AUTEURS LATINS. — S. LKOX LE GRAND
progrès spirituel cl animés trune plus haute confiance, quand le retour de ce jour où nous avons été rachetés, nous ramène à toutes les pratiques de la piété, afin que nous puissions célébrer avec un corps chaste et un cœur pur le glorieux mystère de la passion de notre Seigneur.
» 11 convient sans doute d'accorder à ces sublimes événements une attention constante et un respect continuel, aiin d'être toujours en la présence de Dieu, et que le jour de Pâques nous trouve tels que nous devons être. Mais comme une pareille vertu n'appartient qu'à un petit nombre, quune observance rigoureuse s'affaiblit par la fragilité de la chair, que les occupations diverses de la vie refroidissent le zèle, que les cœurs même dévots se laissent souiller par la poussière de ce monde, il a été pourvu, par une divine institution, qu'un exercice de quarante jours renouvellerait la pureté primitive de notre âme, afin que les fautes et les délits des autres jours fussent expiés par des bonnes œuvres et des jeûnes purificatoires.
» Puis donc, mes bien-aimés, que nous commençons ces jours pleins de mystères qui sont consacrés à un jeune salutaire, efforçons-nous de suivre le conseil que nous donne l'Apôtre, a en nous purifiant de toutes les souillures du corps et de l'esprit » (77 Cor., vn, 1), afin qu'après avoir apaisé la lutte qui existe entre les deux parties de notre être, notre esprit, qui doit être, dans les vues de Dieu, le guide de notre corps, soutienne la dignité de son empire, que nous ne scandalisions personne et que nous-mêmes nous ne soyons pas exposés au blâme des calomniateurs. Car nous nous attirerons justement le blâme des incrédules, et les louanges des impies s'armeront pour ravaler notre religion, si, pendant que nous jeûnons, nos mœurs contredisent la pureté qu'exige une parfaite continence. Notre jeûne, en effet, lire sa valeur non du retranchement de la nourriture, mais de l'abstention du mal, » etc. (ch. n).
Dans son sermon xlvui, ou dixième du Carême, saint Léon devance déjà la grande solennité de Pâques : «Entre tous les jours, mes frères bien-aimés, que la dévotion des chrétiens se plaît à exaller en mille manières, il n'en est point de plus distingué que celui de la fête de Pâques ; c'est elle qui dans la sainte Eglise donne leur pleine valeur à tous les autres jours
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de fêtes. Déjà la naissance du Seigneur du sein de sa Mère est consacrée à ce mystère, car lincarnatiou du Fils de Dieu n'avait pas d'autre but que de lui permettre d'être attaché à une croix (pour nos péchés). S'il a pris une chair mortelle dans le sein de la Vierge, l'ordre divin de la Passion s'est accompli dans une chair mortelle, car Dieu a voulu, dans les desseins impénétrables de sa miséricorde, qu'il devînt le sacrifice de la rédemption, lextirpation du péché et le commencement de la résurrection pour la vie éternelle. Si donc nous considérons ce que le monde entier a obtenu par la croix du Seigneur, nous comprendrons qu'il est convenable de nous préparer par un jeune de quarante jours à célébrer la fête de Pâques, afm de pouvoir assister dignement aux saints mystères. Car ce ne sont pas seulement les premiers chefs ou les prêtres du second ordre, ce ne sont pas seulement ceux qui administrent les sacrements, c'est encore le corps entier de lEglise, tous les fidèles qui doivent être exempts de toute tache, afm que le temple de Dieu, dont fauteur est aussi le fondement, soit précieux et brillant dans toutes ses parties. Si les palais des rois, si les maisons des potentats sont parés de toutes sortes d'ornements, afin que les demeures de ceux dont les mérites sont plus grands soient distinguées de celles des autres, avec quel soin la propre maison de Dieu ne doit-elle pas être décorée ! Cette décoration, il est vrai, ne peut être entreprise ni achevée sans l'auteur même de ce temple; mais elle reçoit des dons de son propre auteur, afin que nous puissions accroître ses parures par nos propres efforts...
» Or, comme nous sommes tous ensemble, de même que chaque fidèle en particulier, un seul et même temple de Dieu, il faut que ce temple soit parfait en tous et en chacun. Si la beauté de tous les membres n'est pas la même, et si la différence des parties entre elles s'oppose à l'égahté des mérites, l'union de la charité doit maintenir l'unité de parure; car ceux qui sont devenus participants de la charité se réjouissent de leurs biens réciproques, encore qu'ils ne reçoivent pas les mêmes grâces, et ce qu'ils aiment ne peut leur être étranger, car on accroît sa propre joie en se réjouissant du progrès des autres (ch. i).
» Que le peuple de Dieu soit donc saint et bon; saint, afm qu'il évite ce qui est défendu ; bon, afin qu'il observe ce qui