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Historia tripartita. Pour la composer, il chargea le sco

' De /?^s^/^ d'iv., prsefat.

lastique Epiphane de traduire en latin les histoires ecclésiastiques de Socrate, Sozomène et Théodoret ; lui-même abrégea ces trois continuateurs d'Eusèbe, les mit en ordre et les coordonna en douze livres, pour servir de continuation au travail de Rufm. C'est dans ces deux ouvrages que le moyen âge a étudié l'ancienne histoire de l'Eglise. Travail superficiel et sans méthode, et le plus défectueux des ouvrages de Cassiodore.

Plusieurs autres de ses écrits sont perdus, tels que : De titulis, ou Memoriale sacrarum Scriptiirarum, mentionné dans la préface de V Orthographe ; Epislolœ ad Romanos, où il combat le pélagianisme.

Le style de Cassiodore, abondant et facile, n'a pas la correction du style de Boèce. Ses travaux offrent certaines analogies avec ceux de Jean Damascène, chez les Grecs. Pas plus que celui-ci, il n'entendait embrasser tout l'ensemble de la doctrine chrétienne ; il s'occupait principalement de l'interprétation des saintes Ecritures et des branches qui s'y rattachent, comme on le voit surtout dans le De institutione divinarum litterarura^ et dans le De artibus et disciplinis liber alium artium.

Opéra, éd. Garetius (ex congr. S. Bened.), l^othom., 1679, 2 vol. Info!.; et Yenet., 1729, avec les fragments des Coinplexiones in Epistol. S. Pauli, quas edid. et adnotav.Scip. iHa/fei, découvertes par A. Mai, dans Migne, sér. lat., t. LXIX-LXX. Voy. Ceillier, t. XVI; éd. 2% t. XfjRitter, Histoire de la philosophie chrétienne, t. II, p. 596. Rolirbacher, éd. allem., Franz, M. Aiirel. Cassiodorus senator., Bresl., 1872; Ebert, p. 474; Teuffel, 3« éd. op. cit.

% 91. Césaire cvêque d'Arles ; Benoit de Hiorela*

Parmi les évêquea. de la Gaule au temps de l'émigration des peuples, Césaire d'Arles (Arelatensis) occupe une place éminente. Il naquit vers 470, près de Chalon-sur-Saône, de pieux parents, fut élevé au couvent de Lérins et destiné à l'état ecclésiastique. Les austérités trop rigoureuses qu'il s'imposait ayant affaibli sa santé, Tabbé le renvoya à Arles. L'évêque de ce lieu, Conon, lui conféra le diaconat et le sacerdoce. L'évêque mort, il fut choisi pour lui succéder (502), et déploya dans ses fonctions épiscopales un zèle vraiment apostohque. « Il brilla sur le chandelier de l'Eglise entre tous les prélats de son siècle,

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dit saint Ennode, qui l'avait connu d'une façon particulière, comme le soleil brille entre tous les astres du firmament. Quoiqu'il s'y trouvât environné de peuples barbares, il n'en devint que plus humain et quoiqu'il lut au milieu de guerres continuelles, il ne perdit jamais rien de sa tranquillité ordinaire. 11 y parut comme le père des orphelins et le nourricier des pauvres, sans que la profusion de ses libéralités diminuât rien des richesses de son Eglise. Il y fut le restaurateur et le soutien de la bonne discipline, autant par ses actions que par ses discours'. »

Il érigea deux monastères de fllles, l'un à Aiies, dont il confia la conduite à Césarine, sa sœur, l'autre à Marseille. Accusé par un de ses secrétaires auprès d'Alaric, roi des Visigoths, qui dominait dans cette partie des Gaules, de vouloir soumettre la ville et le territoire d'Arles au roi des Bourguignons, il fut exilé à Bordeaux ; mais son innocence fut bientôt reconnue et il ne larda pas de retourner dans son Eglise. Accusé de nouveau vers l'an 513 et conduit sous bonne garde à Ravenne par ordre de Théodoric, la seule présence d'un prélat si respectable désarma ce prince, qui le combla d'honneurs et de présents.

De Ravenne, Césaire se rendit à Rome, où le bruit de ses miracles l'avait précédé. Le pape Symmaque lui donna le paUium et accorda à ses diacres la prérogative d'user de dalmatiques comme ceux de l'Eghse romaine. Il confirma tous les privilèges de l'Eglise d'Arles et chargea le saint de veiller personnellement sur toutes les affaires qui regardaient la religion dans les provinces des Gaules et de l'Espagne, d'en assembler les conciles lorsqu'il le jugerait à propos, et de faire en sorte qu'aucun ecclésiastique de tous ces pays-là n'aUàt à Rome sans qu'il le sût et en informât le pape.

Césaire s'illustra surtout par les conciles qu'il fit célébrer à Agde (506), à Epaone (317), à Arles (52-4), à Carpentras (327), où il rendit d'importants canons pour le maintien et la restauration de la discipline ecclésiastique, puis aux conciles d'Orange et de Valence (329 j, où le semipélagianisme reçut les derniers coups. La doctrine catholique y fut établie en plusieurs chapitres, qui furent confirmés par Boniface II.

' Histoire littéraire de la France, t. III, p. 194 et suiv., éd. Palmé. (Addit. du tradj Voy. Montalenibert, les Moines d'Occident, t. I.

Ce grand prélat, après avoir gouverné son Eglise pendant plus de quarante ans, avec toute la prudence, le zèle, la charité qu'on peut souhaiter dans un si saint évêque, mourut en 542, âgé de soixante-treize ans et fut bientôt, après sa mort, glorifié par des miracles.

Césaire, malgré ses talents, ne se servit de sa plume que pour instruire les âmes confiées à ses soins. Aussi les écrits qui restent de lui ne sont point de longue haleine. Ce sont des sermons, des lettres, des exhortations, des homélies et autres pièces semblables. Ils ont été longtemps dispersés dans divers manuscrits, et quoiqu'on ait tenté plusieurs fois de les réunir ensemble, on ne l'a point encore exécuté parfaitement.

1° Ses Homélies et ses opuscules se trouvent dans la Bibliotheca maxima Patrum, t. VIII et XVII; Gallandi, Bibliothèque, tome XL

2" Ses Sermons, au tome V des Œuvres de saint Augustin, édition des bénédictins.

3-° Ses Lettres, et 4° ses Règles aux moiyies et aux vierges dans Holstenius, Code des Règles par saint Benoît d'Ajiiane, part. I et ni.

5° Dans le Traité de la grâce et du libre arbitre, qu'on lui attribue et qui est perdu, il dit expressément que, sans la grâce prévenante, l'homme ne peut faire aucun bien.

Parmi ses œuvres, les Sermons occupent incontestablement la première place. Ils ont été longtemps dispersés; plusieurs ont été attribués à saint Augustin et à saint Ambroise; de là vient que cent sept ont été insérés au tome V des Œuvres de saint Augustin, édit. bénéd.

Familier avec la lecture de saint Augustin, il n'est pas surprenant, disent les auteurs de Y Histoire littéraire de la France, que son style approche de celui de ce saint docteur. « Il est toutefois moins fort et moins élevé. Il avait soin de l'accommoder à la portée de ceux à qui il parlait. Quoiqu'il soit le plus souvent simple et uni, il ne laisse pas d'avoir de l'éloquence, mais une éloquence naturelle, qui, bien loin de consister en des termes extraordinaires et des figures recherchées, est tiré des choses mêmes. Si ses pensées n'ont pas toute l'élévation de celles de saint Augustin, elles sont nobles, pleines de justesse ; le tour en est aisé, les expressions proportionnées au sujet et forment toujours des raisonnements fort concluants.

AUTEURS LATINS. — CÊSAIRE D ARLES, 6-io

On y trouve des pointes spirituelles et assez fréquemment des sentences, mais sans affectation. En un mot, sa manière d'écrire est grave, lumineuse, agréable, persuasive, pleine d'onction ; et c'est en faire l'éloge en abrégé que de dire qu'avant que la critique fût portée au point où elle est aujourd'hui, elle a paru avoir d'assez grandes beautés pour faire attribuer la plupart de ses écrits à deux des plus éloquents Pères de l'Eglise latine, saint Ambroise et saint Augustin. »

Nous donnons ici comme spécimen un extrait de son sermon sur le jugement dernier.

«Quid faciemus, carissimi, in illo metuendo judicii die, cum tremente mundo Dominus préecinctibus angclorum buccinis in illo majestatis suae trono circumdatus cœlestis militise luce considerit ; ibique de terrœ gremio et antiquo pulvere suscitato humano génère, astante testimonio conscientiae singulorum, positis in con.specto peccatorum pœnis justorumque premiis, rationem vitse cœperit postiûare, et plus jam justus quam misericors, severitate judicis contemptae misericordia^. reos cœperit accusare et-dicere :

» Ego te, 0 liomo, de limo manibus meis feci, ego terrenis artubus infudi spiritum, ego tibi imaginem nostram similitudinemque conferre dignatus sum ; ego te inter paradisi delicias collocavi ; tu vitalia mandata contemnens deceptorem sequi quam Deum maluisti ? Cum expulsus de paradiso jure peccati mortis vinculis tenereris, virginalem uterum sine dispendio virginitatis pariendus introivi ; in praesepio expositus et pannis obvolulus jacui, infantiae contumelias humanosque dolores, quibus tibi similis fierem. ad hoc scihcet ut te mihi similem facerem, pertuh ; irridentium palmas et sputa suscepi, acetum cum felle bibi ; flagellis ceesus, vepribus corontitus, cruci affixus, vulnere perfossus, ut tu eripereris morti, animam in tormentis dimisi. En clavorum vestigia quibus affixus pependi ; en perfossum vulneribus latus ! Conditus jacui in sépulcre ut tu regnares in cœlo. Cur quod pro te pertuli perdidisti? Cur, ingrate, redemptionis tuae munera renuisti? Non te ego de morte mea qusero ; redde mihi vitam tuam pro qua meam dedi. Redde mihi vitam tuam quam vulneribus peccatorum indesinenter occidis. Cur habitacuJum quod mihi in te sacraveram, luxuriae sordibus polluisti ? Cur corpus meum illecebrarum turpidine maculasti ? Cur me graviore criminum

tuonim cruce qiiam illa in qiia quondam pependeram affixisti? Gravior enim apud me peccatoriim tiiorum crux est, in qua invitus pendeo, quam illa in qua tiii misertus mortem tiiam occisurus ascendi. Cum essem impassibilis, pro te pati dignatus sum, sed tu despexisti in homine Deum, in infirme salutem, in vita reditum, in judice veniam, in cruce vitam, in suppliciis medicinam. Et quia post omnia mala tua ad medicamenta pœnitentiae confugere noluisti, ab auditu malo non mereberis liberari. »

M. Guizot, dans son Histoire de la civilisation en France, a donné aussi de beaux et intéressants extraits de ces sermons,

Doctrine de sai?ît Césaire d'Arles.

Quant à la doctrine de saint Césaire, elle est telle qu'il convient à un évèque aussi instruit de celle de l'Eglise. Il n'est presque point de vérité qui appartienne au dogme, qu'il n'ait ou établie ou éclaircie. Il n'en faut point d'autres preuves que les divers traits qu'on en a déjà rapportés. Il est un des Pères qui ont le mieux montré la nécessité de rechercher dans l'Ancien Testament les mystères du Nouveau, et qui ont le plus travaillé à faire connaître Jésus-Christ et son Eglise dans l'ancien peuple de Dieu. Il est admirable en tout ce qu'il dit sur cette Eglise et ce qui s'y passe, sur le mélange des bons avec les méchants et les propriétés des uns et des autres ; sur la nécessité des bonnes œuvres et de la foi en Jésus-Christ ; sur la distinction des péchés et l'obhgation indispensable de les expier. Personne avant lui n'avait établi d'une manière ni plus claire ni plus précise le feu du purgatoire , jusqu'à se servir du terme même que l'Eglise entière a adopté dans la suite.

Pour abréger et donner une juste idée de la doctrine de notre saint, il suffit de dire qu'il n'en avait point d'autre que celle de saint Augustin, et que tout ce que ce saint docteur enseigne dans ses écrits, il l'avait adopté en disciple le plus fidèle. On a déjà vu combien il y était étroitement attaché. Comme lui, il avait fait de la nécessité d'une grâce prévenante pour opérer le bien, son dogme favori et dominant; il n'est presque point de ses écrits où il n'en ait répandu divers traits, et c'est là un des caractères les plus distinctifs auxquels on reconnaît ceux qui lui appartiennent. Il avait cette vérité si fort à cœur que, malgré les

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contradictions et les efforts de certaines personnes qui pensaient autrement, il vint à bout de lui rendre l'hommage qui lui était dû. L'on sait ce qu'il mit en œuvre pour y réussir. Il eut par là le glorieux avantage de rendre à l'Eglise des Gaules la paix dont l'avait privée depuis plus d'un siècle les sentiments opposés. Victoire signalée, qui doit nous faire regarder saint Césaire comme l' Augustin de l'Eglise gallicane.

Son exactitude sur la morale n'est pas moins grande que sur le dogme. Rien de plus beau, rien de plus juste, rien de plus conforme aux règles de l'Evangile, que les grands principes qu'il pose pour régler sa vie et ses actions. Toutes ses Homélies et ses autres écrits ne sont proprement qu'un tissu de maximes qui tendent à cette fin. Il n'est point de vices qu'il ne combatte et dont il n'inspire une sainte horreur. Il n'est point de vertu dont il ne fasse l'éloge, et ne recommando l'amour et la pratique. 11 avait appris de saint Paul et de saint Augustin, que la charité est au-dessus de toutes les autres , et que c'est elle qui leur donne le prix. Aussi est-ce le principe qu'il inculque le plus souvent. Il veut que l'on rapporte tout, et il rapporte tout lui-même à cette divine vertu. Il était si rempli de son excellence et de ses avantages, qu'il ne pouvait se lasser d'en parler. Soit donc qu'on prenne la morale dans son tout, pour une science qui enseigne à bien vivre ; soit qu'on ne la considère qu'en quelques-unes de ses parties, comme des exhortations à la pratique de certaines vertus particulières, ou à la fuite de certains vices, il serait difficile de trouver, depuis saint Augustin, quelque Père qui en ait écrit d'une manière plus instructive, plus pathétique, plus digne du sujet. Mais pour en connaître tout le mérite, il faut lire ses Homélies et ses Sermons.

Il en est peu où il n'ait inséré divers traits de sa doctrine sur la discipline, comme siu* la morale. Autant il est exact sur celle-ci, autant il est rigide sur l'autre. A proprement parler, toutes les actions de sa vie et tous ses écrits n'ont tendu qu'à remettre en vigueur l'ancienne discipline de l'Eglise, comme à faire revivre la pureté de mœm's des premiers chétiens. De sorte que, sans pousser trop loin l'éloge de co grand évêque, on peut lui appliquer à ce sujet ces paroles do l'Ecritm'e : « Le zèle de la gloire de votre maison m'a dévoré. » De là, tant de soins et de mouvements qu'il se donna,

pour assembler les conciles dont on a parlé. De là, ces beaux règlements qui y furent faits et dont il fut le directeur et le mobile. De là, enfin, ce grand nombre d'écrits ascétiques, pour établir dans les cloîtres une discipline aussi sainte qu'était édifiante celle qu'il tâchait de faire observer dans le clergé*.

Nous devons ici une mention spéciale à la Règle de saint- Benoît du mont Cassin, et cela pour deux raisons ; 1° c'est le monument le plus célèbre et le plus important relatif à la vie monastique en Occident ; 2° en établissant l'ordre des bénédictins sur des bases solides, elle a exercé une influence exceptionnelle sur les progrès de la littérature chrétienne en Occident.

L'auteur, Benoît de Norcia, vécut de 480 à 543, et écrivit sa Règle, vers 529, pour les moines du couvent qu'il avait fondé sur le mont Cassin. 11 y trace, en soixante-treize chapitres sur la perfection ché tienne et les diverses occupations des religieux, des règles qui attestent une grande connaissance de la nature humaine. L'auteur, mêlant dans une juste mesure la sévérité à la mansuétude, la riguem* à la tendresse et à la prudence^ y excite ses religieux à une activité du corps et de l'esprit incessante, « afin que les moines ne mentent pas à Dieu par leur tonsure, » mais qu'ils soient pour l'humanité une source de prospérité et de bénédiction.

La Règle est réimprimée dans Migne, sér. lat., t. LXXV, avec Commentaires. (Comp. Brandes, ord. S. Ben.) Vie de S. Benoît, sa règle et son explication, Einsiedeln, .3 vol. (en allem.). Prantl, Hist. de la logiq., t. I, p. 722.

§ 9i. Saint Orog'oire le Càrand, pape (mort en 604).

Vita S. Greg. M., auctore Paulo diacono, lib. IV, et ex Greg. script, adornata, avec la Pref. gcnér., éd. bened,; Migne, sér. lat., t. LXXV.

Grégoire naquit, vers 540, d'une riche famille sénatoriale, et fut élevé pour le service de l'Etat. Sa pieuse mère Sylvie, qui était devenue veuve de bonne heure et s'était consacrée à la vie monastique, lui inspira une profonde affection pour

^ Histoire littéraire de la France, t. III, article S. Césaire d'Arles. (Complété par le traducteur. )

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