PAUL , RICHARD
Richard se promène avec agitation; Pool sort de la maison à droite.
PAUL, sans voir RichariL Tout est prêt...
Pauline n’attend que l’heure du départ...
RICHARD , à lui-même, avec humeur. Ab!
je donnerais un mots de ina solde pour pouvoir chercher querelle à quelqu’un.
PAUL , apercevant Richard. El» bien !
qu’y a-t-il donc?...
RICHARD , lui prenant le bras vivement.
Il y a , il y a....'.
paul, vivement. Ah! vous me faites mal !...
RICnARD , apres l’avoir regardé. Ah ! ah !
ce ti’esidottc pas encore fondu?
PAUL , étonné . Fondu ?
Richard. Oui , ce grain de sel que noua
avons reçu ce matin?...
PAUL, vivement , à part. C’était du sel !..
C’est donc ça que ça me pique tant !
Richard, avec reproche. Comment f monsieur , vous êtes-vous exposé à être blessé ainsi ?
paul. Parrain , en grimpant h un espa- „
lier...,.
RICHARD, de même. Et pourquoi, s’il vous plaît , vous livriei-vous À cette gymnastique de lézard?
PAUL, avec embarras. C’était... dam!...
richard , plus animé. C’était je le
sais moi !... Comment, monsieur , il
y a un mois vous courtisiez la petite Marie ; depuis on vous a vu embrassant Louison , et maintenant vous ne craiguez
P as de compromettre mademoiselle de Ecluse, la sœur de votre ami... vous êtes un vaurien !
PAUL , vivement. Parrain !...
richard. Un vaurien ! On ne se joue pas ainsi de l’honneur des familles !
PAUL. Vous vous trompez , parrain. Je respecte trop mademoiselle Hyacinthe pour jamais la compromettre... et... afin que vous n’en doutiez pas , je vous avouerai que c’est... que c’est pour Marguerite que j’ai été atteint.
Richard. La prétendue de Bertrand ?
Trois passions?..
PAUL , g aiment. Parrain . je n’ai pas cru mal faire, en marchant sur vos traces.
Richard , à peut. Que le diable l’emporte ! ( Haut. ) C’est bien de ça qu’il s’agit... je suis dans un embarras ( avec
reproche ) et pour vous !...
PAUL. Quoi donc?
richard, très-animé. Quoi !... quoi!
tenez ! lisez ça. ( Il donne la lettre à l*aul , et va s’asseoir à droite.) Que faire! mou Dieu ? que faire ?
PAUL , après avoir lu , avec explosion de joie. Dieu ! il serait possible ! I empereur a parlé de moi. . . il se charge de mon avancement... Soldat! je serai soldat! ( Allant à Richard , en sautant de joie.) Ah ! parrain, quel bonheur!
richard, se levant. Comment , drôle, tu vois la peine où je suis , et tu as l’infamie de te réjouir!...,
PAUL. Eh bien ?
RICHARD. Et votre grand’mère qni vous aime, qui vous chérit, qui nerespire que pour vous, monsieur, que deviendra-t-elle si vous partez?...
PAUL , g aiment. Parrain , il y a un raisonnement bien simple à lui faire... Ma sœur lui reste...
Ai» de Turenhr.
Va sortir est donc*, elle «•*! jtêoliU* aiinaUe; C'est an cœar <Tnnge. un r»; rit de lutin;
Tandis que moi je suis un sac h diaMc,
A*°. taàt au pin*, à donner du chagrin.
Et si le sort fait que je meure,
Ma grand' maman nr perdra presque rien,
Puisque des deux (>arU de son bien Elle aura garde la meilleure.
ricuahd. C'«t vrai?... mais elle ne serait pas convaincue... elle tomberait malade , et le chagrin la tuerait.
PAUL, s'arrêtant taul+à-coup, rt avec amc.
Oh! parrain, plutôt renoncer à tous mes rêves d’avenir et de gloire que de lui conter une larme pauvre bonne grand’
mère... oh! non, non, je n’irai pas à Pa ris.
RICHARD, lui pressant la main. C’est bieu. . . c’est très-bien, enfant !... très-bien! {Après un silence.) Mais l’empereur ?..
Paul. C'est vrai, l’empereur!
RICHARD, s'animant. Il ordonne que tu partes... Refuser de prendre les armes quand l’ennemi est à nos portes!
PAUL, de même. C’est impossible !
richard, plus fart. Impossible!
PAUL, de même. Ce serait une lâcheté!
RICHARD , plus fort. C’est presque une désertion. .. c est se déshonorer !.. il faut partir!..
PAUL, avec exaltation. Et je me distinguerai, parrain.
richard» avec enthousiasme. Et tu te distingueras, oui !
PAUL. Je me battrai comme un lion.
richard. Oui, et tu reviendras {avec cn~ thousiasme ) avec la croix !
paul, de mime. Avec la croix !.. oh ! la croix, quel bonheur!
JUCHA ni), qui est redevenu pensif Oui, niais grand’ maman L.
PAUL, tristement. Àtf! oui... grand’ maman. .
richard. Il faut rester.
paul. £3» bien! oui, mais l’etnpereur...
richard, uoec humeur. C’est juste, l’empereur... (Aitec force.) Tu ne peux pas te dispenser de partir.
paul, désolé. Partir et rester en même temps...
Richard, remontant. Ah! corbleu, corbleu !..
RAUL. Afcl ventrebleu! saereblen !..'* richard. Ab! voilà M de l’Ecluse et sa sœur.
RAUL, à part. Hyacinthe !.. je ne veux pas la voir, après notre entrevue de ce malin-clans le parc, je ne veux pas lui parler, j il fait un nmaBcBt pour sortir. j
* Richard, Paul. I
riciiard. Eli bien! tu me laisseslà?..
TAUL. Oui, parrain... je vais mettre les paquets de Pauline dans le cabriolet.
riciiard. Tu n’as rien imaginé... qu’allons-nous faire ?
PAUL, avec résolution. Si j’étais le maître, allez, je sais bien ce queje ferais...
R1CHIRD. Quoi 1
Raul, pleurant a moit'c. Je pleurerais, mais je n’ose pas!..
RICHARD, avec reproche . Et tu veux être soldat ?
PAUL, avec colère et en frappant du pied .
Puisque je ne le suis pas, sacristi !
11 entre dans la maison, à droite.
RfCn.ARD, seul un instant , avec humeur.
Nous voilà bien avancés!., j’ai eu une heureuse idée d’écrire à cet imbécile de Costel !..
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