PAUL ET
Pauline. C’est bien, c’est bien !.. dites alors tout simplement que vous l’aimez.
BKRTR %ND, après u voir fuit un geste d'assentiment. Je m’en rapporte.
PAULINE, écrivant. «Je vous aime. »
Bertrand. Mais je la tutaye, je la tutaye;je la connais de haute deçà... {lt indique avec la main une hauteur de deux pieds; dictant. ) « Je t’aime... ta mère vaut mieux » que ton père, étant pour moi... »
PAULINE. Mais c’est inconvenant... Tenez, monsieur Bertrand, laissez-inoi écrire, je sais ce que vous voulez dire.
BERTRAND, après avoir fait un geste tf assentiment. Je m’en rapporte.
PAULINE, écrivant en lisant. « Je vous » aime depuis long-temps, vous le savez. »
Bertrand. Douze de juin , douze de juin!
Pauline, lisant. « Tout mon bonheur
• serait d’obtenir votre main, et si votre » cœur ne ine repousse pas, je vais avec
* votre aveu m’adresser à M. votre père!»
Bertrand, riant. AM. votre père... ah
bien! elle va rire... si vous auriez mis le père Baquoy , elle aurait peut-être mieux compris.
Pauline. Cela ne se fait pas.
bertrlnd, même jeu. Je m’en rapporte, ça flattera fièrement le père Baquoy, tou* jours, que je l’appelle M. votre père
PAULINE, continuant de lire. «M’adresser » à M. votre père, afin d’obtenir son assen- » liment à notre union. J’attends votre ré- » ponse, et je serai toujours, ou le plus » affectueux des époux, ou le plus rcspec- » tueux des serviteurs. Bertrand. »
Cela vous convient-il ?
BERTRAND, frappant du pitd. Ah ben !
en v’ià une lettre salce!.... Ah ! monsieur Paul... mon brave monsieur Paul !..
et dire que vous avez dicté cette lettre-là... tout de suite. . . sans chercher. .. ( U remonte la scène. ) On vient... pliez ! pliez... faut pas qu’on save... ( Puuline plie la lettre ; à part. ) Eu lisant une lettre comme ça, faut qu’elle m’épouse, elle ne peut guère faire autrement.
PAULINE, lui remettant la lettre. Tenez.
Bertrand. Et vous continuerez de l’embrasser, n’est-ce pas ?
Pauline. Oui, oui.
Bertrand. Oh ! merci, c’cst pour tisonner un peu sa gaîté, voyez- vous!
On entend parier au dehors.
PAULINE. C’est bieu, c’est bien... j’entends bonne maman.
Bertrand. Avec le commandant , je nie sauve.
Il sort vilement |> n le fund à gauche.