SCENE V
M"* DE RÉNAC, PAUL, sor/fln/
du pavillon, un journal à la main ; il va droit à Richard y et ne voit pas M m * de Rénac, RICHARD.
PAUL. Que viens- je de lire?., ah ! mon parrain, quelle entreprise!.... partir de nie d’Elbe avec une poignée de braves, tromper la vigilance de la croisière, aborder en France et ranimer tout un peuple, électriser une armée par ce seul mot :
C’est votre général !
Richard fait un mouvement de joie ; M 1 "* de Reoac donne des signes d'impatience.
M™ - ’ DF. rénac, à part. Encore sa tête qui se monte!..
RICUAnD, réprimant sa joie , à Paul. Je voudrais bien savoir, monsieur, pourquoi vous vous avisez de dire de pareilles choses devant votre grand’ mère?
PAUL. Ah! pardon, bonne maman, j’ignorais que vous pussiez m’entendre, et ma foi, je suis si content...
Ai» d Antoine.
Gloire et combats, tous allé* revenir!
Notre pays renaît fc l'espérance...
En évoquant un noble souvenir.
Napoléon a réveillé la France.
Si la victoire a guide son vaisseau, (bis.)
C’est qu'elle avait reconnu son drapeau.
I u me de rénac. Ah ! voilà bien les jeu-
nés têtes, se réjouir d'un événement qui va nécessiter une nouvelle levée de conscrits... Tu voudrais donc me quitter...
m'abandonner?., et pourquoi ? pour courir après la gloire!., après une chimère!..
PAUL et niCHAnn. Une chimère !
Richard reprend ic ton Mrtienx.
PAUL, avec exaltation. Voyez mon parrain, il a une belle épaulette de chef de bataillon, une belle croix d'officier de la Légion d’honneur...
RICHARD, ironiquement. Oui.... et des ' blessures. . .
PAUL, plus exalté. Des blessures magni- ; tiques!... des douleurs superbes!... oh ! j c’est beau d’étrc chef de bataillon!
Richard, sévèrement. Voulez-vous vous taire, monsieur... (A part y avec joie.) Tout le caractère. de son père!... il est gentil, cet enfant-là, il est gentil !
H** DK RÉNAC, à Paul. Tu sais bien que tu n’es pas destiné à l'état militaire...
PAUL, tristement J'obéirai, grand' maman.
Richard, le grondant. Et tu feras bien, et tu ne feras que ton devoir... Iium !
DE RÉH AC, l'embrassant avec effusion.
Cher enfant, oui, je compte sur toi, toujours!... allons, donne-moi le bras... je veux voir si tous les préparatifs de Pauline sont terminés.
PAUL. Oui, je vous accompagne, grand' maman, je ne l’ai pas encore embrassée ce matin. (Il se retourne et donne le bras gauche à M m * de Réncic, U le retire tout-à-coup en jetant un cri , présentant l'autre bras.) L'autre , grand' maman , j’aime mieux cela.
de RÉNAC. Tu as donc mal au
bras ?
PAUL. Oh ! rien du tout, je me suis beurté le coude... (A part.) Maudit butor!
mais il ne faut rien dire... Marguerite serait chassée.
ENSEMBLE
Am de la Tarentelle de la Muette.
MDL.
De votre vieillesse Je sois le sonlicn ;
Sur mon bras sans cesse Appuyez-vous bien !
Car toujours, prand’ mère,
Ainsi qu*aajourd*hni,
Ce bras, je l’espère,
Sera votre appui.
m m * db ai h ac.
Oui, de ma vieillesse Reste le soutien ;
Ta douce tendresse,
C’est Ik (ont mon bien.
Oui, de U grand’ mère,
Ainsi qn’ûujourd'lmi,
Ce bras, je l’espère,
Restera l’appui.
RICJl Alt).
De votre vieillesse Il est le soutien ;
Sur son bras sans cesse Appuyez-vous bien.
Oui toujours, grand’ mère,
Ainsi qu’aujourd’hui,
Ce bras, je l’espère,
Sera votre appui.
Paul et A/" 1 * de Renac entrent dans la maison.