AUTEURS LATINS. — AGATHON, GRÉGOIRE
tant II, qui soutenaient le monothélisme. Constant II fit emprisonner le pape Martin à Rome et traîner à Constantinoplc avec toutes sortes de mauvais traitements. Le pape y mourut héroïquement de la mort des martyrs ' .
IV. Agathon II (070-682\ sous le règne de l'empereur Constantin Pogonat, fit les plus grands efforts pour étouffer, dans le sixième concile œcuménique qu'il assembla à Constanlinople, les restes du monothélisme (680). Il composa à cet effet une lettre dogmatique qu'il chargea ses légats de remettre au concile. Dans cette lettre, après une réfutation nette et détaillée de l'hérésie monothélite, le pape établissait les propositions suivantes : Ciim diias autem naturas duasque natiirales vohmtates et diias naturales operationes confitemur i?i imo Domino Jesu Christo, non contrarias cas nec adversasalterutrmn dicimus (sicut a veritate errantes apostolicam traditionem accusant, absit hœc impietas a fidelium cordibus), ?îec tanquam separatas in duabiis personis vel substantiis, sed duas dicimus eumdemque Dominwn nostrum Jesum Christum, sicut natnras ita et naturales in se vohmtates et operationes habere, divinam scilicet et humanam : divinam ciuidem vohintatem et operationem habere ex eeterno et coessentiali Pâtre communem, humanam temporaliter ex nabis cumnostra natura susceptam. «Cette doctrine, ajoute Agathon, a été constamment retenue par l'Eglise apostolique, qui ne s'est jamais écartée du sentier de la foi, car Jésus-Christ a dit : Pierre j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point, Luc, xxu, 32. Aussi, dès que les évêques de Constantinople s'efforcèrent d'introduire la nouveauté hérétique, mes prédécesseurs n'ont point cessé de les exhorter, de les avertir, de les conjurer de se désister de ce dogme impie, du moins par le silence, afin de ne point produire de schisme dans l'Eglise, » etc. Cette lettre dogmatique figure dignement à côté de celle du pape Léon le Grand contre Eutychès, Généralement approuvée par le sixième concile œcuménique (680), elle servit de profession de foi contre les monothéUtes, comme celle de Léon avait servi à Chalcédoine contre les monophysites.
V. Le pape Grégoire II (713-731) ne déploya pas une < Voy. Héfelé, Histoire des conciles, t. III,
moindre fermeté contre l'empereur Léon III, favorable aux iconoclastes. Il empêcha, au risque d'être déposé et au péril de ses jours, que l'édit impérial sur la destruction des images fût exécuté en Italie et à Rome. Il imposa, par sa dignité et sa prudence, à Luitprand, roi des Lombards, et prêta à saint Boniface, apôtre de l'Allemagne, un concours efficace. L'activité prodigieuse et universelle de ce pape énergique est attestée par la multitude des lettres qu'il écrivit à diverses personnes pour les grands intérêts de l'Eglise.
Les Lettres de ces papes se trouvent dans Thiel, continuation de l'édition de Constant, et dans les Collections des conciles de Hardouin, t. III, et de Mansi, t. X, XI et XII; Migne, sér. lat., t. LXXXIX.
§ 94. Premiers auteurs ehez les Francs et les Ciîerniains.
En l'absence de toute civilisation et de toute culture chez la jeune nation des Germains, au milieu des troubles sans cesse renaissants de l'émigration des peuples, bien des siècles devaient s'écouler encore avant qu'une nouvelle vie scientifique se développât au sein d'une population aussi mélangée que celle qui constituait ces nouveaux empires. Les premières traces d'un véritable progrès littéraire chez les Germains se trouvent chez Ulphilas, évêque des Gotlis, (mort en 383), et chez l'historien Jornandès (527-5G5), dans le royaume des Visigoths en Italie. Le premier est l'auteur de l'alphabet gothique, d'une traduction gothique de la Bible et d'une profession de foi. Tandis que sa traduction ne porte encore aucune trace de ses idées ariennes, sa profession se prononce énergiquement dans ce sens, en ce qui concerne le Fils et le Saint- Esprit. Et il dit à la fin : Ego Ulfila, episcopus et confessor semper sic credidi.
Jornandès, quoique issu des Alains, prend aussi la qualification de' Goth. Il fut d'abord secrétaire du roi, puis entra sans doute dans les ordres. Il débuta dans la carrière littéraire par un abrégé d'histoire universelle, Breviatio chronicorum, connu plus tard sous le titre de De regnorum et temponim successione ; ce n'est qu'un maigre extrait des ouvrages analogues d'Eusèbe, saint Jérôme, Orose, etc.; un travail qui semble plus important est un extrait, composé à la prière do son ami Castalius, d'un ouvrage perdu de Cassiodore. Il fut achevé de