SCENE VI
RICHARD, puis BERTRAND.
RICHAUD , d'abord seul , regardant madame de Réuac qui s' éloigne. Excellente femme! üb ! sans doute, elle mourrait d’effroi si elle savait Paul en face de l emiemi. Les femmes ! ce n'est réellement bon qu'en temps de paix , sauf les cantinières.
BERTRAND, venant du dehors , à gauche , et accourant tout joyeux. Je l’ai vue, commandant, je l’ai vue!
RICHARD. Qui ?...
Bertrand. Marguerite! Marguerite, ma bonne amie, elle avait l’air tout drôle; c’est son père qui a tiré le coup de fusil.
richard. Son père ?
Bertrand. Oui, son père, le père Bauoy, jardinier de M. et mademoiselle e l Ecluse. Marguerite m’a dit si je savais sur qui ; ma fui , non , que je lui ai répondu ; mais il sera facile à reconnaître, vu que le fusil était chargé à sel et que le père Baquoy est assez sur de son conp.
richard. Ali c'est...? (A part) comment, est-ce que...?
Bertrand. Sur quoi , ma bonne amie m'a tarabusté, et elle m’a laissé là ; mais quoique ça , ça la chagrinait. C’est l'humanité; elle est si sensible! elle ne tordrait pas le cou à un moniau! à unmoniau , elle ne lut tordrait point le cou.
ricüard. Mais quelle diable d'histoire viens-tu me conter là ?... ( A^part et toutà-coup. ) Parbleu , il serait curieux que ce coup de fusil.... il faudra voir!
Bertrand. Ça ne vous intéresse pas ; mais moi, ça m'intéresse, vous n’etespas aimé de Marguerite, moi si! mais c'est le père qui est dur , la mère est pour moi.
RICHARD. Quel estee papier que tu tiens là?
Bertrand. Tiens! moi qui oubliais...
C’est une lettre pour vous , que le facteur vient de me remettre.
richard. Donne donc , infernal bavard!
MAGASIN THEATRAL
BERTRAND , avec sentiment. Al» î commandant , quand le cœur est pris , la tête est bien peu de chose !
richard. Laisse-moi !
Bertrand. Je m’en vas si le père
Baquoy était la mère fiaquoy !...Ah!...
Il pousse un gros soupir et sort par le fond k gauche.