AUTEURS LATINS. — S. GRÉGOIKE DE TOURS
551 à 552. Jornandès y donne une idée générale de l'ouvrage du célèbre homme d'Elat, De ori(/ine actibusque Getarum, en douze volumes. (Voyez EborL, op. cit., p. ^531, et Teuffel , op. cit., 3" éd., p. 1152.)
Les auteurs plus importants commencent avec :
I. Grégoire qui fut plus tard évêque de Tours. Il naquit vers 539, d'une chrétienne et noble famille de l'Auvergne, et portait originairement le nom de Georges Florentin. Son oncle Galle, qui devint évêque de Clermont, le fit élever et instruire en vue de l'état ecclésiastique. Promu au diaconat, Grégoire se mit à voyager et visita entre autres le tombeau de saint Martin de Tours pour implorer la guérison d'une maladie. En 573,11 succéda à Euphronius sur le siège épiscopal de Tours. Le poète Fortunat a célébré ce fait dans une pièce de vers enthousiastes. Après avoir longtemps affronté les injustices de plusieurs rois et les mauvais traitements d'une soldatesque barbare, il laissa en mourant la réputation d'un évêque accompli (594-595). Il fut bientôt honoré comme un saint.
Ses travaux littéraires, qui ne datent que de son épiscopat, commencent par l'histoire des miracles de son saint patron , De virtutibus et miracuUs sancti Martini (lib. lY). Ouvrages analogues : De gloria martyrum ; De miraculis sancti Juliani, martyris ; Liber de çjloria confessorum, consacré surtout à saint Hilaire de Poitiers, saint Martin de Tours, saint Rémi ; De vitis (DXIII) sanctoriim; De cursu stellarum qualiter ad officium supplendum debeat ob^iervari sive de cursibus ecclesiasticis\
Son principal ouvrage, \ Histoire ecclésiastique des Francs, ou Chronique, lui a valu le titre de nouvel Hérodote, de fondateur de l'histoire de France. Elle débute, comme la plupart des chroniques du moyen âge, par une revue de l'histoiro universelle depuis Adam ; mais dès la fin du premier livre elle arrive aux commencements de la conquête des Gaules par les Francs et à la mort de saint Martin. Les neuf livres suivants exposent la suite de l'histoire politique et religieuse des Francs jusqu'en 591. Le récit s'agrandit à mesure qu'il se rapproche des événements contemporains, et les sept der^
' Primuna: edidit Haase, VratisL, 1853.
nières années occupent seules quatre livres. On reçoit ainsi l'impression immédiate et impartiale des idées de l'auteur, impression d'autant plus vive que Grégoire dévoile sans pitié, déplore et censure les vices des grands et des petits avec une égale franchise. Cet ouvrage est donc la meilleure source à consulter pour la période mérovingienne. La forme, sans doute, est encore bien grossière; l'auteur avoue lui-même qu'il ne sait ni la gramrnaire, ni la rhétorique, qu'il confond les genres, emploie un cas pour un autre, ne s'entend ni à joindre ses propositions, ni à former convenablement ses phrases.
Opéra, éd. Paris., 1511, lol2. Edition critique, par Ruinart, bénéd., Paris, 1099; Bouquet-Dorubrial, Script, rer. gall., t. II; Guadot et Foranne, lat. et gall., Par., 1836 et 1837. Cf. Ceillier, t. XVII, éd. 2», t. XII; Lœbell, Grégoir.e de Tours et son temps dépeint surtout par ses œuvres, Leips., 1839; Migne, sér. lat., t. LXXI.
II. Isidore de Séville, le plus célèbre auteur du septième siècle, naquit à Carthagène, où son père Sévérien, qui y faisait les fonctions de préfet, le fit élever avec soin. Comme ses deux frères Léandre et Fulgence, dont l'un était évêque de Séville, l'autre de Carthagène, il entra dans l'état ecclésiastique. Il succéda au premier (600-001), et fut un des plus beaux ornements de son siècle par son talent d'administrateur autant que par son savoir. Il présida les conciles de Séville (619) et de Tolède (633). Sentant sa fm approcher, il distribua tous ses biens aux pauvres, et se fit transporter à l'église, où il mourut en demandant pardon pour ses péchés, et en recommandant à son peuple la charité et la concorde (4 avril 636).
Ouvrages d'Isidore de Séville.
Ces ouvrages embrassent la linguistique , l'histoire, l'archéologie, le dogme, la morale et l'ascétisme. C'est le résumé de toute la science de cette époque. Quoique l'auteur ne donne, le plus souvent, que des extraits d'anciens ouvrages païens ou chrétiens, dont nous ne possédons guère que des fragments, ses écrits n'en marquent pas moins un progrès extraordinaire chez les nations germaniques. Ce progrès est surtout visible dans les ouvrages suivants :