‹ Paul BaudryChapitre 4 sur 8 · V. — PORTRAIT DE M- X · texte numérisé non relu

V. — PORTRAIT DE M- X

(Musée du Luxembourg.)

Les portraits d'homme, de Baudry, sont tous remarquables ; ses portraits de femmes sont toujours supérieurs. Il avait l'art très rare de faire vivre avec intensité son personnage, comme en témoignage le beau portrait que nous donnons ici.

crayon à la main devant les vieilles enluminures, s'inspirer des chroniques anciennes. Malheureusement, ce rêve ne se réalisa point.

Il fut chargé du moins de peindre une Glorification de la Loi pour la salle de la Cour de Cassation et là encore fit preuve d'une richesse de tons égale à la richesse de l'invention. La médaille d'honneur au Salon de 1881 consacra la probité d'un art aussi aimable que savant.

D'autre part, il poursuivait son œuvre de décorateur en exécutant le Repas des Noces de Psyché pour le palais de Cornélius Vanderbilt à New- York (1882), la Vision de Saint Hubert, et le merveilleux Enlèvement de Psyché pour Chantilly. De nombreux portraits, outre quelques jolies scènes mythologiques en tableaux de chevalet, datent des dernières années d'une vie trop brève.

Atteint d'une maladie de cœur, Paul Baudry s'était retiré quelque temps à Fontaine-

bleau, auprès d'êtres qui lui était chers; Tadministration des Beaux- Arts avait gracieusement mis à sa disposition le pavillon de Diane.

Peu de temps avant sa mort, Eugène Guillaume le voyait errer sombre et préoccupé dans le parc. Il revint à Paris, dans un atelier de la rue Notre-des-Champs où il fut enlevé le 17 janvier 1886 à TafiFection de ses amis.

Théophile Gautier a tracé de Baudry ce portrait expressif : " Le peintre de la Perle et de la Vénus est d'une taille un peu au-dessous de la moyenne, mais bien prise et robuste... Sa tête énergique au profil découpé en médaille romaine, à Tœil vif et noir, est de celles qu'on n'oublie pas... Sa tenue est de la sévérité la plus correcte... Dans son extérieur, rien d'excentrique, de romantique, d'artistique : il réserve sa fantaisie et sa couleur pour ses tableaux et se contente d'être un grand peintre et un parfait gentleman. "

PAUL BAUDRY 5i

Sa correspondance (1844-1885) qui révèle un talent réel d'écrivain atteste sa bonté rare et parfaite qu'il voilait d'ordinaire sous une réserve assez froide.

Baudry n'est pas mort tout entier. Il vit glorieusement dans son œuvre.

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