MÉDECINS
Vous êtes installé dans le logement que vous avez choisi; vos malles sont défaites. Commencez par vous reposer, au moins un jour, des fatigues de la route et de votre emménagement ; puis songez à votre traitement. Si vous m’en croyez, si vous avez souci de votre santé, gardez-vous d’user des eaux, d’en essayer même avant d’avoir consulté un médecin. On ne sait pas soi-même se rendre compte de leur puissance, de leurs résultats, comme aussi de leurs dangereux effets dans certains cas. Pour qu’elles puissent être appliquées convenablement, il faut de toute nécessité que l’état du malade ait été observé préalablement avec soin par le médecin; et cependant, quelques personnes commettent l’imprudence d’en faire usage avant d’avoir son avis. Cette précaution, ne l’oubliez pas, est indispensable. Pénétré de cette vérité, le savant Bordeu, qui sur cette matière fait loi, car plus qu’aucun autre il l’avait étudiée, et la connaissait, écrivait :
(( Quoique l’usage des Eaux-Bonnes convienne à beau- (( coup de personnes, je leur recommande bien de ne pas « les ])rendre sans le conseil d’un bon médecin, sur les (( lieux. Si chaque malade, entendant parler des vertus « merveilleuses de ce remède, prétend l’employer à sa fan- « taisie et sans être bien dirigé, il se trouvera certes fort « mal de l’abus qu’il pourrait en faire. Ce qui, bien em- « ployé guérit, devient un poison violent si on s’en sert in- « considérément. »
Que mes lecteurs me permettent de leur rapporter, à l’appui du conseil que je leur donne, et sur lequel j’insiste,
une lamentable histoire dont on conserve le souvenir à Bonnes. Puisse ce triste exemple leur ouvrir les yeux sur les suites d’une imprudence souvent fatale!
11 y a peu d’années, M. D..., de Paris, était venu dans ce pays, avec sa femme atteinte d’une affection de poitrine. Accoutumés au mode de traitement généralement adopté pour cette maladie, les adoucissants, les sirops de gomme, les pectoraux ; mal renseignés sans doute sur les effets du remède qu’on les envoyait chercher à deux cents lieues, ils croyaient, l’un et l’autre, que les Eaux-Bonnes étaient douces, bénignes, calmantes, et qu’elles ne pouvaient jamais être dangereuses; préjugé que traduisent quelques personnes par cet absurde axiome : Si les eaux minérales ne fmt pas de bien, elles ne font jamais de mal. Le mari, échappé pour quelques semaines à ses occupations, avait d’avance compté les jours de son absence, et fixé celui de son retour. Venus assez rapidement, ils avaient passé deux nuits de suite en voiture, pour ne pas perdre de temps. Arrivée vers midi, la malade n’était pas fatiguée de la route; elle était installée à son hôtel, et sa première sortie avait été pour aller visiter l’Établissement. Dans son inexpérience, dans sa conviction de la bénignité des eaux, elle trouva naturel d’essayer tout de suite, avant le dîner, un grand verre pur de la source. Jamais elle n’avait eu meilleur appétit. Après le dîner, forte, gaie, animée par le changement d’air, elle fit une grande promenade; les jours étaient longs, le temps chaud; avant de rentrer à l’hôtel, on repassa devant la source bienfaisante ; la digestion était faite, on pouvait bien boire un second verre, on gagnait de cette manière un jour sur le temps de son traitement. Quoique la nuit eût été un peu agitée, le lendemain, de bonne heure, on était sur pied, on se promenait, et pendant que
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le mari se rendait chez le docteur pour le prier de venir visiter la nouvelle arrivée, et lui communiquer la consultation des confrères de Paris, la malade prenait encore de nouveau un grand verre pur. Mais à midi, tout était changé; Lorsque le docteur Darralde se présentait chez D..., un vomissement de sang s’était déclaré. On lui expliqua tout naturellement ce qu’on avait fait sans l’attendre... 11 était trop tard, le mal était irréparable. La violence des eaux avait frappé sans retour cette organisation déjà chancelante, et de plus surexcitée par le changement de climat, par la fatigue d’un voyage fait précipitamment. Le lendemain la pauvre jeune femme avait cessé d’exister.
Si j’ai rapporté ce bien triste événement, c’est pour prémunir les malades qui me liront contre les dangers qui résulteraient pour eux de l’usage, quelque faible qu’il soit, des Eaux, avant d’avoir consulté un médecin.
D’ordinaire, on ne vient aux Eaux que muni d’une lettre de son docteur ordinaire, par laquelle il vous accrédite en quelque sorte auprès de son confrère le médecin de la Station Thermale. C’est donc vraisemblablement dans ces conditions que vous arriverez à Bonnes. En fût-il autrement, je ne voudrais pas prendre sur moi d’influencer le choix que vous êtes appelé à faire.
Bonnes, sous le rapport des soins médicaux, ne laisse rien à désirer. L’an dernier, six médecins, sans compter le sous-inspecteur M. Crouseilhes, se partageaient la clientèle ; c’étaient MM. Briot, Casenave, Manne, Mesnet, Pressât et Tairas. Encouragés par les belles recettes des années précédentes , il est plus que probable qu’ils viendront encore longtemps exercer, pendant la saison, leur art dans ces montagnes ; ce sera à vous de choisir si, je vous le répète, celui qui vous a dirigé vers Bonnes ne l’a pas fait pour
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VOUS au départ. Quel que soit le médecin que vous appelle- | rez, d’avance je vous garantis que vous n’aurez qu’à vous i louer de ses soins. Tous en effet joignent à une instruction ! médicale qui s’est formée, pour la plupart d’entre eux, dans '• les hôpitaux de Paris, une pratique thérapeutique locale qui leur a donné une connaissance approfondie des Eaux que vous venez prendre.
Deux années de suite, un de nos praticiens les plus distingués, digne élève d’un maître à jamais célèbre, et qui lui-même s’est fait un nom déjà grand dans la science,
M. Quéneau de Mussy, vint ici où il a laissé un de ces sou- | venirs que le temps grandit, loin de Teffacer. Conduit à Bonnes par le soin de sa propre santé que les Eaux ont heu- | reusement tout à fait rétablie, il s’y livra à une étude spéciale des maladies du larynx et de la gorge, dont le résultat fut la publication d’un livre justement apprécié dans le monde médical.
11 est encore un autre nom que tous les échos de ce pays 5 redisent à l’envi, un nom que celui qui le porte a fait grand par son mérite et sa science ; que Bonnes, qui lui doit sa renommée et celle de ses sources, ne prononce jamais qu’avec un sentiment de profonde reconnaissance : c’est celui du docteur Darralde. ;
Pendant trente ans médecin inspecteur de ces Thermes, j il n’a quitté récemment son poste que pour prendre un E repos momentané. Les Eaux-Bonnes, et avec elles tous ceux i qui ont connu le docteur Darralde, tous ceux qui doivent à son diagnostic si sûr, la conservation d’un ami, d’une épouse, ou d’un frère, tous ceux-là avec moi le voient déjà remonter plein de vie sur le théâtre de ses glorieux exploits; et avec moi aussi, j’en suis sûr, ils remercieront la Providence qui l’aura rendu à leurs vœux.
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Jardin anglais. — Avant de vous parler des vertus de la source à laquelle vous venez demander le rétablissement de votre santé, je veux suivre l’ordre logique et naturel de vos actions. Je vous mènerai donc en débutant sur la promenade que j’appellerai, ainsi qu’on la nomme, le Jardin anglais. S’il fait beau, aussitôt que vous aurez secoué la poussière de la route, votre première sortie sera pour la visiter; commençons par là.
Cette promenade, entourée dans son entier d’une barrière de bois peinte en vert, à peu près son unique ornement, longe à gauche toute la Grande rue; à droite, elle est séparée de la montagne par un chemin bordé de constructions récentes et sur lequel vient s’embrancher la promenade Horizontale. Le Jardin anglais prend son origine à l’entrée même du village, et s’arrête à la place qui règne devant les hôtels de Lavillette et d’incamps. Le sol est planté d’assez beaux arbres qui, à toute heure du jour, offrent aux promeneurs un agréable abri contre les rayons du soleil, terribles en ce pays. Une herbe maigre, qui n’a de gazon que le nom, couvre les rares espaces que les innombrables sentiers tracés en tous sens ont bien voulu laisser libres. Ajoutez quelques bancs placés en face de leurs hôtels par certains propriétaires, et vous aurez toute la somme des agréments du lieu. Pas le moindre massif de fleurs ou d’arbustes ne vient charmer les yeux et détruire l’effet fâcheux d’une pente constante.
Ne vous étonnez pas tant d’abord si ce terrain auquel la nature avait tout prodigué, verdure, ombrage et eau, n’est, pour ainsi dire, qu’un affreux cloaque, dans une partie duquel il faut marcher avec une extrême précaution. Quand on compare l’état d’abandon dans lequel on le laisse avec le soin apporté au bien-être dans les hôtels où vous logez.
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on a peut-être lieu d’être surpris ; mais je vais vous expliquer la cause de cette contradiction. La maison de chacun est à lui ; il en perçoit directement le produit ; il a intérêt à y réunir tout ce qui peut attirer et retenir les voyageurs. La promenade est à tous et n’est à personne. Pourquoi s’occuper d’une chose qui ne rapporterait .rien?... C’est un raisonnement égoïste, mais assez dans l’esprit béarnais, qui a inspu’é cette caricature où l’on voit, devant une maison en feu, un homme, les hras croisés, répondant aux reproches qu’on semble lui faire sur son calme dans un pareil moment... Bien vivant! mais ce n’est pas ma maison qui brûle.
Un autre motif de l’indifférence avec laquelle on traite cette promenade, qu’à peu de frais on pourrait rendre délicieuse, c’est que les Eaux-Bonnes ne sont qu’une dépendance d’Aas, pauvre petit village que je vous ai montré sur votre route. On y est à tort un peu jaloux du succès de la voisine, j’allais dh’e de la rivale, et pourtant on sait très-bien profiter de sa prospérité, dont on s’empresse d’emporter son morceau. Le conseil municipal siège à Aas ; c’est lui qui tient les cordons de la bourse, et jusqu’ici il n’a fait que trop rarement droit aux réclamations de Bonnes, qu’il s’agisse d’exécuter des travaux indispensables dans le Jardin anglais ou d’entretenir le chemin Horizontal et les autres promenades.
11 faut donc attendre qu’un étranger riche et charitablement désintéressé consente à faire exécuter à ses frais les améliorations qu’un pareil endroit comporte, et qui feraient en peu de temps du Jardin anglais de Bonnes une promenade tout aussi agréable que l’est à Vichy celle qu’on appelle le Parc: Si ce jour-là le conseil municipal est bien disposé, on peut espérer qu’il voudra bien ne pas s’y op-
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poser. C’est ainsi que les promenades Eynard, Jacqueminot, etc., etc., ont été tracées aux frais de ces généreux voyageurs, qui ont trouvé dans la reconnaissance des baigneurs la récompense des sacrifices qu’ils avaient faits dans l’intérêt général.
Après cette visite au jardin, vous rentrerez chez vous. Avant de vous coucher, et afin d’aider au sommeil, pour le hâter même, lisez les chapitres qui suivent; iis sont relatifs à l’histoire des Eaux-Bonnes, aux vertus, aux effets salutaires de sa source. Méditez quelques conseils que je donne sur les précautions qu’on doit prendre : ce n’est pas pour votre plaisir seulement que vous êtes venu et que vous restez dans ce pays; autrement vous auriez un singulier goût, et je vous plaindrais de ne pouvoir vous amuser ailleurs et autrement. C’est donc, je le suppose, en grande partie le soin de votre santé qui vous amène et vous retient. Eh bien, gardez-vous de commettre des imprudences pendant le traitement que vous allez suivre. Lisez maintenant, relisez plus tard les avis que me dicte mon tendre intérêt pour vous, et faites-en part à vos amis et connaissances en les invitant à acheter ce Manuel, qui ne doit jamais vous quitter si, pendant votre séjour à Bonnes, vous avez souci de votre santé comme de vos plaisirs.
Histoire. — Ancienneté des Eaux-Bonnes. — J’ai dit que les Romains avaient connu les Eaux-Bonnes. On me contredira... Tant pis; je persiste, et j’ai raison. Je n’aurai cependant pas le pédantisme de vouloir citer à l’appui de mon opinion Pline, Oribase qui vivait sous l’empereur Julien, Aétius, etc., etc. La découverte des belles mosaïques de Bielle qui, sans aucun doute, servirent à la décoration d’un grand établissement romain, soit temple, soit villa, soit maison de bains, indique suffisamment la pré-
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sence et le séjour assez prolongé de ce peuple dans la vallée d’Ossau. Maintenant supposerez-vous que ces lurons, grands amateurs, grands dénicheurs d’eaux thermales, qu’ils dépistaient à trente lieues à la ronde, et au pied des- | quelles ils ne manquaient jamais d’asseoir des construc- ' tions dont les traces se retrouvent partout ; admettrezvous qu’installés à Bielle ils n’aient pas flairé la source des Eaux-Bonnes ; ce serait là vraiment une chose impossible. Si de l’établissement qu’ils ont dû y former il ne reste rien, il faut l’attribuer à la rage destructive des Cantabres, qui, comme je l’ai dit au chapitre des antiquités I romaines dans la vallée d’Ossau, se sont fait un point d’honneur national d’anéantir jusqu’aux derniers vestiges I de leur esclavage momentané. Depuis cette époque jusqu’à ! la fin du xm® siècle, cette histoire, comme celle de toute la vallée, est enveloppée de ténèbres. Je n’en parlerai pas. | Dans le xiv® siècle, Gaston-Phœbus, souverain du Béarn, visitait les Eaux-Bonnes ; mais ce n’était ni pour boire à la source ni pour s’y baigner ; c’était un camarade préférant une bouteille de Jurançon, qui portait alors un autre nom, à un tonneau d’eau sortie d» la Butte du Trésor. Aïgues- Bonnes était un rendez-vous de chasse pour lui quand il allait poursuivre lesûsards sur le pic de Ger. J’ai trouvé dans un vieux titre que, moyennant trois écus, les ma- j
nants de Laruns étaient tenus, lorsqu’il venait en chasse, de I
nourrir et de loger sa meute composée de six cents chiens. | Quelle belle musique cela devait faire ! f
On rencontre encore une lacune de cette époque au règne de la gracieuse reine de Navarre, qui résumait en elle la gaie science, la science de la vie joyeuse; ce n’était pas aux isards qu’elle allait faire la guerre ; elle venait aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Chaudes chasser Tennui et l’éti-
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quette qui lui étaient imposés à sa cour. — Montaigne les aimait et en usait : il les appelait Gramontoises, de Gramont, nom d’une famille puissante du Béarn. Jean d’Albret, beau-père d’Antoine de Bourbon, qui se trouva avec François P’’ à la bataille de Pavie, donna aux Eaux-Bonnes le nom A’Eaux d’Arquebusade, à cause des bons elfets qu’elles produisirent sur les Béarnais blessés en Italie par des coups d’arquebuse. — Henri IV, dans sa jeunesse, se plaisait aux Eaux-Bonnes et aux Eaux-Ghaudes. Joubert et Larivière, célèbres médecins de son temps, en font souvent mention dans leurs œuvres : Fagon les conseilla à Louis XIV après qu’il eut subi l’opération de la fistule; mais des circonstances politiques mirent obstacle à ce voyage au moment où il allait s’effectuer.
« La difficulté des chemins et de la résidence empêche (( qu’elles ne soient fréquentées, quoiqu’on en dise assez « de bien, écrivait vers 1700 Lebret, intendant du Béarn, en (( parlant des sources d’Aïgues-Bonnes. »
Au commencement du xviii® siècle, Bordeu, célèbre médecin et enfant du pays, les tira de nouveau de l’oubli, et donna une autre direction à leur emploi en les appliquant à la guérison des maladies de poitrine. Le premier il en prescrivit l’usage intérieur dans les affections de cette nature. Inconnues avant lui pour cette spécialité, elles virent bientôt leur renommée s’étendre par toute la France et jusqu’à l’étranger.
En 1808, M. de Castellane, alors préfet des Basses-Pyrénées, sut deviner l’avenir de ces eaux, et n’hésita pas à consacrer des sommes considérables à ouvrir la route de Laruns à Bonnes. Non content d’avoir préparé les voies, sa sollicitude alla plus loin encore ; il sut y attirer, au moyen de ses nombreuses relations, l’élite de la société parisienne.
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et le succès de son œuvre n’a fait depuis lors que grandir. Avec quelques centimes additionnels j udicieusement imposés aux contribuables, on a doté le département d’un million de rente que chaque année les voyageurs y apportent en venant, et ne rapportent pas avec eux : leçon pleine de sagesse pour toutes les administrations ! Point de lésinerie, de mesquinerie; semez et vous recueillerez.
Heureux pays ! il ne te reste plus qu’à exploiter paisiblement, tout à ton aise, cette mine inépuisable de prospérité! Mais, de grâce, écoute le conseil amical que je te Ndonne. Fais violence à ta nature et à tes habitudes. Cesse de ne voir, dans ceux qui viennent t’enrichir, que des étrangers pressurables à merci ; n’éventre pas la poule aux œufs d’or; emploie un peu de ton argent à créer pour ces pauvres baigneurs, des promenades, des distractions, des amusements ; occupe-toi de leurs plaisirs ; c’est pour toi une affaire de conscience et d’intérêt.
Écrites il y a quelque dix ans, ces lignes ont reçu, hélas! depuis une triste confirmation. Après des saisons dorées où les pigeons voyageurs s’étaient abattus ici en masses compactes, et étaient repartis dépouillés de leurs plumes, grandes et petites, la réaction s’est fait sentir en sens contraire, et l’étranger, malade ou non, à qui il en avait trop cuit pour se guérir ou s’amuser à Bonnes, s’est informé s’il ne pourrait trouver ailleurs ce qu’il était venu chercher ici et avait dû payer si cher. A celui-ci, on a aussitôt indiqué Cauterets, à cet autre Saint-Sauveur ou Ems ; si bien qu’on a pu dire avec justesse et à propos de cette marée annuelle qui répandait la richesse en ce pays : j
Le flot qui l’apporta recule épouvanté.
Les habitants comprennent tous aujourd’hui la faute j
commise; l’imminence du péril leur a ouvert les yeux : ils confessent leurs faiblesses passées, et jurent d’être à l’avenir hospitaliers à meilleur marché. Moi qui, pas plus que vous sans doute, ne voudrais les voir pratiquer l’hospitalité comme en Écosse, ce qui est évidemment trop beau pour être nature, et se voit seulement dans les opéras comiques de M. Scribe, je ne puis que les encourager ici comme je l’ai déjà fait de vive voix, à persévérer dans ces sentiments d’intelligente modération.
Hôteliers, logeurs, marchands, ayez des prix modérés, vous vous rattraperez sur le nombre, et vousverrez encore, après tout, que les petits ruisseaux font toujours les grandes rivières.