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PREMIERES INFLUENCES

Pendant cette période, une influence littéraire, une grande passion pour la nature, alimenterent l'4me de Paul Cézanne. L’influence littéraire provenait de son amitié pour Zola, qu'il rencontra sur les bancs du collége Bourbon et avec qui, malgré la différence d’age, il se lia étroitement. Remarquons, a propos de l’ascendance de Marie, plus jeune que lui et de celle de Zola plus en retard dans ses études, ce lien affectueux qui s’établit, chez les timides et les sensibles avec ceux qui, des les débuts, leur sont inférieurs ou plus faibles.

La nature se révéla a Cézanne et l'enivra pendant les courses qu'il faisait avec Zola et d'autres amis dans les environs de sa ville. Belles heures de liberté et de santé, dont le souvenir, comme un réve doré du Midi, devait le poursuivre plus tard dans le fracas de Paris et qu'il ne put apaiser qu'une fois retiré définitivement a Aix. Pendant ces courses, il fait la connaissance des grands poétes romantiques, lus ou prétés par Zola. Par la méme occasion, il découvre les peintres classiques et manifeste bruyamment sa préférence pour les grands coloristes, ses comperes, Véronése et Rubens. Des perspectives illimitées s’ouvrent a l’exaltation de cette jeunesse.

Il semble aussi qu’a cette époque Cézanne apprit un peu de musique. Quelques camarades avaient organisé une fanfare au collége; Zola y jouait de la clarinette et Cézanne du cornet a piston. Ils participaient ainsi aux processions religieuses, qui

étaient célébres A Aix et dont la tradition fait remonter l’origine a René d’Anjou... Et on dit aussi que Cézanne composait alors des vers, comme ses camarades poetes. Plus tard, quand il suivait les cours de la Faculte de Droit a Aix il s'adonna, avec beaucoup de sérieux, a une ceuvre non de poete, mais de versificateur, en transcrivant en de courts versets nemotechniques les articles des Codes francais. Ona conservé de lui, a d’autres époques de sa vie, quelques bouts rimés, généralement pleins d'une savoureuse truculence. On ne sait rien, par contre, de ses aventures musicales, sauf la louange qu'il fit des orgues mécaniques. « Au moins ceux-la réalisent! » dit-il une fois en employant ce verbe préféré que sa probité artistique avait adopté pour mieux exprimer ce désir d’observer, si opposé a la peinture subjective et improvisée de la « fin de siécle » et, en particulier, a la peinture impressionniste, pour exprimer aussi l'idéal que lui-méme ne pouvait atteindre que partiellement au prix de grandes souffrances et pour lequel il devait lutter toute la vie.

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