‹ PatrologieChapitre 57 sur 143 · ACTEURS LATINS. — S. JÉRÔME · texte numérisé non relu

ACTEURS LATINS. — S. JÉRÔME

Rorables qui lui ont été rendus. Saint Augustin dît qu'il était le lien de l'Orient et de l'Occident, « à cause qu'étant célèbre par la connaissance non-seulement de la langue latine, mais encore de la langue grecque et même de l'hébraïque, il avait passé de l'Eglise occidentale dans rorientale, pour y mourir à un âge décrépit dans les Lieux saints et dans l'étude perpétuelle des livres sacrés '. » « Les hérétiques le haïssent, poursuit Sulpice Sévère, parce qu'il ne cesse de les attaquer; les clercs, parce qu'il censure leur vie et leurs crimes ; mais tous les bons l'admirent et l'atrectionnent. » Ce qu'il y avait de trop passionné dans son langage et d'excessif peut-être dans ses mortifications extérieures, ne venait que de l'excès même do son amour de Dieu et de l'Eglise. Il est indubitablement un des plus doctes Pères de l'Eglise latine, et ses travaux comptent parmi les plus intéressants et les plus variés de la littérature chrétienne. Pourtant il serait exagéré de dire avec Erasme : In Hieronymo ijuse phrasfs, quod dicendi arli/tcnim ! qno mm christianos modo omnes longo post se intervallo rellquit , verum etiam cum ipso Cicérone certare videiur. Efjo certe, fiisi me sanctissinii viri fallit amor, cum hieronymianani orationem cum ciceroniana confero, videor miki nescio quid in ipso eloquentiee prijwipe desiderare'\ Loin d'être l'égal de Cicéron, il n'est pas même aussi pur et aussi classique que Lactanee. Mais, pour la puissance et la force du style, il est incomparable.

Opéra, cd. Erasm., BasiL, ap. Froben., dol6 et seq., in-fol., 9 vol.; Marian. Victorius Realin., ep. Rom., 1563, in-fol., 9 vol.; éd. bened. fPoiijet et Martianay), Par., 1693-1706, in-fol., 5 vol. La meilleure édit. de Valarsi. Yéron., 17.34, in-fol., 12 vol.; 1766, in-4'', H vol. Voir dans Migne, t. .XXX, p. 902, l'ordre dans lequel se succèdent les ouvrageJ» dans les anciennes éditions. Cf. Tillemont, t. Xil; Dupin, t. H, part, m; Ceillier, t. X ; éd. 2% t. Vil; Collombet, Uiat. de S. Jérôme; Ba-hr, Théol chrét. rom., p. 165; Fessier, t. Il, p. 131 ; Zœckler; Jérôme, sa vie et srfi œuvres d'après ses écrits, Gotha, 1865.

' Cit. du trad. — ' Ep. ad Gerebrard.

§ 73. liaint Augusliii (mort en i30).

Augustin! (S.j, Hippon. ep., Opéra omnia, post Lovaniens. theologorum recensinnem castigata, denuo ad nianuscr. cod. Gallic, Belg., etc., necnon ad edit. antiquior. et castigatior., op. et stud. monach. ord. S. Bened. — Edition Gaume, 22 vol. gi-. in-S" à deux colonnes. Voyez Hurter, Opuscula selecta, t. Vlil.

Aurèle Augustin naquit à Tagaste, en Numidie (354). Son père, qui y exerçait les fonctions de curial , ne se convertit qu'à la fin de ses jours; sa mère Monique, était née dans le christianisme et compte parmi les plus illustres chrétiennes de l'antiquité'. Augustin fut instruit à Madaure et à Carthage. Admirablement doué au point de vue intellectuel et moral, élevé avec le plus grand soin par sa pieuse mère, devenue veuve de bonne heure, Augustin tomba néanmoins, sous le double rapport de l'intelligence et du cœur, dans les plus grands écarts. A dix-huit ans, il eut à Carthage un fils auquel il donna le nom d'Adéodat. Ramené à des pensées plus sérieuses par la lecture de V Hortensius de Cicéron', il s'apphqua avec ardeur à l'étude de la philosophie, et son premier traité De apto ci pulchro, composé à l'âge de vingt-six ans, lui valut beaucoup de gloire. Toutefois, ce ne fut qu'après un sévère examen de tous les systèmes philosophiques, y compris celui des manichéens, auxquels il fut attaché depuis l'âge de dixneuf ans jusqu'à l'âge de vingt-huit, qu'il trouva dans les leçons chrétiennes de saint Ambroise la vérité avec les grâces nécessaires à une vie plus parfaite.

Le dernier coup fut porté à son àme par la visite d'un de ses compatriotes, qui lui raconta ce qu'avaient fait saint Antoine et d'autres ascètes pour se rendre à l'appel de Dieu. Ils n'avaient pas hésité à quitter le monde et à se dépouiller de tout ; par leur exemple, ils avaient engagé des hommes d'Etat à renoncer à leurs emplois, à leurs dignités, à leurs richesses. Augustin fut profondément touché de ce récit, et sa volonté encore hésitante pour le bien en reçut une violente secousse. Bientôt après, dit-il lui-même, je saisis Alype et m'écriai : <i Où sommes-nous? Qu'est-ce que cela? Que viens- tu d'en-

' Coiifes)^., III, IV. — * Voy. ci-dessus, p. 308, note.

ArTELRS LATINS. — S. AUGUSTIN. hOS

tendre? Les ignorants se hâtent et ravissent le fiel, et nous, avec nos sciences sans cœur, nous nous roulons dans la chair et le sang. » Et laissant son ami, qu'il avait amené avec lui dans sa ville natale comme maître de grammaire, il se retira dans un petit jardin qui était proche de là pour y maîtriser son émotion. Il se jeta à terre sous un figuier et donna un libre cours à ses larmes : « 0 Seigneur, s'écria-t-il, jusqu'à quand t'irriteras-tu contre moi? Ne te souviens plus de mes anciennes iniquités. Combien de temps dirai-je encore : Demain, après-demain? Pourquoi pas aujourd'hui? Pourquoi cette heure n'est-elle pas la fin de ma honte? »> — Pendant qu'il se disait ces choses, il entendit sortir d'une maison une voix, comme celle d'un enfant ou d'une jeune fille, qui chantait et répétait en refrain ces mots : Prends et hs : Tolla et Icrjc. Aussitôt il retourne à grands pas au lieu où était assis Alype, car il y avait laissé le livre des saintes Ecritures lorsqu'il s'était levé. Il le prit, l'ouvrit et kit en silence le premier chapitre où tombèrent ses yeux : « Ne vivez pas dans les festins, dans l'ivresse, dans les plaisirs et les impudicités, dans la jalousie et la dispute, mais revêtez-vous de Jésus-Christ, et n'ayez pas de prévoyance pour le corps au gré de vos sensuahtés. » Il s'arrêta là, car il n'avait pas besoin d'aller plus loin. Il se sentait désormais la force de se vouer tout entier au service de Dieu. La joie de sa mère fut indescriptible, quand elle apprit ce qui venait de se passer et le changement radical qui s'était opéré dans la vie de son fils .

Augustin quitta la carrière de rhéteur, qu'il avait remphe à Rome (383) et à Milan (384) avec un grand succès, et, suivi de quelques amis, se retira dans la villa de Cassiciacum (386). C'est là qu'il posa en quelque sorte les bases de ses futurs travaux en philosophie et en théologie, par ses ouvrages Contre les académiciens, de la Vie heureuse, de V Ordre, et plus tard par les Soliloques et le traité de l'Immortalité de l'âme.

La veille de Pâques, en 387, saint Ambroise lui administrait le baptême, ainsi qu'à son fils et à son ami x\lype, converti par Augustin. Ainsi s'accomplissait celle parole prophétique d'un évêque d'Afrique' à sainte Monique : o II est impossible qu'un fils pleuré avec de telles larmes périsse jamais, o

* On attribue ce mol à sajul Ambroise.

S06 PAÏROLOGIE.

Augustin a, du reste, dépeint dans un tableau inimitable les luttes qu'il dut soutenir pour secouer pleinement le joug des passions mondaines^ et trouver ailleurs que dans les séductions des sens la paix où aspirait son âme inquiète et déchirée*.

Bientôt après, il retourna en Afrique avec ses amis ; mais ayant perdu à Ostie sa mère, qui le protégeait de ses ferventes prières, il résolut d'aller passer quelque temps à Rome^ Il y écrivit De moribus Eccksise catholicx, De mnribus manichéenrwrty De quanlilnte animse et De Ubei'o arbifrio ; mRi& il ne publia ces deux derniers ouvrages qu'en Afrique. A la fm de l'année 388, il se retira avec ses amis dans une campagne qu'il possédait près de Tagaste, résolu de se consacrer à l'étude et aux exercices de la piété, après avoir distribué aux pauvres une partie de sa fortune. Il y composa : De musi'ca, De mogisfrn, De vera religione, De Genesi contra monichxos. La réputation qu'il se fit par ces nouveaux ouvrages fut cause que, pendant un séjour à Hippone, l'évoque de cette ville, Aurèle, l'ordonna prêtre malgré sa résistance, et lui confia le ministère de la prédication, que son grand âge l'empêchait de remplir. On peut juger du crédit dont il jouissait dès cette époque par l'explication qu'il fit du symbole en présence des évêques réunis en concile général à Hippone, en 393, et qui devint plus tard le traité De fide et symbolo. Successeur d'Aurèle sur le siège d'Hippone, vers 395, il se révéla nonseulement comme un des plus remarquables évêques de son temps, mais comme le plus grand docteur de tous les siècles.

En continuant le régime claustral qu'il avait commencé, il fit de sa demeure épiscopale une sorte de couvent où il vécut en commun avec son clergé ; aussi l'a-t-on considéré comme l'instituteur des séminaires et de la vie canonique des clercs. La force de génie, le zèle infatigable qu'il déploya dans ses luttes verbales ou écrites contre les donatistes, les manichéens et les pélagiens, unis à la sainteté de sa vie et à l'éloquence de sa parole, ont fait de lui le docteur de l'Eglise le plus influent et le plus universel ; car, on l'a dit avec justice, le plus grand théologien du moyen âge, saint Thomas, n'a été que « le meilleur interprète de saint Augustin. » Ecoutons le P. Garnier : « J'augmenterai plutôt que de diminuer les éloges

■• Voir ses Confessions, écrites vers l'an 400. — ^ Voy. l'abbé Bougaud, Histoire de sainte Monique

de ce Père, que je regarde comme le plus grand de tous les esprits, comme celui où l'on trouve le dernier degré de l'intelligence dont l'humanité est capable, un miracle de doctrine, celui dont la doctrine nous montre les bornes dans lesquelles se doit renfermer la théologie, l'apôtre de la grâce, le prédicateur de la prédestination, la bibliothèque et l'arsenal de l'Eglise, la langue de la vérité, le foudre des hérésies, le siège de la sagesse, l'oracle des treize derniers siècles, l'abrégé des anciens docteurs et la pépinière où ceux qui ont suivi se sont formés. Il développe les mystères de la prédestination et de la grâce comme s'il les avait vus dans l'intelligence et dans la pensée de Dieu même'. » L'éminent docteur recueillit en public le plus beau des succès dans un colloque tenu à Carthage vers 411, auquel assistaient 288 évèques catholiques et 279 évèques donatistes, afin de terminer un schisme déplorable qui durait juste depuis cent ans. Augustin y donna un bel exemple de son amour et de sa soumission envers l'Eglise catholique, dont il avait exposé avec une netteté et une beauté inimitable la nature et les salutaires effets ; il y fit voir aussi, avec toute la maturité de son esprit, ses sentim.enf s conciliants et chrétiens. A son instigation, les catholiques avaient déclaré avant toute négociation que, •< si les donatiste.'^ pouvaient démontrer que l'Eglise du Christ avait péri partout, excepté chez eux, ils se soumettraient à eux et résigneraient leurs évèchés ; que si les catholiques prouvaient le contraire-, les donatistes se réuniraient à eux et conserveraient l'honneur de l'épiscopat : chacun de nous, dans les Eglises où il aura un collègue, pourra présider à son tour. Si quelque Eglise s'en montre mécontente, ils résigneront l'un et l'autre et on nommera un autre évèque. » Augustin triompha avec l'aide de Dieu, et cette longue, cette terrible dispute fut vidéo dans les points essentiels.

Après une carrière si bien remphe, saint Augustin mourut avant que les barbares eussent ravagé son pays et son siège épiscopal, le troisième mois de l'invasion (28 août 430). Augustin fut le dernier grand homme de l'Afrique; après lui commence la barbarie.

^ Steph. Dechamps, De hseres. Jans., lib. III, disp. i. (Addit. dit trad.)

Ouvrages de saiyit Augustin,

Pour faciliter la revue de ses ouvrages, les premiers éditeurs de saint Augustin les ont partagés en un certain nombre de catégories, d'après la similitude des sujets. De toutes les classifications qui ont été tentées, celle des bénédictins est encore la meilleure'. Ils ont eu l'heureuse idée de mettre en tête deux ouvrages qui sont la meilleure introduction à sa vie et à ses écrits : les Rélractatluns et les Confessions.

\. Les Rétractations (deux livres), écrites sur la fm de sa vie, vers 427, sont l'examen critique de tous ses écrits, dont il marque le but spécial : le premier livre a été écrit avant son épiscopat, le second pendant. Il me reste, dit-il en commençant, à méjuger moi-même devant le seul Juge au jugement duquel je désire échapper à cause de mes fautes : Nunc Domino adjuvante aggredior uf. opiisciûa mea ... cum quadam judiciaria severilate recenseam, et quod me offendit valut censorio stylo denotem; — scr ibère autcm ista rnihi plaçait ut hxc emiltam in manus homimim, a quibus ea quse jam edidi revocare emendenda non possum. Le but de cette revision était de mieux préciser certaines doctrines, d'en corriger et rétracter d'autres, d'éclaircir certains points demeurés obscurs. En exerçant sur lui-même cette critique inexorable, saint Augustin voulait prévenir les fausses conséquences qu'on pouvait tirer de certains passages contradictoires en apparence ou en réalité, tout en initiant le lecteur à sa méthode et aux progrès successifs qu'il avait faits dans le christianisme et dans la science. « Ce n'est pas moi, disait-il, mais la lumière de l'éternelle vérité , que je désire voir briller devant le monde. »

2. Ecrites vers l'an 400, ses Confesf^ioTis (treize livres), prodige d'humilité qu'on ne comprendra jamais, nous ouvrent sur sa vie tout entière de vastes perspectives. Elles com-

^ Le tome !"■ contient tous les ouvrages de la piemièiv éj^oque, alors que saint Augustin était encore laïque, outre les lirtractalions et les Conférons; le 2<= vol. contient les Letlres: le 'i'. les travaux d'exégèse; le 4% les Homélies; le o-, les Ser7nons; le ii", les Œuvres morales; le 7% la C!li' de Dieu; le H', les controverses contre les manichéens, les priscilUanislcs et les ariens ; le 9% contre les donatisles; le 10% contre les pélagiens avec des appendices renfermant les écrits douteux ou apocryphes; le H% les Tables.

mencent par cet hymne touchant : Mmjnus es, Domine, et laudabilis valde. Fecisti nos ad le, et iircqtiietnm est cor nostriini donec requiescat in te. C'est la peinture assez fidèle des années de son enfance, de ses égarements et de ses combats. « Augustin n'a rien voulu taire : il a proclamé à la face de lunivcrs tout entier le mal qu'il a fait, dit et pensé. 11 n'excuse rien, mais il avoue sa faute et en demande pardon à Dieu. Il n'est donc pas étonnant que tous ceux qui aspirent sérieusement à mener une vie sainte et agréable à Dieu, aient toujours reçu de ce livre, unique en son genre, la plus profonde impression ; qu'ils en aient fait le gardien de leur vie et l'aiguillon de leur conscience*. » La différence de ce livre avec les Pensées sia- ma vie, de Hagemann, et surtout les Confessions de Rousseau, prouve combien il est inimitable. Rousseau parle en parfait naturaliste, Augustin en chrétien consommé. — Les trois derniers livres contiennent des réflexions sur le récit biblique de la création'.

Dans rénumération suivante, nous n'aurons en vue que les ouvrages principaux.

Ouvrages philosophiques.

Us ont été rédigés, les uns avant son baptême, les autres avant son ordination.

1. Contre les académiciens (trois livres], écrits vers 386, en forme de dialogue, contre l'impossibilité prétendue d'arriver à la connaissance de la vérité : Scripsi lit argumenta eorum quse ymiltis ingerunt veri inveniendi dcsperationem, et prohibent cuiqiiam rei assentiri et omnino aliquid tanquam manifestum certumque sit, approbare sapientem, cum iis omnia videntur obscura et incerta, ab animo meo, quia et me monebant, quantis possem rationibus amoverem \

2. De la Vie heureuse (un livre), adressé à un savant de Rome, Manlius Théodore, pour établir que « le bonheur ne réside que dans la connaissance de Dieu. »

' Ch. de Raumer, préf. de son éd. des Confessions. — ' Kn français, par L. Moreau, 6' éd. avec le texte latin. in-S". Le môme ouvr., traduction française seule, in-12; traduct. couronnée par l'Académie ; chez Gaume. — Edil. crilique, par i'usey, Oxon., 1838; éd. de Uaumer, d'après les notes de Pu.sey. Stuttg., 1856.

' Retract., 1, i, u. 1. Cf. De Triait., lib. XV, n. 1-2.

3. Traité de ÏOrdre i^deux livres), en forme de dialogue. Saint Augustin se demande si l'ordre providentiel qui règne dans le monde s'étend aussi au mal'; et comme il suppose que ses jeunes lecteurs ne sont pas préparés à de si difficiles questions, il termine en traitant de Tordre qui doit régner dans les éludes : Ad dhcenduni iiecessarie duplicité)' duci mur : auctoritate atcpie ratione. Tempore auctoritas, re autem ratio prior est. Alind est enim qiiod in agendo anteponitur, aliud cjiiod pluris in appetendo sestimalur. Itaque, quamquam bonorum auctoritas imperitse multitudini videatur esse salubrior, ratio vero aptior eruditis '.

4. Les Soliloques (deux livres; sont de la même époque et aussi en forme de dialogue : Me interrogans mihique respondens, lanquam duo essemus ^. Le premier livre montre dans quelles dispositions il faut être pour comprendre la vérité ; le second traite de la vérité et de l'erreur, et prouve que la vérité ne meurt jamais, ce qui est un argument en faveur de l'immortalité de lame \

5. Le traité de l'Immortalité de l'âme devait servir de conclusion au précédent. Saint Augustin en était peu content ; il le trouvait vague dans ses déductions, obscur dans ses termes, et regrettait sa publication prématurée.

6. Le De cjuaniilate animœ, commencé à Rome et achevé en Afrique, s'occupe de la constitution et de l'excellence de 1 ame, et démontre qu'elle est immatérielle.

A cet ouvrage se rattachent deux écrits dirigés contre les manichéens : De duahus aninuibus (vers 391} et De libero urbitrio, libri III (vers 391). Bans le premier, il combat la doctrine manichéenne de deux âmes dans un seul homme, ■^jyji) 'wju.T, et fy/:ci oïlrj^o',^ qui opèrent le bien et le mal, et suppriment par conséquent le libre arbitre. A cette théorie il oppose la doctrine de l'Eglise, selon laquelle le mal résulte de la libre volonté, et dans le second il défend ex professo et en détail la « liberté de l'homme. »

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