XXIX, XXIII
Malgré cette exposition lumineuse du principe de la connaissance sur le terrain théologique , principe qui devait servir à démêler les hérésies, Vincent n'en fut pas moins accusé de semipélagianisme, probablement parce qu'il habitait sur le territoire des scmipélagiens et qu'il était en relations avec eux. Toutefois, les preuves tirées des chapitres xxxvu et xun de son Commonitormm, où l'on a vu une interprétation pélagienne de la lettre du pape Célestin, ne semblent point concluantes et peuvent s'entendre dans un sens orthodoxe, comme l'ont montré les auteurs de l'Histoire littéraire de la France^ et les Bollandistes*.
Editions du Commonitor., Basil., 1528; Costerus, S. J., Lovan., 15o2; E. Baluze, Paris, 1663, 1669; corrigée, Cantabc, 1687; Gallandi, BibL, t. X;KIûpfel, Vienne, 1809 (avec un commentaire et indication des textes semblables dans saint Irénée, Tertull., Cypr., August., etc); avec le traité des Prescriptions de Tertull., Ingolst., 1835; Pusey, Oxon., 1838; Herzog, Yratisl., 1839; Ang. Vind., 1843. Cf. Héfelé, Revue trim. de Tubing., 1864, et Append. à l'hist. de l'EgL, t. I; Tillemont, t. XIV; Ceillier, t. XHI, 2" éd., t. VIII.
VI. Eucher, l'une des plus grandes célébrités épiscopales de l'Eglise de Lyon après saint Irénée, était issu d'une famille sénatoriale et occupa dans la suite, à raison de ses connaissances et de ses richesses, une place éminente dans la société civile. De son heureux mariage avec la noble et pieuse Galle, il eut deux fils et deux fdles. Ses deux fds furent élevés dans le monastère de Lérins, où il les suivit bientôt et embrassa la vie religieuse, du consentement de sa femme ; plus tard, il donna la préférence au couvent de Léro (Sainte-Marguerite), encore plus solitaire que le premier. La réputation de ses vertus le fit nommer évêque de Lyon (vers 434), et il passa comme tel pour un des plus savants hommes de son temps. 11 assista au concile d'Orange (441), qui devait rétablir les conciles provinciaux, et mourut après 449. De ses deux fils, Véran et Salone, qui avaient aussi embrassé la vie religieuse, le premier
< T. 11, p. 399. — ' Act. sanct., mens, maio, p. 284.
568 PATRÛLOGIE.
lui succéda sur le siège de Lyon, et Salone fut nommé plus tard évêque de Genève.
Entre ses écrits, qui appartiennent par le style aux meilleures productions chrétiennes de ce temps, nous citerons, d'après Gennade', un extrait des œuvres de Cassien : Eucherius ...et Cassiani quœdam opuscula lato tensa sermone, angusto verbi resolvens tramite, in unum coegit volumen, aliaque tam ecclesiasticis quam - monasticis stiidiis necessaria. Au nombre de ces derniers appartiennent : De laude eremi ad Hilarium, Arelat. episc; — Epistola parœnetica ad Valerianum, de contemptu inundi et ssecularis philosophiBe . Moins importants : Liber formularum spiritualis intelligentiœ , ad Veranum filium, explication du sens typique et mystique de paroles et de sentences de l'Ecriture ; Instruclionum libri II ad Salonium filium; le premier livre est intitulé : De qusestionibus difficilioribus Veteris et Novi Testamenti; le second : Explicatio nominum hebraicorum. On lui doit aussi des Sermons et des Homélies, dont quelques-uns sont conservés complets, les autres par fragments. On allègue des raisons décisives contre l'authenticité de Y Histoire de la passion de saint Maurice et de ses compagnons. Plusiem's autres travaux lui sont injustement attribués.
Opéra, éd. Erasm., Basil., 1530 (il y manque : De laude eremi, et Passio S. Maurit.); cura J. A. Brassicani, Basil., 1331 ; plus complet dans Maxim. Bibl. Pair., t. VI; Migne, sér. lat.,t. L; Tillem., t. XV; Ceillier. t. XIII, 2^ éd., t. Vin.
VII. Saint Hilaire d'Arles (mort en 449) était intimement lié avec saint Euclier. iVé d'une famille illustre de la Gaule, et entré plus tard au monastère de Lérins, ses vertus éclatantes rélevèrent sur le siège archiépiscopal d'Arles (429) après la mort d'Honorat. Son épiscopat fut un des plus remarquables ; bienfaisant aux pauvres, il fut pom' les pécheurs un juge plein de sévérité. Un violent débat ayant éclaté entre lui et le pape Léon le Grand sur les droits de métropolitain à propos de la déposition de l'évêque Chélidonius, il épargna au pape, par sa soumission, la douleur de fulminer l'excommunication dont il était menacé. Il ne reste de ses écrits qu'une Vie de
^ De script, eccL, cap. lxui.