AUTEURS LATINS. — PROSPER U AQUITAINE
gràco divine. » Le commencement de la grâce vient de nous, disait Cassien, son supplément vient de Dieu. Ce traité, qui renferme certainement des expressions exagérées, ambiguës, est surtout destiné à servir de livre de méditations aux religieux et à les diriger dans la perfection chrétienne; comme tel, il a été fort utilisé par les disciples et les partisans de Cassien, notamment dans les fameux couvents de Lérins et Léro (aujourd'hui Saint-Honorat et Marguerite) , et dans la suite par les mystiques. Denis le Chartreux, par respect pour Cassien, essaya même, quoique avec peu de succès, d'expliquer cette treizième conférence dans un sens catholique.
3. De incarnatione Christi (sept livres^ écrit en 431 sur le désir de Léon, archidiacre romain, puis pape. Cassien y montre les affinités de Nestorius avec Pelage, et prouve que le Verbe de Dieu n'a pas seulement habité dans la chair, mais qu'il s'est incarné ; que Marie n'est pas seidement la mère du Chr/'st, mais la ??iêre de Dieu. Cet ouvrage est d'une plus grande précision dogmatique et d'une diction plus correcte que les précédents.
Operum (1 et 2) éd. pi^inceps, Basil., 1493; avec le Traité de l'incarn.. éd. Cuykius, Antw., lv^78; P. Ciaconius, Rouiee, lo88; la meilleure, cum Comment. Alarâi Gazœi, Ati-obati, 1628, in-fol.; éd. nov.. Par., 1642; Francf., 1722; Lips. (Amst.), 1733; Migne, sér. lat., t. XLIX-L. Cf. Tillemont, t. XIV; Ceillier, t. XIM; Eist. litt. de la Fra^ice. t. II; iNorisii Hist. pelag., lib. U, e. r.
lY. Prosper d'Aquitaine (mort vers 455), laïque, fut peutêtre de son temps le plus chaleureux défenseur de saint Augustin, qu'il appelle columna veritatis, ubique gentium conspicun, specialis fidei palromis. Vers 428, il lui écrivit des lettres très-importantes sur une secte semipélagienne qui surgissait dans le sud de la Gaule, pour lui communiquer les doutes que des religieux de Marseille, fort estimés pour leur piété, élevaient contre sa théorie de la prédestination. Augustin répondit par ses traités de la Prédestination des saints et du Don de la persévérance.
UE pitre à Ruftn sur la grâce et le libre arbitre (i29-430) est analogue à la lettre précédente.
Le Poème des higrats, œuvre épique et didactique en vers hexamètres, avec une préface en distiques, est dirigé contre
les contempteurs de la grâce. Ce travail, où l'auteur a rendu en vers les pensées et jusqu'aux expressions de saint Augustin, a plus de portée dogmatique que de valeur poétique *.
Après la mort de saint Augustin, Prosper poursuivit, avec un redoublement d'ardeur, sa lutte contre les pélagiens et sa défense du grand orateur dans les ouvrages suivants :
Pro Augustino respoiisiones ad capitula objectionum Gallorum calumniantium ; .
Responsioiies pro Augustino ad capitula objectiojium Vincentiarum (peut-être s'agit-il de Vincent de Lérins) : l'un et l'autre contre les objections faites à la doctrine de saint Augustin sur la prédestination, et destinés à calmer les esprits sur les conséquences pratiques qui s'ensuivent.
Responsiones pro Augustino ad excerpta quœ de Genuensi civitate sunt missa.
De gratia et libero arbitrio, contre la treizième conférence semipélagienne de Cassien, qui paraît ici sous le titre De protectione Dei. C'est sans doute le plus important écrit de Prosper; le style en est assez bon pour l'époque. Cassien y est traité avec beaucoup d'égards.
Expositio psalmorum (c-cl), écrit vers 433 : ce n'est guère qu'un extrait de l'ouvrage analogue de saint Augustin.
Sententiarum (cccxcn) ex operibus S. Augustini delibatarum : habilement choisies et bien ordonnées , ces sentences sont une excellente introduction à la doctrine de saint Augustin.
Dans le même sens : Liber sacrorum epigrammatum (cvi) ex sententiis S. Augustini, en distiques, sauf quelques morceaux en prose. Les deux dernières pièces : Preces ad Deum, sont les plus animées. Le reste n'est que de la versification.
Le Clironicun, ouvrage historique, existe sous une double forme : Chronicon consulare et Chronicon impériale ; dans la première, les événements sont rapportés d'après les consuls romains ; dans la seconde, d'après les années des empereurs. On a beaucoup discuté sur leur identité. Quelques-uns ont attribué le Chronicon impériale, le plus court et le moins parfait, à un certain Prosper Tiro ; mais l'existence de ces deux Prosper n'est pas suffisamment démontré. L'auteur repro-
< Voy. Hurter, Opuscula selecla, l. XXIV.