HYACINTHE, PAULINE
PAULINE, à part. Ailons, à l’autre à présent! r
h Y acintiik , avec timidité. Savez-vous, monsieur Paul , qu’il a fallu une circonstance Lien impérieuse pour me décider à inc meure dans la position où je me trouve ici avec vous?
Richard, Pauline, Hyacinthe, Leon.
PAULINE , à part. Et moi donc ? si elle croit que je m’amuse !...
HYACINTHE. Vous voulez donc vous battre avec mon frère , monsieur Paul?
Pauline , à part. Tâchons d'ètre un peu mâle. ( Haut.) Mademoiselle, votre frère m a insulte. .. {Arrangeant soncol avec importance ) vous sentez que jc ne puis pas passer pour un lâche.
hyacinthe. Est-on déshonoré parce qu’on ne veut ni tuer un ami , ni être tué par lui ?
PAULINE , se donnant des airs masculins.
Mademoiselle, votre sexe n’entend rien à ces choses-là... (elle se promine d’un air important ) rien du tout !
hyacinthe. Et c’est vous , monsieur , qui voulez ce duel , vous dont la conduite envers moi a causé la colère de mon frère!
PAULINE , aoec impatience. Ma conduite, ma conduite; mais qu'ai-je donc fait ?
ïimacintiie. Comment, monsieur , vous 11e vous rappelez plus ce qui s’est passé le jour du départ de votre sœur ?
PAULINE , embarrassée. .Confusément, oui... je...
hyacinthe. Le matin même, au lever du jour, vous étiez dans notre parc.
Pauline , étonnée. Dans votre parc ?...
Oui
hyacinthe. Vous saviez m’y trouver, et au détour d’une allée vous vîntes vous jeter à mes pieds
PAULINE, la rr gardant avec étonement.
A vos pieds !... (À part. ) Ab ! mon Dieu !
( Haut. ) Oui...
HYACINTHE. Que me dites-vous alors ?
PAULINE , même jeu. Mais...
HYACINTHE. Mais répondez donc !
PAULINE , embarrassée. Je vous dis
,na je ne sais j’étais , j’étais
fort emu , comme vous pouvez croire.
HYACINTHE. C’est vrai !
PAULINE, virement. Oh! n’est-ce pas?
et alors... je vousdis... mille choses. . . ce que je me rappelle le mieux , c'est que je tombai à vos pieds , et que j’éiais fort «““v-v ( Spart. ) Qu'est-ce que Paul a pu luidiredans une pareille posture!.. .
Hyacinthe. Et ces baisers surina main.
Pauline, à part. Paul l'aime donc ?
HYACINTHE. Et cette prière de garder le sileuce sur votre témérité
PAULINE. C est que... j’avais peur qu'on ne le sut voilà pourquoi...
Hyacinthe. Escalader un mur!... et si l’on vous avait surpris....
PAULINE, cherchant à se donner de l'aplomb. Que voulez-vous ! ( A part.) Je n'y comprends rien du tout , c'est du grec
hyacinthe. EL bien ! monsieur , le père Baquoy vous a vu ! et par son indiscrétion , mou frère a appris voire amour.
PAULINE. Mon amour ?
hyacinthe. Et cela, au moment où Léon était sur le point de me marier. Pauline. Vous marier ?
hyacinthe. Oui , monsieur, dans Luit jours je dois être la femme d’un autre.
Pauline , à part . Dans Luit jours!...
Ah ! mon Dieu !... Plus de doute , Paul l’adore ! et en son absence on la lui ravirait?... non, je ne dois pas le souffrir , ( Haut , trcs-vivement et cherchant à prendre te ton d’un garçon. ) Hyacinthe ! les apparences m’accusent ; mais mon coeur est à vous.
HYACINTHE. Quel langage !
PAULINE, de même. Des motifs très-
graves m’ont empêché de me déclarer
ouvertement (avec passion) mais je
vous en conjure , n'épousez pas ce monsieur, ou vous ferez mon malheur, ( avec entrainement. ) et si vous autorisez ma conduite, eh bien! je ferai tout au monde pour vous prouver que je ne suis pas un trompeur , mais un bon jeune homme , rempli d’amour et des plus brillantes qualités !
hyacinthe. Mais cet éloge...
PAULINE , de même. Je sais bien que dans ma bouche il peut paraître suspect ; mais c’est que c’est si vrai !
hyacinthe. Et si je vous crois, vous ne vous battrez pas avec Léon ?
Pauline. Grand Dieu ! mais je ne demande pas mieux.
hyacinthe. Paul , tenez, ce inot-là vaut tous les autres! et vous m’aimerez bien vrai ?
PAULINE, avec transport. Toujours!
comme une sœur , ( se reprenant ) comme le plus tendre des époux... et en voici la preuve.
Il loi »aute au con, tandis que Pauline tient Hyacinthe embrassée, tout le monde paraît.