SCENE XV
BERTRAND. RICHARD, arrivant parla
droite, d’un air mystérieux et avec joie.
richard. Allons, allons, tout va bien,
les voilà partis Le cabriolet est en
route ; Paul et sa soeur vont faire le tour du parc. J’ai éloigné tout le monde; je u’ai plus que cet imbécile à consigner; et dans un instant nos jeunes gens vont rentrer par la petite porte du jardin (il l'indique à gauche ). (A Bertrand avec beaucoup de brusquerie.) Eli bien ! paresseux, tu restes là quand de Rénac a besoin de toi!
BERTRAND , descendant la scène. Ali!
mon commandant... vous avez l'air de bonne humeur... Il y a quelque chose qui m'intrigue beaucoup depuis quatre jours; j’y pense continuellement.
RICHARD. Quoi?
BEurnAND. Mon commandant, si c'est un effet de votre bonté, quel âge donc que vous avez ? sans vous commander.
RICHARD. Quel diable d'intérêt prendstu à mon âge? J’ai cinquante-sept uns.
BERTRAND, très-surpris. Que ça?
RICHARD, le repoussant avec force. Ah çà!
animal, j'ai donc l’air d’un octogénaire à présent ?
BERTRAND. Non , mon commandant ; mais c'est que l’autre jour, à dîner, vous disiez à madame que vous aviez icçu la croix à l’époque de la création.
RICHARD. Èh bien?
Bertrand. J'ai demandé au père Baauoy ce <jue c’était que Ip création : il m’a dit que c'était Adam et Eve, le serpent et tout ce qui s'eu suit.
RICHARD, avec emportement en le poussant par les épaules. Imbécile! va- t'en, va-t’en, lu ne peux pas ouvrir la bouche sans dire une balourdise.
Bertrand *. Je m’en vas, mon commandant.
ricii ard. Et dès que tu auras fait ce que M“* de Rénac t’aura ordonné, retiens bien ceci...
Bertrand. Oui, mon commandant.
Richard. Tu resteras dans l’antichambre, tu u’eu bougeras pas que je ne t’appelle.
Bertrand. Oui, mon commandant.
Richard. Tu entends?
Bertrand. Oui, mon commandant.
RICHARD. Va-tVu!...
* Richard, Bertrand.
Bertrand. Oui, mon commandant. (A part en sortant.) Il cache son âge, cet homme-là. .. c'est une grande faiblesse qu’il a.
Il entre dans la maison dont il ferme la porta.
SCENIi XVI.
RICHARD, seul.
Tout en parlant il va & la porte dn jardin à gauche, il l’ouvre.
Maintenant que j'ai éloigné tous les éclaireurs, nous pouvons manœuvrer en sûreté. ( L’orchestre exécute en sourdine un trémolo qui doit s’enchaîner avec le final.') Les voici, bon! {A Paul.) Eh bien?