‹ PatrologieChapitre 75 sur 143 · AUTEURS GRECS. — JEAN CLIMAQUE, ANASTASE, ETC · texte numérisé non relu

AUTEURS GRECS. — JEAN CLIMAQUE, ANASTASE, ETC

passage : « Vous avez été sauvé de Dieu, eh bien, sauvez-eu d'autres, Jésus-Christ vous a arraché à la peine de mort, arrachez-en d'autres au danger qui précipite dans la mort. C'est la grande fonction que Dieu a confiée à ceux qui en ont l'esprit. Cela surpasse toutes les actions, toutes les œuvres d'un pieux mortel, de devenir le compagnon et le collaborateur de Jésus-Christ, de rechercher, par votre zèle, votre foi, votre amour, votre prière, la brebis perdue, de l'amener à la pénitence et de rolîrir à Dieu comme une victime sans tache. Nul don ne lui est plus agréable que lorsque nous conduisons devant son trône une àme sauvée ; car le monde passe, mais l'àme est immortelle et éternelle. »

VIII. Anastase, prêtre et moine du mont Sinaï (non patriarche d'Antioche). On lui attribue : Vias diix adversiis acephalos, contre les sectes monophysites. Les Interrogations et les Réponses sont la solution de cent cinquante-quatre questions d'exégèse, de dogme, de morale et d'ascétisme, avec de nombreux textes des Pères. Les questions sur la pénitence (2-6 et 22), sont surtout importantes pour la pratique. Les Contemplations anagogiques sur VHexaméron (XII liv.) ne sont imprimées qu'en latine Dispute contre les Juifs (liv. II), six discours conservés, dont un sur la messe et un autre sur les défunts. On voit, par ces travaux dogmatiques, que les siècles de fécondité et d'originaUté sont écoulés. Les auteurs de cette période, malgré les excellentes choses qu'ils renferment, se bornent à exploiter le passé et se contentent du rôle de compilateurs.

IX. Û'Antiochus, moine de Palestine qui vivait sous Héraclius, il reste cent trente petits sermons, la plupart moraux et ascétiques. (Voir ces deux derniers auteurs dans Migne, sér. gr., t. LXXXIX.)

X. Jean Philopone était grammairien à Alexandrie au sixième siècle. Son mérite consiste dans la dialectique, dans la counaissance de la philosophie d'Aristote et dans les commentaires du Philosophe. Comme théologien, il n'a pas une bonne réputation ; il enseigna le trithéisme et diverses erreurs sur la

' Un manuscrit grec complet se trouve à Paris. Le docteur Nolle en a l'ait imprimer quelques passages sur Papias, Reçue de Tub., Itk»/.

résurrection ; il fut aussi clief de secte et condamné au sixième concile œcuménique. Cependant il défendit la notion chrétienne de la création, soit dans sa polémique contre l'roclus suî' l'élernité du monde (Ed. Trincavelli, Venet., io3o), soit dans SCS sept livres de la Créaiion du inonde. 11 existe aussi de lui une Discussion sur la Pâques. Ces deux derniers ouvrages ont été édités pour la première fois et traduits en latin par le jésuite Corder. (Gallandi, BibL, t. XII.)

§ 83. Sophrouc, patriarche de Jcriisaloiu ; Jean lEosch.

Sophrone, né à Damas vers oGO, fut dabord sophiste, c'està-dire rhéteur, et se lia, probablement à Alexandiie, avec Jean Mosch, moine do Palestine, et se fit lui-même religieux. 11 entreprit de longs voyages pour visiter les couvcjits de la Syrie, de lEgyple et même de l'Occident. A Rome, il rédigea, sûrement avec l'aide de iMosch, ses recherches sur les moines et les ascètes, dans un ouvrage historique, le Pré spiriluelK Puis, selon les inslruclions qu'il avait reçues, il transporta le corps de Mosch, qui venait de mourir, au couvent de Saint- Théodosc, en Palestine, où il demeura quelque temps.

Pendant son séjour à Alexandrie, il constata le premier l'invasion du monothélisme dans l'Eglise et en informa les patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem. Elevé bientôt après (633 ou 03i) sur le siège patriarcal de Constantinople, Sophrone convoqua un concile à Jérusalem en (334, et publia une lettre synodale où il exposait la doctrine des deux volontés en Jésus- Christ et rejetait le monothélisme ^ Il envoya à Rome Etienne, évèquc de Dora, pour instruire les évêques d'Occident de cette nouvelle hérésie. Témoin, en 637, de la prise de Jérusalem par les mahométans, Sophrone, voyant Omar pénétrer dans l'église de la Résurrection, déclara que c'était là le commencement de l'abomination de la désolation dans les lieux saints. il mourut peu de temps après.

Ses ouvrages sont : \. la lettre synodale mentionnée plus

1 Cet ouvrage est ordinairement otiribué h Mosch; c'est lui en tout cas qui le dédia à Sophrone. De là vient sans doule que Jean Damascène et le second concile œcuménique de iNicée (7.S7j Taltribuaient à Sopliroue- Ed. Fronton Duc, auctar., t. II; l'ar., 10-24; Cotéler., Monum. E^f^l' gr., t. II, l>ar., 16S1 ; Migne, sér. gr., t. LXXXVII. — s Voir l'analyse dans YHisloire des conciles, de Héfeié, 3« vol., § 297.

AUTEUftS GRECS. — SOPHRONE. 611

haut '.Nous en extrayons le passage suivant: «Le Christ,

demeurant inséparablement un et le même dans les deux

natures, opérait naturellement ce qui est de l'une et de l'autre,

suivant la qualité ou la propriété naturelle de chacune ; ce qu'il

n'aurait pas fait s'il n'avait eu qu'une nature, car la divinité

n'ayant point de corps, eùt-elle jamais lait naturellement ce qui

est du corps ? et le corps, sans la divinité, eùt-il jamais opéré des

actions essentiellement divines ? A la vérité, ce n'est pas un

autre qui a fait les miracles, un autre qui a soufîert. Comme

en Jésus-Christ chaque nature conserve sa propriété sans

aucune diminution, ainsi chacune opère ce qui lui est propre

avec la participation de l'autre nature. Que Nestorius n'en

triomphe pas, car nous disons qu'un seul et même Christ

opère naturellement et ce qu'il y a de merveilleux et ce qu'il

y a d'humble, suivant la qualité naturelle et essentielle de ses

deux natures. Eutychès ne peut pas non plus s'en réjouir, car

chaque nature conserve sa différence d'avec l'autre, quoiqu'elle

agisse avec sa participation. Les opérations propres de chaque

nature sont réelles, naturelles et correspondantes, et procèdent

indivisiblement de l'essence de chacune d'elles, quoique Tune

n'opère point sans l'autre, étant unies sans confusion en une

même personne. C'est pourquoi nous ne disons point qu'elles

aient une seule opération réelle, naturelle et indistincte, pour

ne pas les réduire à une seule substance et une seule nature,

suivant l'erreur des acéphales ; car, au jugement des habiles,

on ne connaît les natures que par les opérations. »

Comme homme, « Jésus-Christ nait, souffre la faim, la soif;...» comme Dieu, « il opère des signes et des miracles, il ressuscite du tombeau, il entre les portes fermées, il monte au ciel,» etc.

2. Sept discours sur des fêles et des saints, dont le second mérite surtout d'être mentionné ; c'est un longtraité où, après avoir parlé de la Trinité et de la personne de Jésus-Christ, l'auteur décrit, avec une émotion presque dramatique, l'histoire de l'Annonciation de Marie.

3. Témoin, à Alexandrie, des miracles qui s'étaient opérés par l'intercession des martyrs Cyre et Jean, il écrivit leur panégyrique et le 7'écit de leurs miracles.

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