‹ Paul Bert au TonkinChapitre 20 sur 46 · DISCOURS AU CONSEIL DES NOTABLES · texte numérisé non relu

DISCOURS AU CONSEIL DES NOTABLES

Monsieur le Résident supérieur vous a, en mon nom, à votre arrivée, souhaité la bienvenue ; je veux moimême, au moment où vous allez vous séparer, vous dire la satisfaction que m’ont donnée vos travaux.

En France, le gouvernement agit toujours d’accord avec les élus du peuple que lui donnent leurs conseils et connaissent les besoins des artisans et de ceux qui cultivent la terre.

J’ai voulu qu’il en fût de même au Tonkin ; c’est une grande preuve de confiance et d’affection que j’ai donnée au peuple Tonkinois. J’aime beaucoup ce peuple parce qu’il ressemble au peuple de France ; il est travailleur, amoureux de la famille, obéissant aux lois et soumis aux autorités.

Vous avez été élus régulièrement par des assemblées qui ont voté en toute liberté. Et depuis huit jours, vous tenez ici ur.e et deux séances par jour ; vous avez délibéré toujours avec calme et dignité.

Je suis très heureux des résultats de vos délibérations; ils sont sages et pratiques ; je ferai mon possible pour me conformer à vos justes désirs.

Pour les travaux publics, les digues, les routes, les 1 errai ns à remettre en culture, les maisons de trams à établir, la surveillance des lignes télégraphiques, vous m’avez donné d’excellentes indications. MM. les Résidents, d’accord avec les autorités annamites, sauront en tirer parti.

Pour les questions financières, j’ai vu avec grand plaisir que vous approuviez ma décision d’autoriser le peu-

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pie à payer en argent la part d’impôt qu’il payait en riz.

Vous vous êtes plaints à ce propos des grosses dépenses qu’entraînent la perception de l’impôt dépenses en partie inutiles et qui augmentent vos charges ; j’espère d’accord avec S. E. le Kinh-Luoc pouvoir vous donner satisfaction.

Vous m’avez également dit des choses très raisonnables sur la police et la pacification du pays. Les troupes de bandits bien armés qui pillent les pays voisins de la Chine sont chaque jour repoussées et détruites par nos soldats et par les tirailleurs tonkinois. Les villages, réduits à leurs propres forces, ne pourraient lutter contre elles. Il en est autrement pour les voleurs qui se groupent en petites troupes pour piller. Ceux-ci vous pouvez les combattre. Mais vous me faites observer avec raison qu’il ne suffit pas de punir les coupables, il faut encore récompenser ceux qui se conduisent bien ; vous demandez en outre que le gouvernement adopte les enfants de ceux qui ont été tués en défendant leurs villages. Ce sont là des idées très justes, et que j’essaierai de mettre en pratique.

J’en ferai autant, je le dis en un mot, pour vos autres vœux Je répète qu’ils sont très sages, très raisonnables.

Et vous avez droit d’être fiers des résultats de votre première réunion. Dans quelques mois je vous appellerai de nouveau.

Vous allez retourner dans vos villages. Dites bien ce que vous avez vu ; la paix régnant et l’amitié dans cette grande ville d’Hanoï, enrichie par votre présence, entre les Français et les Annamites. Dites bien que vous avez dit et fait ce que vous avez voulu dans vos délibérations auxquelles je n’ai pas assisté, non par indifférence mais pour vous laisser toute liberté ; et que désormais le peuple Tonkinois, pourra par votre intermédiaire, à chacune de ses sessions, faire ses observations sur les choses qui se passent.

Dites encore que le Résident général vous a reçus en amis, ami qu’il était lui-même du peuple Tonkinois tout entier; qu’il veillera à ce que vos institutions politiques,

vos libertés communales, vos religions quelles qu’elles soient, vos propriétés, vos personnes soient protégées et respectées.

Dites enfin que la France ne vous abandonnera jamais, et quelle veut assurer la paix et la prospérité de ce pays. Ceux qui vous excitent contre elle en se disant les défenseurs de l’autorité du Roi d’Annam, sont des imposteurs, car le roi d’Annam, qui m’honore de son amitié personnelle, marche avec la France la main dans la main. S. E. le Kinh-Luoc est là pour vous dire que les seuls ambitieux, les ennemis de la paix publique et de leur pays peuvent parler autrement.

Je vous dis adieu jusqu’à notre prochaine réunion et je souhaite que le vent du printemps souffle sur vos demeures.

ARRÊTÉ FIXANT LES SOLDES INDEMNITAIRES ET LES PEN- SIONS DE RETRAITE DES FONCTIONNAIRES DU PROTEC- TORAT.

Le Résident général de la République française en Annam et au Tonkin, membre de l’Institut,

Vu l’article 3, paragraphe 6, du décret du 27 janvier 1 886 ;

Le Conseil du Protectorat entendu.

Arrête,

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