‹ Paul de Saint-VictorChapitre 77 sur 82 · SON CABINET · texte numérisé non relu

SON CABINET

le Cabinet du roi, elle a fait partie, sans doute, de la vente ordonnée par arrêt du Conseil, en date du 6 mars 1717, après la mort du donateur. Ce panneau avait malheureusement perdu, dans unécurage trop consciencieux, le duvet de sa patine, et le bois fendu avait été mal rejoint.

Mais nous n'avons pas à faire ici la critique d'un cabinet maintenant dispersé. Les experts, MM. Ferai et Mannheim ont mis en vente, à l'hôtel Drouot, les pièces qui le composaient, les 23 et 2-i janvier 1882. Le Portrait de Clouetfut adjugé, pour 10 900 francs à M. Fichel. Un tableau fort intéressant, représentant un Seigneur et sa Femme, par Lucas Sunder, dit Cranach, fut acquis, au prix de 3 800 francs, par M. Baur. Une Bergère de Weenix fut achetée, pour 4000 francs, par M. J. Pcrcire. M. Fichel acquit une Prédication par Hubert Robert, pour 2880 francs et un Pont de Guardi pour 3050. Un Saint communiant fut payé 580 francs par M. Donnât. Enfin une aquarelle de M.Eugène Lami représentant la scène des Mémoires de Létoille, introduite par Paul de Saint-Victor dans le

Roger de Gaignières vendit ses tableaux au roi. Ils furent donnés, avec réserve d'usufruit. Voir la Gallia chrizliana et le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale, par Léopold Delisle (3 vol. gr. in 4°, Paris, Imprimerie impériale, 1808 : — Art. Gaignières, t. Ier, p. 3ôlj.

chapitre sur HenrilIT de Hommes et Dieux : * Le dimanche 5 avril, le roi fut à la procession portant le cierge allumé » fut adjugée, au prix de 3 800 francs, à M. Guilhiermoz. Cette aquarelle a été gravée heureusement à l'eau-forte par M. Lalauze.

Disons bien vite, pour n'y plus revenir, que cette collection fut vendue dans des conditions très défavorables. On l'avait entendu vanter si souvent que, ainsi que la collection de Théophile Gautier, elle avait la réputation d'être hors ligne. Elle s'ouvrait si difficilement devant les visiteurs, qu'on la connaissait à peine. L'exposition publique, sous le jour froid et dur d'une salle de l'Hôtel des ventes, produisit une assez vive désillusion. Beaucoup d'attributions d'auteur étaient contestables, sans doute; mais il en est toujours ainsi quand il s'agit de tableaux sans caractère très défini et qui datent d'une époque lointaine, dans laquelle les peintres négligeaient de signer leurs ouvrages ou avaient adopté timidement un monogramme ou une marque souvent discutaille. Enfin la vente fui commencée au lendemain de la débâcle fameuse de V Union générale qui jetail un grand trouble dans beaucoup de fortunes et qui inquiétai! assez les porteurs de litres -même ceux qui avaient échappé au crack — pour qu'ils pensassent à toute autre chose que l'aire

sa BIBLIOTHÈQUE. 331

leur salut en achetant des scènes religieuses peintes par les primitifs.

Gomme le bibliophile Jacob avait fait une préface pour le Catalogue de la Bibliothèque, M. Arsène Houssaye écrivit quelques mots d'introduction en tôle du Catalogue des Tableaux et des Objets d'art. La vente des tableaux produisit 86446 francs, celle des objets d'art 18 576 francs; ce qui forme un total de 105 022 francs.

Après le grand salon, tout couvert de ces reliques de la peinture, venait, en enfilade, une pièce, beaucoup plus profonde que large, dont les quatre murs étaient cachés, du haut jusqu'en bas, par des rangées de livres doubles et triples en profondeur. Il y avait là peu de reliures et l'aspect n'était pas de ce ton chaud, varié mais harmonieux, que donnent aux bibliothèques les vieux dos de veau fauve, les vélins jaunis d'Italie, les Biadel, et les maroquins aux petits fers1.

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