AUTEURS LATINS — VINCENT DE LÉRINS
duit, en les abrégeant, les deux ouvrages analogues d'Eusëbe et de saint Jérôme et les continue jusqu'en 325 pour le premier et 378 pour le second. Son histoire finit en 455. D'autres ouvrages de Prosper sont perdus.
On lui attribue encore plusieurs travaux en prose et en vers, tels que De vocatione gentlum, qui lui appartiennent difficilement.
Cf. Fessier, t. II, p. 786. Operum éd. princeps, Lugd., lo39, in-fol.; Colon., Io6o, in-4°;Rome, 1611. La meilleure, Paris, 1671, souv. réimp., (par Mangeant); Venet., 1744 et 1782, in-4"; Migne, sér. lat., t. 1,1 (accedunt ïdatii et Marcellini coniitis Chronica); Gennade, De script, ceci., c. i.xxxiv, et Pliotiusj Bibl., cod. o4; Tillemont, t. XVI; Ceillier, t. XIV, éd. 2% t. X.
V. Vincent de Lérins ', né dans la Gaule, après avoir vécu dans le monde, se sentit, ainsi que plusieurs de ses contemporains, entraîné vers la vie ascétique et claustrale. Prêtre et religieux du célèbre couvent situé dans l'ile de Lérins (Saint- Honorat), il occupe un des premiers rangs parmi ces hommes laborieux et instruits qui cultivèrent la science dans cette époque critique de l'émigration des peuples, et qui fournirent à l'Eglise tant de dignes et habiles évêques.
Il composa, sous forme dogmatique et polémique, le Commonitorhim pro cathoUcee fidei antiquitate et universitate adversus profanas omnium hœreticorum. novitates (quarante chapitres), suivi d'une Récapitulation (c. xli-xliu), destinée à soulager sa mémoire, et dans laquelle il recueillit ce qu'il avait reçu des saints Pères comme digne de créance. De là son titre de Mémoire. 11 s'y proposait d'enseigner aux autres une méthode sûre et régulière « pour distinguer la vérité catholique des impostures de l'hérésie. » Cette méthode consiste à asseoir l'édifice de la foi sur le double fondement de l'autorité do l'Ecriture et de la tradition de l'Eglise ^
Quoique l'Ecriture soit parfaite (en soi), il est nécessaire de recom'ir à la tradition, parce que l'Ecriture, à raison de sa sublimité et de sa profondeur, est si diversement interprétée par les hérétiques, qu'on peut, ce semble, en tirer presque autant d'opinions qu'il y a de têtes. Cette première source de
' Gennade, De script, ecci, cap. LXiv ; Klûpfel, ed, Commonil.. Proleg. — ' Prsbf. et cap. i.
la foi est si incertaine, qu'il faut s'attacher avec soin à la tradition de l'Eglise : Ut id teneamus quod uhique, quod semper, qiiod ah omnibus crediiiim est; hoc enim vere proprieque catholicum ; nous le ferons, 5/ sequamur universitatem, antîquitatem, consensionem.
Les vrais témoins de la tradition, ce sont les Pères, qui sont toujours restés dans la communion catholique. C'est d'après cette tradition qu'il faut "expliquer l'Ecriture : Idcirco midtum necesse est, propter tantos , tam varii erroris anfractus, ut propheticœ et apostolicœ interpretatioms linea, secimdum ecclesiastici et catholici sensus norniam dirù/atur ; d'autant plus que Chrisii vera Ecclesia, sedula et cauta depositorum apud se doqmatum custos , nihil in his unquam permutât, nihil niimiit, nihil addit ..., sed omni industriel idunum studet, ut vetera fideliter sapienterque tractando, si qua sunt illa antiquitus informata et inchoata, accuret et poliat ; si qua jam expressa et enudeaia, consolidet, firmet; si qua jam coîiprmata et definita, custodiat. Et c'est précisément ce qui a été fait par les décrets des conciles, suivant ce qui s'accomplit au saint concile d'Ephèse (431) il y a près de trois ans à propos de l'hérésie de Nestorius. Il fut condamné sur le témoignage de dix docteurs distingués de l'Orient et de l'Occident, qui flétrirent et rejetèrent sa doctrine comme une pernicieuse nouveauté.
Après avoir établi les rapports des deux sources de la foi, l'Ecriture et la tradition, Vincent montre que le progrès est possible même dans la sphère des vérités révélées. Yoici le passage classique où il parle du progrès de la science chrétienne : Nullusne ercjo in Ecclesia Christiprofectus? Habeatur plane et maximus ..., sed ita tamen ut vere profectus sit ille fidei, non permutatio. Sicpiidem ad profectum pertinet ut in semelipsam unaquœqiie res amplificetur ; ad permutationem vero ut cdiquid ex alio in aliud transvertatur... Imitetur animarum ratio rationem corporum, quœ licet annorum processu numéros sucs evolvant et explicent, eadein tamen, quse erant, permanent... Quoi parvulorum artus, tôt virorum, et si qua illa sunt quœ œvi maturioris œtate pariuntur, jam in seminis ratione proserta sunt; ut nildl postea proferatur in senibus, quod non in pueris jam ante latitaveril. Pas enim est ut prisca illa cœlestis philosophie dogmata processu temporis excurentur, limentur, poliantur, sed nef as est ut commuteniur . . . Acci-