LES POÈTES CHRÉTIENS
Poetarum ecclesiastic. opéra, ex officina Aldinse, Venet,, 1 301 , 2 vol. in-i"; G. Fabricii Foetarum vet. Eccles. op. et fragm., Basil., 1564 (très-arbitraire); Poetœ grœc. christ.. Lut. Paris., 1609; Bivius, Collectio poetar.
^ Voyez notre Manuel d'histoire ecclésiastique, 9« édit., t. I. — » Guizot, Cours d'histoire moderne, leçon xxir.
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christ., PaLvis., 1624, in-fol.; Christ et Paranikas, Anthologia grœta carminum christianorum, Lips., 4871, in-4°. Dans les Prolegom., lib. I, De poetis christ, çjrœcis; lib. Il, De generibus carra, christ.; lib. III, Le rhythmicis legibiis carminiim byzant.; lib. IV, De arte musica byzantina, dont beaucoup a passé dans notre système de notation. Pitra, Hymnographie de l'Eglise grecque, Rome, 1867, in-4» ; i""« partie : sur l'hymnographie grecque en général et sur la formation d'un système métrique ; n« partie : développement historique. Vient ensuite le texte grec des offices pour les fêtes de saint Pierre ès-liens, de saint Pierre et de saint Paul, le 28 et le 29 juin, avec de nombreuses explications latines. Voy. Kayser, dans la Retue trim. de Tub., 1868. Les deux recueils suivants l'emportent de beaucoup sur les précédents; ils sont plus complets, la critique et l'interprétation meilleures : Daniel, Thésaurus hymnologicus, Hal., 1841 et suiv.; 2'= éd., 1863 et suiv.; .S vol. (le t. III contient les Grecs et les Syriens en original); Mone, Hymnes latines, Frib., 1853 et suiv., 3 vol. En guise d'appendice aux collections précédentes : P. Morel, Hymnes latines du moyen âge, Einsiedeln, 1866". Kayser, Anthologia hymn. lat., fasc. I, a iv ad ix sœc, Paderb., 186S. Comp. L. Buchegger, Commentatio de orig. sacrœ christianorum poeseos, Frib., 1827. Poésie chrétienne, dans le Dict. encycl. de la théol. cath. Rio, de la Poésie chrétienne dans sa matière et dans ses formes. Kayser, Appendices à l'histoire et à l'explication des hymnes de l'Eglise, dans l'introduction De metris hymnorum, Paderborn, 1866-1870, trois livraisons.
Il existe entre les arts libéraux et l'humanité régénérée par le christianisme un hen d'autant plus intime et profond, qu'il n'est pas le résultat d'un accident passager, mais de la nature même des choses. Aussi, dès les premiers temps du christianisme et malgré des obstacles de toute nature, la poésie chrétienne éclate et jaillit par un mouvement spontané et irrésistible. Bien plus encore que les poètes de l'Ancien Testament, les hommes qui avaient reçu le don de la poésie éprouvaient le besoin de célébrer la bonté et la magnificence du Très-Haut, l'incarnation du Verbe di\'in, les œuvres sublimes de notre rédemption, l'amour ineffable d'un Dieu, manifesté d'une manière si frappante : c'était là pour le poète chrétien tout un monde idéal, qui, en le transportant de la terre au ciel, offrait à son talent un but infiniment plus élevé. Aussi, c'est dans la
' Le docteur Kraus, dans ses Analeeta hymnologica {Revue trim. autrich. de Ihéol. cath., 1863), a montré tout ce qui reste encore à faire dauR rhymnologie chrétienne, tant pour les lacunes à combler que pour In. critique.
période même des apôtres qu'il faut chercher les premiers vestiges de la poésie chrétienne, et saint Paul atteste que des chants chrétiens existaient déjà en dehors des psaumes et des cantiques de l'Ancien Testament. Lui-même exhorte les fidèles à s'encourager mutuellement par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, et quelques-uns soutiennent qu'il a fourni, dans sa première Epître à Timothée, ni, 16, un texte à l'hymne suivante :
0£o; Ècpavepwôr, âv aapy.t Dieu est apparu dans la chair,
'E8ixatw6r) èv uv£U|j.aTi II a été accrédité par la force de
'Û<p6yi àYyÉ),oi? Il s'est révélé aux anges, [l'Esprit,
'Exripux^ri èv lOveoiv II a été prêché aux gentils,
'ETTiaTEûeYi èv x6<7(iai II a été reçu dans le monde,
■Av£),vi99ti èv 86lt;i. Il a été élevé dans la gloire.
Dans le Nouveau Testament, le Magnificat ou cantique de la sainte Yierge, le Benedictus ou cantique de Zacharie, le Nunc dimittis ou cantique de saint Siméon, ont évidemment servi de canevas à diverses productions poétiques.
Nous savons par le rapport de Pline à l'empereur Trajan (QS-1 17), qu'au commencement du deuxième siècle les chrétiens chantaient des cantiques : J'ai appris, dit-il, que les chrétiens avaient coutume de s'assembler un certain jour, avant le soleil levé, et de chanter alors un cantique en l'honneur d'un Christ, comme d'un Dieu, carmen Christo quasi Deo dicere secum invicem. Ces dernières paroles font sans doute allusion à un chant alternatif. La poésie et l'art païens, prêts à dépérir, furent sauvés par le christianisme, qui, en les animant d'un souffle nouveau, leur assigna une mission plus auguste et leur prêta un charme jusque-là inconnu.
La poésie chrétienne^ en se développant, se rattacha d'abord à la forme didactique, morale et apologétique de la poésie romaine et païenne de la dernière période ; mais la coutume que l'Orient avait empruntée à l'Eghse latine de chanter dans les offices religieux, ne tarda pas à lui donner une allure plus indépendante. Ainsi naquit, à côté de la poésie purement narrative et descriptive, une poésie M-ique dont saint Hilaire, saint Ambroise, saint Pauhn, Venance Fortunat, les papes Damase et Grégoire le (irand, allaient devenir les principaux organes. Ces deux directions sont surtout représentées par le poète Prudence.
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§ 96. Œuvres poétiques des Grecs et des Orientaux.
Parmi les poètes grecs, nous signalerons rapidement : Clément d'Alexandrie, les auteurs inconnus dont les œuvres figurent dans les constitutions apostoliques , Méthodius , Ephrem de Syrie, Isaac d'A.ntioche, Jacques de Sarug, Cyrollinas, Balseus, Synésius de Ptolémaïs, Grégoire de Nazianze, Amphilogue, Apollinaire, Nonnus de Panopolis, Paul Silentiaire, Georges de Pisidie, Sophrone, l'abbé Maxime, « les trois chantres sacrés : » Cosme de Jérusalem, Jean de Damas et Théophane, et enfin Joseph l'Hymnographe.
Pour donner un exemple sensible des progrès de l'hymnologie chez les Grecs, nous en citerons ici quelques fragments, en suivant l'ordre chronologique.
I. — Clément d-'Alexandrie (mort vers 217). Voy. ci- dessus p. 168 et suiv.
Déjà dans son AÔ70Ç iTpoTpsTT7f/.6<:, Clément prenait un accent tout poétique pour exhorter les Grecs à embrasser le christianisme. Il termine par cette hymne louchante le Pédagogue qui suit son Exhortation :
iTopitov 7tw).wv àôawv, Ilavayoûi; 7;oi'(jivyi; ■
ritspov opviôwv à7i),avà)v, *AXieû (jLepôuwv,
Oïa? vïiTtiiùV àxpïxri;, Twv (jwJJotiévwv,
IIoi[Ar|V àpvwv pa(3i)>ixwv. IIsXâYOu; xaxta;
Toù; (joù; àçeXeï; 'i'/,^^Ç à^voùi;
naîôaç âyeipov, Kû[Ji.ato; èxOpoû
Alvstv àytcùç, D.xjxepîi î^wri SîXeàî^wv.
Tixvsîv àSô),w; 'Hyoû, Ttpo66tT6ùv
'Axâxot; ff-ïôixadW Aoyixwv 7:ot(iyiv.
IlaîSwv ■^-{■fi'zoçKX XpiffTÔv. "Ayie, r;yoû,
BaCTtXeû àyîwv, Bolcù.z'j TcaîSwv àvEiri^wv.
Aôys ■Ka.wct\J.é.xtJiç 'iy-na Xpt<7T0Û,
IlaTpôç û'^tcTTOu, 'Ocloc oùpavîa,
loçîa; TTp'jTavi, Aôyo; àïvaoç,
STY)ptyjJ.a nôvwv Alwv au),ôTOC,
Altovoj^apé;, ^w; àioiov,
EpOTÉa; 7£V£âî 'E),£ou; ir/^yi^,
Stôtep 'Ir|(joû, 'Pextrip àpetÇi;.
IIOIIJLYIV, àpoTYip Le(j.v?i PtOT^
Ola|, crcQ(Aiov, 0£6v {((ivoOvxuv, Xputà 'Ir,iToû.
IltEpov ovpavtov râXa oùpiviov,
MauTtov yXuxEptôv
So^iaç TY]c (TYJ; Èx6).tê6|Ji£vov.
01 VYiTitaxot 'ATa>vOÎç cfTOfiaiTiv 'ATitaXWfxevoi
nveu[xaTi ôpoCTspt»)
Aîvovs àçeXeïç, 'Y(iv(jyç àTpexçï;,
Ba(Ti).£Ï XptiTw,
Zw?!? StSaxïii;,
MéXuw|i.£v ôjAoû,
MÉXirwiJLSV âitXwç,
IlaîSa xpaTepov.
Xopo; elpi^VYi;,
01 ypKTTÔYOvot,
Aaôi; CTwqjpwv,
TâXw|j.£v ôjxoû 0£Ôv eîpr,vY);
II. — Les hymnes suivantes, dont les auteurs sont inconnus, se trouvent dans les Constitutions apostoliques, liv. VIT, ch. xLvn et suiv. :
Kai ÈTTc TÔ; eipiQvri, 'Ev àvôpwuoii; eOSoxta •
AtVOÛ[X£V (T£, 'T(XV0Û[A£V (T£,
E-jXoyoûi;iv t£,
AoÇoXoYOÛ[X£V (TE, npO<TXyVOÛjX£V <T£,
Atà Toû ;x£Y*Xou àpxtepéw;,
là tov ôvxa 0EÔV ày^wriTOv £va,
"ATrpoaiTOV [j.6vov
Atà tYiv jj,£yâXYiv aoy 66|av,
Kûpte paatXEÛ luoupàvtE,
0££ ItOCTEp liaVTOXpàTOp,
KuptE Ô ©Sàî TtaTYjp TOÛ XplITTOÙ,
Toû à[jt,wiJ,oy à[Avou,
'G; aïp£( TYiv âiiaptiav -cou x6(7[i.ou •
IIpoffSE^ai -CYiv 2£r,(7tv r,[j.wv.
'G xaOyi[J.£voi; eut twv yEpovêij;.,
'Oti (7Ù [lovoç àyioç.
Sy [j-ovoç xOpioç 1t\(so\i XpKTToO
Toû 0£OÛ 7ïà(7YlÇ YEVVYITY)!; CpOlTEOJ;
Toû paffiXÉwç r,(j.tôv,
Al où COI 86?a, Tiixr) xal fféêaç.
Gloire à Dieu dans les hauteurs
Et sur la terre paix aux hommes de
Nous vous louons, [bonne volonté.
Nous vous bénissons.
Nous vous glorifions,
Nous vous adorons,
Par le grand Pontife
Vous le seul Dieu non engendré,
A cause de votre grande gloire,
Seigneur, roi du ciel,
Dieu, Père tout-puissant,
Seigneur Dieu, Père de Jésus-Christ,
De l'Agneau sans tache
Qui ôte les péchés du monde,
Recevez notre prière.
Vous qui siégez au-dessus des ché-
Car vous seul êtes saint, [rubins;
Vous seul le Seigneur de Jésus-
Le Dieu de toute la création, [Christ,
De notre Roi,
Par qui gloire soit à vous.
Honneur et adoration.