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AVENIR DES EAXJX-CHAUDES

Si j’en crois un de mes bons amis, dont le sens juste et droit, dont l’esprit observateur a, il y a vingt ans, prédit l’infaillible et immense succès des Eaux-Bonnes, les Eaux- Chaudes sont appelées à un pareil avenir, peut-être même plus brillant encore. J’ai foi dans son opinion appuyée suides raisonnements fort sensés, et sur une étude approfondie

des faits accomplis. Jusqu’à présent la nature, l’instinct presque seuls, ont amené aux Eaux-Chaudes les populations des environs. Des cures merveilleuses, des exemples fréquents, mais tous locaux, ont attiré l’attention des indigènes sur ces eaux à peine connues dans leurs résultats par les médecins de la capitale, auxquels il est besoin de preuves vivantes qui leur manquent encore. Cela se conçoit, car jusqu’ici peu de malades sont venus de Pans et y sont retournés, pour attester victorieusement l’efficacité des Eaux- Chaudes. Un jour viendra, et il n’est sans doute pas éloigné, où pour le plus grand bien de l’humanité et l’honneur de la

EAÜX-CIIàUDES.

vérité, quelque haut et puissant seigneur, dûment condamné par la Faculté, regagnera guéri ce Paris où se distribue la renommée. Envoyé ici, peut-être en désespoir de cause, et miraculeusement sauvé, il ira révéler l’inconnu aux docteurs qui, comme saint Thomas, aiment à voir ponr croire; il proclamera, par sa résurrection inattendue, la salutaire influence de ces sources auxquelles, pendant les XVI® et XVII® siècles, tant de rois, de reines et de princes vinrent demander la santé.

La construction du nouvel établissement, la thermalité des eaux rendue encore plus élevée et plus puissante par une distribution habile, les lumières des médecins inspecteurs et sous-inspecteurs, en voilà assez pour placer les Eaux-Chaudes au rang qu’elles méritent.

Mais pour que ces glorieuses espérances se réalisent, il faut que tout le monde y mette du sien ; il faut que chacun des intéressés, sortant de l’égoïsme un peu personnel que nous reprochons avec raison au pays, apporte à l’œuvre son contingent. Aussi dirons-nous à l’industrie privée : propriétaires de terrains, bâtissez des immeubles élégants et commodes, dans le genre de ceux que Bonnes a vus s’élever récemment; propriétaires d’hôtels ou de maisons, faites quelques sacrifices d’argent qui vous seront bien payés plus tard ; renouvelez les bâtiments, faites-en de commodes, de sains, d’aérés, changez ces vieux mobiliers qui ont fait leur temps; et que les visiteurs rencontrent chez vous le comfortable qu’ils sont habitués à trouver dans les autres établissements thermaux.

Au conseil municipal, nous dirons : tracez des promenades faciles pour vos malades; plantez-les, non comme vous l’avez fait en peupliers qui végètent et meurent, mais en arbres indigènes, en sorbiers, tilleuls, ormeaux qui se

eaux-chaudes.

plaisent dans votre sol; plantez, du pont Crabe au pont d’Enfer, plus loin même si vous le voulez, cette route qui n’est maintenant qu’une fournaise, et qui deviendra, avpc de l’ombrage, une délicieuse allée sous laquelle les baigneurs pourront prendre un exercice salutaire.

Agrandissez, nivelez, plantez aussi la promenade d’Argout; élevez des petits murs, mettez des parapets partout où il peut y avoir apparence de danger.

Mais surtout, propriétaires, conseil municipal, dépêchez-vous d’exécuter ces améliorations ; s’il le faut, attendez les baigneurs, mais qu’ils ne vous attendent pas ; en un mot, cessez de les éloigner par votre impardonnable

incurie.Alors je prédis aux Eaux-Chaudes, sans crainte

de me tromper, une ère prochaine de prospérité.

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