli, dans les différentes époques, les témoignages ho-

^ Adv. Jovin., i, 26. — ^ Ep. slvi ad Marcel., c. xi; Ep. LXiii ad Theoph., c. II. — ' Ep. LU ad Nepol., c. v. — * Comment, in Joël, c. ii. — ^ Comment. hi Os , II, 14; cf. Valarsi, ad h. l. — ^ Comment, in Is., xiv, 20; xxvii, 4 ; LXVi, 24, etc. — • ^ Pra.f. comm. in /s.^et Lxvi, 23. — ' Selecta Vet. Test., t. I,

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