HOTELS. — LOGEMENTS. - TABLE
Ici, je l’avoue, l’auteur est fort embarrassé. Il a entendu les uns faire l’éloge du séjour des Eaux-Chaudes ; d’autres en dire pis que pendre. En général, les touristes qui ont
écrit sur cette localité, ne l’ont pas traitée avec indulgence dans la personne de ses logeurs et maîtres d’hôtels. J’ai là sous les yeux le récit d’une petite station de huit jours faite aux Eaux-Chaudes par un Parisien. Il faut qu’il ait vu les lieux et goûté la cuisine dans une fâcheuse disposition d’esprit; il faut que la malheureuse carte à payer ait présenté un total bien monstrueux; car il n’est sorte de plaintes, qu’il n’ait consignées dans sa petite brochure. Ce n’est pas avec de l’encre, c’est avec du fiel qu’il a écrit. 11 dit presque qu’il a été écorché d’abord, empoisonné ensuite. Je n’aime pas les exagérations, et d’ailleurs je ne crois jamais que la moitié des choses. — C’est peut-être encore trop. — Heureusement jé ne mécontenté pas d’un avis isolé; je sais que qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. Dans mon enquête consciencieuse, j’ai obtenu des renseignements plus favorables, et que je crois bien plus justes, sur l’hospitalité des Eaux-Chaudes. Le guide anglais Murray, dont tous ceux qui savent l’impartialité de nos voisins et amis en matière de renseignements pour les voyages, ont pu apprécier la compétence, rend une justice selon moi beaucoup plus équitable aux hommes et aux choses de cette localité.
Quant à moi, voici l’opinion que je m’en suis faite, et que vous serez à même de ratifier ou d’improuver.
Le comfortable est inconnu dans le pays. En général, les maisons y sont basses, peu spacieuses, mal distribuées et incommodes ; elles ne sont pas tenues avec le soin et la propreté désirables ; les meubles qui les garnissent sont mesquins et insuffisants. Cependant il y a certains hôtels, tels que l’hôtel Baudot, l’hôtel de France tout récemment construit, l’hôtel de Londres, dépendance de -rétablissement thermal, où les touristes, comme les malades, trouveront
une hospitalité aussi convenable qu’aux Eaux-Bonnes. J’ajouterai que l’hotel Baudot, notamment, offre aux familles des appartements complets, qui, à moins qu’on ne soit trop difficile, ne laissent vraiment rien à désirer : chauffé par un
L’hôtel Baudot.
calorifère, pourvu de tapis dans les escaliers et dans les chambres, il a été adopté dans ces dernières années par la partie la plus fashionable des étrangers. Faites-vous montrer le livre où chacun en partant consigne, avec son nom, l’expression de sa satisfaction pour le service de l’hôtel, et vous y verrez les noms les plus considérables des aristocraties russe et anglaise. Cethôtel a le privilège des appartements de famille. D’ordinaire ce que l’on appelle un appartement composé de quatre pièces et d'un salon, varie de 16 à 20 francs par jour. A côté des hôtels, il y a les maisons
meublées de Larqué et de Gallon sur la route de Gabas, et de Bussy, de Souques, de Laplace, sur la promenade Henri IV.
Le prix d’un appartement est basé sur le nombre des chambres : dans le fort de la saison, le prix de chacune est d’environ 3 à 4 francs par jour (le bois de chauffage, quand il est nécessaire, s’y trouve compris ; jamais on ne le fait payer à part). Il faut dire que quoique ce soit là en général le taux des locations, dans certaines maisons on rencontre des exigences moins grandes. Au reste, il n’en est pas ici comme à Bonnes, où les prix dans les divers hôtels du même ordre sont presque uniformes ; aux Eaux- Chaudes, vous obtiendrez plus facilement des accommodements. Il n’est donc pas de règle générale. Suivant qu’il y aura plus ou moins de monde, que vous mettrez une insistance plus rigoureuse à discuter vos conditions, vous les obtiendrez plus ou moins favorables. On tient ici véritablement boutique de logement; on surfait, et on vend au rabais.
Il n’y a guère que deux traiteurs : Baudot, l’illustre élève de Gardères le propriétaire de l’hôtel de France de Pau, et le premier cuisinier des Basses-Pyrénées ; Baudot, qui soigne sa cuisine, non pas une fois par hasard pour un dîner de commande, mais chaque jour, parce que la cuisine est pour lui un art; et Soupé, le propriétaire de l’hôtel de France. Tous deux ont une table d’hôte, et portent dans les maisons garnies qui n’ont pas de cuisine. Les repas qu’on envoie au dehors, se paient d’ordinaire au plat et à prix débattu. Je ne puis sur cet article, vous le comprenez, vous indiquer rien de positif. La table d’hôte, chez Baudot, à laquelle je me suis assis plusieurs fois, et dont j’ai toujours été très-satisfait, se paie 5 francs, déjeuner et dîner
EAUX-CllAUDES.
compris : vous paierez 6 francs si vous préférez prendre vos repas dans votre appartement.