‹ Paul CézanneChapitre 30 sur 65 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Cependant, cet arrangement parisien n’est pas de longue durée. Cézanne, Cézanne lui-méme qui avait tant attendu ce jour et s’en réjouissait tellement, n’en n'est pas dés l’abord satisfait. Il a, a Paris, la nostalgie d’Aix. Zola qu'il fréquente

dans ce nouveau milieu lui semble un moins bon camarade qu’avant; cet homme timide n’arrive pas a se lier avec les gens de Paris et sa trop vive méfiance empéche les relations durables. Toujours est-il que Cézanne revient a Aix et soumis, comme d’habitude, a la volonté paternelle, qui considére l’aventure artistique terminée, s'attache au dur labeur de banquier. En voila pour quelque temps. De cette période, il reste a Aix quelques compositions, dans lesquelles, en secret, Cézanne, commis de banque a ses heures, satisfait sa vigilante passion; au Jas de Bouffans, les murs sont restés pendant longtemps décorés de grandes peintures de cette période.

Mais Cézanne revient, a la fin, a Paris, retrouve a nouveau Zola, fréquente d'autres peintres et commence a faire partie d’un groupe; dans ce premier contact avec les milieux artistiques de la capitale, il trouvera Pissarro qui n’est pas encore l'impressionniste que connaitra la postérité et qui, malgré quelques divergences théoriques, esthétiques et sentimentales, sera aux cétés de Cézanne pendant toute la vie. Désireux d’achever la conquéte de sa famille par quelques triomphes décisifs, Cézanne se présente a l’examen de 1’Ecole officielle des Beaux-Arts; il y est, pourtant, refusé. Cet échec le fait se lancer éperdiment dans le romantisme. I -connait maintenant parfaitement bien les peintures de Delacroix qui, par oui-dire et par les reproductions, avaient halluciné sa jeunesse; les compéres Rubens et Véronése continuent a lui donner des lecons dans l’immortalité de ces Musées, qu’il étudie passionnément.

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