‹ PatrologieChapitre 65 sur 143 · AUTEURS LATINS. — SALVIEN DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

AUTEURS LATINS. — SALVIEN DE MARSEILLE

saint Honorât, évêque d'Arles, et nue Lettre à saint Eucher. Sont douteux : Sermo ou Narratio de miracido S. Genesii, et quelques poésies'. »

Opéra, éd. Pithœus, Paris., 1580, 1594, 1608, souv. réimp.; éd. Rittershusius, Altorfi, 1611 ; Norimb., 1623; la meill. éd., de Baluze, Par., 1633, 1669, 1684; Gall., Bibh, t. X; Migne, sér. lat., t. LUI; cf. Tillem., t. XI;Ceillier, t. XV, 2» éd., t. X.

VIII. Salvien de Marseille, né, dit-on, d'une famille païenne, dans les environs de Cologne ou de Trêves, épousa la fille d'Hypatius, noiuTie également dans le paganisme. Mais les deux époux, au grand regret de leurs parents, ne tardèrent pas à se convertir. Salvien, après la mort de sa femme, ou avec son consentement, embrassa la vie religieuse, probablement à Tiérins, et fut un des amis d'Honorat et d'Eucher. On le cite aussi comme ayant été le précepteur des fils de saint Eucher. Comme prêtre de Marseille, il exerça une grande influence par sa parole et par ses œuvres. Il vit avec une profonde douleur le bouleversement de l'ordre ecclésiastique et civil produit dans l'empire par l'émigration des peuples. Suivant Gennade', il mourut en 495, dans une haute vieillesse.

Le plus important de ses ouvrages, très-intéressants pour l'histoire contemporaine, est son traité du Gouvernement de Dieu ou de la Providence (huit livres), adressé entresol et4oo à l'évèque Salonius. A l'exemple des païens, qui accusaient les chrétiens de tous les malheurs publics, certains chrétiens, à la vue des maux que produisait l'émigration des peuples, se prenaient à douter de la Providence : Incuriosus a quibusdam et quasi negligens humanorum actuum Deus dicitur, utpote nec bonos custodiens, nec coercens malos; et ideo in hoc sseculo bonos plerumque miseras, malos beatos esse '. Salvien répond qu'il faut d'autant moins douter de la Providence qu'elle se révèle davantage par des châtiments sévères et mérités. L'horrible dépravation non-seulement des païens, mais encore des chrétiens, surtout dans les villes du Rhin, de la Gaule, de l'Italie et de l'Afrique, telle est la cause de ces punitions exemplaires. En dépeignant sous de si sombres coulem's et avec

' Dans Max. Bibl. Patr., Lugd., t. VIII; Migne, sér. lat., t. L. — » J)<! script, eccl., c. Lxvn. — » Lib. I, initio.

une émotion si sensible * l'immoralité des païens et des chrétiens de l'empire romain, et en l'opposant à la pureté des mœurs des barbares ', Salvien a mérité le surnom de Jérémie de son siècle.

2. Les quatre livres Contre l'avarice * furent écrits vers 440. Salvien y dépeint la cupidité qui a envahi toutes les classes, et l'avarice qui en est la conséquence, comme la source de tous les vices. Il invitetousles chrétiens à travailler contre ce vice, et il inculque aux riches le devoir de l'aumône : « L'on t'a vue, ô Eghse catholique, affaiblie par ta fécondité, diminuée par ton accroissement, et presque abattue par tes propres forces*. »

3. Neuf lettres à des proches, aux évêques Eucher et Agroèce. D'autres lettres et d'autres écrits sont perdus, notamment trois livres de la Virginité, à Marcella.

Gennade le caractérise ainsi comme écrivain : Humana et divina litteratura instructns, et, ut absque invidia loquar, episcoporian magister, scripsit scholastico et aperto sermone. Il joint à une certaine élégance de style la vigueur dans les expressions.

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