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AUTEURS LATINS. — S. LÉON LE GRAND

à Chalcédoine pour effacer cette infamie. Les plus nombreuses se rapportent aux droits de l'Eglise et à la discipline. Les lettres chronologiques ont pour principal objet la supputation de la fête de Pâques. Saint Léon sacrifie volontiers le comput romain au comput d'Alexandrie, pour l'année 453, afin de conserver même sous ce rapport l'uni lé religieuse. Il exhorte le clergé d'Occident, indilïercnt à ces sortes d'études, de s'y appliquer désormais avec plus de zèle '.

Sei'mons de saint Léon le Grand.

11 y en a quatre-vingt-seize sur les fêtes du Seigneur, des apôlres et des martyrs, sur le jeune et les collectes publiques daumônes, cinq sur le jour de son ordination, etc. iUusieurs se distinguent parla richesse des pensées. Le talent oratoire de saint Léon se révèle dans l'originalité des antithèses et l'excellence des jeux de mots et des allusions. A la clarté des explications dogmatiques et des réflexions morales, il joint une vive et saisissante peinture des vices de son temps, où il voit la principale cause des maux et des calamités présentes. Ses sermons font partie des meilleures productions de l'éloquence chrétienne dans la période patristique.

Nous en donnons ici quelques échantillons.

Le jour de l'Epiphanie de Notre -Seigneur, saint Léon commence ainsi son trente-troisième sermon : « Mes bien-aimés, réjouissez-vous en Notre-Seigneur; je vous le dis encore une fois, réjouissez-vous {Philip., iv, 4), car à peine la fête de la Nativité de Jésus-Christ est-elle passée que nous voyons celle de son apparition. Celui qui, dans la première de ces fêtes, est né de la Vierge, est aujourd'hui reconnu par l'univers. Car le Verbe qui s'est fait chair a si sagement disposé le commencement de notre adoption, que le Sauveur nouvellement né a été révélé aux fidèles et est demeuré caché aux persécuteurs. Déjà les cieux racontaient la gloire de Dieu et le son de la vérité retentissait à travers le monde entier, lorsque l'armée des anges annonça aux pasteurs la naissance du Sauveur du monde, et qu'une étoile conduisit les sages à la crèche pour l'adorer, afin que la naissance du vrai Koi brillât depuis le

■ Hancli Leoiiis Mugni epislolx seleclœ, dans Hurler, Opitscula sclectat t. XXV et XXVI,

lever jusqu'au couohei\du soleil, aiin que les empires d'Orient connussent par les mages la vérité de ce fait et qu'il ne demeurât pas ignoré même de l'empire romain.

n Car il n'est pas jusqu'à la fureur d'Hérode, lequel voulait tuer dans son berceau même le Roi nouveau-né, qui ne dût servir, sans qu'il s'en doutât, à ce dessein d'en haut. Tandis que, réfléchissant à son crime, il persécutait un enfant inconnu de lui, en massacrant impitoyablement tous les petits enfants de la ville, il ne fit que contribuer à répandre davantage la nouvelle de ce grand Dominateur descendu du ciel ; l'impiété de ce tyran sanguinaire fut cause que la nouvelle de cette divine apparition se propagea avec plus de zèle et de promptitude. Le Sauveur fut transporté en Egypte, afin que ce peuple, plongé depuis longtemps dans l'erreur, connût le voisinage du salut par une grâce secrète, et qu'il recelât la vérité dans son sein avant d'avoir banni la superstition de son cœur (ch. i).

» Reconnaissons dans ces sages, frères bien -aimés, dans ces adorateurs du Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons d'un cœur joyeux le commencement d'une si heureuse espérance. C'est à partir de là que nous avons fait le premier pas vers notre héritage éternel. Ce mystère nous a découvert et manifesté les mystères parlant de l'Ecriture, et la vérité que les Juifs aveugles ont repoussée, a répandu sa lumière parmi toutes les nations. Qu'il soit donc hautement vénéré par nous ce jour béni où s'est révélé l'Auteur de notre salut ; et Celui que les mages ont adoré enfant dans la crèche, célébrons-le comme Celui qui est tout-puissant dans le ciel. Et comme ils tirèrent de leurs trésors des dons mystérieux qu'ils offrirent au Seigneur, offrons-lui de nos cœurs ce qui est digne d'être offert à un Dieu, » etc. (ch. ii).

Saint Léon commence ainsi le quatrième sermon pour le Carême, Sermon xui : « Au moment où je me dispose, frères bien-aimés, à vous annoncer le très-saint et très-grand jeûne, pourrais je mieux commencer que par cette parole de l'Apôtre : « Yoici le temps propice, voici le jour du salut? » II est vrai qu'en tout temps la grâce divine nous est offerte dans une mesure abondante et qu'il nous est toujours permis d'approcher de la miséricorde de Dieu ; cependant les cœurs des chrétiens se sentent animés d'un plus grand zèle pour leur

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