‹ Paul FévalChapitre 4 sur 15 · PAIL F H VA F · texte numérisé non relu

PAIL F H VA F

Jésus, OÙ est Marie, comme vous le dites et comme je le crois. Prions.

Votre dernière lettre trahissait une curiosité que je satisferai, car je ne rougis pas plus de ma misère que vous n'avez honte de votre pauvreté. Il y a là un fait divers pas très intéressant, je vous le conterai.

Le départ de ma fille me détache d'un assez grand nombre de choses. Dieu donne incessamment. J'arriverai à l'humilité tant souhaitée, je l'espère maintenant. Vous-même m'avez servi, non pas en m'humiliant, mais en me laissant voir par vous-même, si pieux et si amer (je songe à X*** et à d'autres), combien l'Égoïté entraîne loin. Vlmitatioyi ordonne à chaque instant de ne pas défendre dur sa manière de voir; vous ne devez pas aimer Vlmitation, dont l'auteur supplie si souvent les saints et les docteurs de se taire pour le laisser écouter Dieu.

Que Dieu me détache et me fasse humblement obéissant! Et vous aussi, Léon-Marie, que la sainte Vierge vous enseigne combien il serait gênant, dans la pratique , de n'avoir obéissance qu'au successeur de saint Pierre, et dangereux de supprimer toutes les soutanes. On s'en occupe, vous savez. Je suis bien triste, et j'espère fermement.

Votre

FÉVAL

Ernest Hello, dont il est si souvent question dans les lettres qu'on vient de lire, était un des plus remarquables écrivains de ce temps, qui

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voulut l'ignorer. Il est mort à Lorient il y a peu d'années ; on a fait le silence autour de sa fosse, comme on avait fait le silence autour de lui quand il vivait. Cet affamé de justice s'est vu dénier la suprême justice. Pourtant les adversaires même de cette magnifique intelligence eussent montré quelque bonne grâce à jeter des fleurs sur sa tombe.

Il y a déjà plus de vingt ans, on rencontrait fréquemment dans ce Paris qui n'existe plus, si ce n'est dans nos souvenirs, — car la guerre et la Commune ont élevé une barrière formidable entre le présent et le passé, — un homme que dans les foules il fallait infailliblement remarquer; on ne l'oubliait pas l'ayant vu une seule fois.

A le voir passer dans la rue, disait naguère Barbey d'Aurevilly, distrait parce qu'il est préoccupé , traînant son infortuné pardessus qui tombe de son bras vers la t^rre, le chapeau en arrière, comme un Anglais,*^ — ayant la seule piété qu'eut jamais Sainte- Beuve, la piété de son éternel parapluie; — la tête au vent dans ses longs cheveux ébourifles, on ne dirait jamais ce qu'il devient le soir dans un salon. Spirituellement laid, quelque peu voûté et la tête de côté, comme Villemain, avec son nez à l'ouest, illustré par Balzac, il n'a pas la méchante physionomie de cet aftreux cuistre, parvenu en trois temps, mais la bonne humeur qu'on n'attendrait pas d'un homme qui n'arriverait peut-être pas à trente-six.

D'une taille moyenne, maigre, les épaules très larges et un peu courbées, Ernest Hello avait les traits de ces bourgeois du moyen âge qu'on voit souvent transparaître dans les vitraux du xvc siècle. Un profil très net, parfaitement découpé, et qu'on dessinerait, semblet-il, d'un trait; le nez long, droit, carré du bout ; la bouche large , bien dentée ; les lèvres charnues, qui trahissent la bonté; le menton proéminent et rond, qui annonce la volonté; le front développé, les tempes unies et sans rides , encadrées des boucles flottantes de cheveux jadis bruns et maintenant de couleur indécise, et les yeux, sous des sourcils épais, d'un arc très pur, des yeux gris d'opale ou plutôt couleur d'aiguë marine, ternes parfois, et parfois reluisants d'un éclat surnaturel, ayant comme un reflet d'or ou de gemme; des yeux regardant en dedans, et non plus miroirs de l'àme, mais miroirs pour l'àme qui s'y contemplait; des yeux candides d'enfant ignorant les choses de la vie, innocent des choses d'autrui, caria parfaite innocence exclut le sentiment de la faute personnelle. Et lorsque, d'aventure, le regard de ces yeux daignait se poser sur les choses extérieures, on y lisait un perpétuel ébahissement; il devenait vite profond, scrutateur, fouilleur; il pressentait le mensonge, devinait la parole à peine éclose sur les lèvres.

Sa voix aussi n'était point ordinaire : tantôt

basse, grave, très vibrante, et tantôt grêle, aiguë , vociférante. Hello psalmodiait certaines phrases, en glapissait d'autres à tue-tête ; et le geste accompagnait le verbe éloquent : un geste unique, ramenant par un croisement des mains, des épaules , un manteau royal , ou le bras étendu avec autorité, ponctuant de grandes estafilades dans le vide, les mots toujours véhéments et toujours précis.

Car ce langage d'Hello ne cherche aucune fioriture dans la rhétorique; la qualité maîtresse était la précision. Froidement, nettement, tout ainsi qu'un mathématicien zélé à la démonstration d'un théorème, il parlait par périodes saccadées, poursuivant au vol son idée, malgré les interruptions et les incidents : on eût alors tiré le canon des Invalides, qu'il ne l'eût pas entendu. Obsédé par la pensée, il allait tout droit comme le boulet de ce même canon, sans que rien pût le distraire. Et sa force était en lui, était dans son immense confiance en lui-même. Assuré d'être, d'exister « intelligentiellement d,!! n'avait plus à se préoccuper des contradictions, et pas du tout des gens qui s'agitaient autour de lui ou de leurs pensées. Il m'a bien souvent regardé, puisque je fus un moment un de ses familiers; je suis sûr qu'il ne m'a jamais vu; ou ce qu'il a vu en moi ou en les autres, qu'il regardait sans les voir, ce fut l'être de raison qu'il s'était forgé, et auquel il fallait qu'on ressemblât.

Tel Ernest Hello m'apparut quand le hasard me mit en sa présence; j'étais encore fort jeune, et lui déjà vieux.

Plus tard, à mes réunions de mercredi, je vis ensemble Ernest Hello, Barbey d'Aurevilly, François Goppée, Maurice Rollinat, Paul Féval. Devant ces gens capables de le comprendre, il donnait libre essor aux fantaisies vagabondes de son imagination. Il soulevait des questions, et de celles que les génies aiment à résoudre; il les résolvait. Ayant pénétré dans les replis les plus arcaniens de la nature humaine , il répétait que nihil humant ne lui était étranger ; et tranquillement, avec la certitude de sa force, il soutenait des théories que les plus indulgents des sensitifs appelaient des paradoxes. On Técoutait, ce qui est un résultat. L'aUiance prétendue impossible des doctrines les plus mystiques avec les recherches les plus vicieuses de l'intoUigence surexcitée, il la comprenait et l'exphquait. Il disséquait les sensations terribles, l'orgueil, la délicate modestie, la peur, la haine. On ne discutait pas avec lui, il s'imposait. Sa voix parcourait toute la gamme, tantôt sourde et voilée, tantôt aigrelette et criarde; et le charme de cette voix étrange, tout le monde le subissait : il voulait qu'on l'entendît, et on l'entendait.

Lamartine, qui appelait Barbey d'Aurevilly « le duc de Guise de la httérature y> , belle,

noble et vraie comparaison, dit un jour après avoir longuement causé avec Hello : « Je viens de m'entretenir avec le Platon chrétien. »

Ce qu'il y a de plus apparent dans le caractère d'Ernest Hello c'es^, je l'ai déjà dit, le désir, la convoitise, le besoin de la gloire: et encore ce mot gloire ne répondait-il pour lui qu'à l'idée de justice. La gloire ne lui apparaissait pas un but, mais un moyen. Il avait quelques vérités à proclamer, et ne voulait pas les proclamer dans le désert; comme Jean-Baptiste, il ne voulait point parler au sable, aux pierres, aux nopals rabougris, aux maigres sauterelles, mais que sa voix arrivât à l'oreille des hommes. Et rien ne l'y a fait parvenir; tous ses efforts ont été vains, toutes ses habiletés, stériles; et quand je dis efforts et habiletés, j'ai pitié, car il fut toujours naïf et candide. Ernest Hello fit partie du groupe d'écrivains dont Louis Veuillot fat le chef, qui comptait Melchior du Lac , Henri Lasserre, Léon Gautier, et quelques autres moins connus; groupe qui se rattache, par des ramifications visibles , à celui de Joseph de Maistre, de Donoso Certes, de de Bonald, de Blanc de Saint-Bonnet.

Personne peut-être n'a poussé plus loin que lui l'étude des plus fugitives sensations psychologiques. Il procède à peu près comme les savants qui étudient, à l'aide d'un microscope, les microbes et les bacilles. Il soumet l'àme à

la plus minutieuse expérimentation. Souvent on s'est moqué de ces poètes modernes, tels que Mallarmé et Verlaine, qui ne veulent plus même du sentiment et n'en recherchent que la nuance. Ainsi procédait notre philosophe avec la précision d'un naturaliste. Au surplus, pour le faire mieux connaître, je n'ai qu'à reproduire ici une lettre que je lui adressai en 1880, et qui parut alors dans le Paris- Journal.

L'heure présente est solennelle et triste. Aux fléaux intellectuels provoqués par nos dissensions, s'ajoutent les fléaux matériels amenés par nos imprudences. Le trouble est dans les esprits, la décadence s'introduit dans les mœurs , le désarroi des intérêts terrestres grandit. Nous souffrons à la fois des maladies de l'âme et des maladies du corps : il semble que des malédictions mystérieuses pèsent sur nous. Pas un homme qui ne se plaigne ! Aussi prononcet-on à tout propos le mot superbe et terrible de GuARiTÉ, que beaucoup disent sans savoir ce qu'ils disent, et qui a, pour quelques-uns, une signification presque méprisable. Ce mot est une menace pour un grand nombre, car la misère épouvante, non parce qu'elle est la misère, mais parce qu'elle conseille et qu'elle pervertit. On verse une prime d'assurance en faisant l'aumône; on veut éteindre sa propre responsabilité; on veut n'être pas ce mauvais riche implorant de Lazare une goutte d'eau impitoyablement refusée.

Mais est-ce là cette charité sublime, ce sentiment immense, divin, — le plus divin, puisque Dieu est charité, — qui est la base de toute loi sociale, le

but suprême de notre existence, et, pour ainsi dire, notre fin dernière, qui se résume dans ce précepte : « Aimez Dieu par- dessus toute chose, et votre prochain comme vous-même, pour l'amour de Dieu. »

La plaie immuable de notre société n'est-elle pas, en effet, l'absence de charité? Oh! je n'entends pas cette charité vulgaire qui consiste à distribuer libéralement une part de son superflu à qui n'a pas même le nécessaire.

Notre siècle est celui des bienfaisants. Il y a beaucoup d'associations et d'œuvres charitables, beaucoup trop, parce qu'on s'en repose du soin d'assister les malheureux sur ces associations et ces œuvres , et la charité individuelle, personnelle, fait défaut. Ce n'est pas seulement notre argent que nous devons au pauvre : c'est notre sourire , notre regard , notre parole, notre conseil, incarnation apparente et visible de la bonté. Le pauvre veut savoir que nous songeons à lui; que notre luxe, nos fêtes, notre grandeur ne nous éloignent pas de lui; que nous nous regardons, riche, comme le dépositaire, l'usufruitier des dons de Dieu, et que ce dépôt appartient au pauvre et à ses frères comme à nous-mêmes.

Est-ce là prêcher le socialisme? Je ne le voudrais pas. « Le pauvre, a dit David, est celui qui est abandonné de Dieu. » Dans la vie, dans l'histoire, dans la religion, dans la Bible, partout le nom du pauvre est rapproché mystérieusement du nom de Dieu , et Dieu est son vengeur.

Les luttes actuelles auxquelles nous assistons , avec la rage de rien pouvoir pour les terminer, ont établi deux camps dans la société, deux armées inégalement puissantes, inégalement courageuses; désormais la bataille est engagée entre celui qui possède

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et celui qui ne possède pas. Cet antagonisme, vieux comme le monde, durera autant que le monde. Mais il est, dans l'histoire, plus ou moins apparent. De nos jours les convoitises sont cyniques : elles ne se cachent point, elles se dévoilent, et bientôt l'une des deux phalanges aura vaincu l'autre.

La postérité d'Abel n'a d'autre arme, d'autre bouclier que la charité. La postérité de Gain a pour allié l'égoïsme, le vice monstrueux de la société moderne. Et qu'est-ce donc que la postérité de Gain?

Ce n'est pas l'innombrable multitude des vicieux , des méchants, des voleurs et des meurtriers. Non, ce n'est pas la redoutable engeance qui trame et commet le crime , n'ayant que la terreur de l'échafaud, et ne voyant entre elle et le mal d'autre barrière que le Gode.

Les fils de Gain sont les hommes qui pèchent par omission, qui oublient le pauvre, tous les pauvres; ceux qui ont faim de pain , et ceux qui ont faim de vérité; ceux qui ont soif de tendresse et soif de gloire; ceux que de nobles ambitions, d'ardentes espérances, de vastes idées, de grands sentiments, auraient fait les maîtres, et que la misère, et la jalousie, et la haine, et l'oubli, et cet énorme vice : l'indifférence, ont condamnés à l'esclavage.

Les fils de Gain sont ceux qui envient la beauté et la richesse de ceux d'Abel, et ceux encore qui ne veulent point admirer cette beauté ou subir cette richesse, et ceux même qui ne voient ni la beauté ni la richesse, et passent, dans l'insouciance de leur superbe, trop au-dessus de l'humanité par leur orgueil, pour condescendre à soulager les misères, soutenir les défaillances.

Les fils de Gain sont ceux qui crient à Dieu : (( Vous ne m'avez pas donné mon frère à garder. »

Il leur sera demandé compte de cette parole. Ils ont passé auprès de cette fleur flétrie; un peu d'eau eût rendu la fraîcheur à sa corolle; ils ont dédaigné de puiser un peu d'eau dans le creux de leur main pour raviver cette pourpre fanée. C'en est assez, le crime est commis.

Oui, Dieu leur avait donné cette fleur à guérir, ce génie à glorifier, cet artiste à honorer, cet artisan à employer, ce père de famille à nourrir, ces enfants à recueillir, ces orphelins à élever, cette jeune fille à sauver, cette douleur à consoler, ces vertus à mettre en lumière !

Ils se devaient tout à tous; leur mission est d'aimer, d'honorer, de servir. Mais enfermés dans la stupide et vaine adoration d'eux-mêmes, rejetant dans l'oubli ce qui ne les touche pas , indifférents à ce qui n'est pas leurs intérêts , satisfaits de distraire quelques poignées d'argent des trésors dont ils ont la jouissance, pour les jeter à l'infortune comme un impôt volontairement consenti, ils n'ont pas pensé aux petits, aux inconnus, aux incompris, aux méprisés.

Ils se sont crus quitte du devoir de charité, parce qu'ils ont répandu l'aumône... Et c'est le crime de Gain, sinon dans la matérialité du fait, du moins dans sa conception et dans ses conséquences.

A^ous avez écrit. Monsieur, une apologie sublime de la charité, en rappelant qu'elle doit être non seulement active, mais incessamment active, et en toutes choses : dans l'ordre moral, dans l'ordre matériel. Et quel meilleur moment aurait-on choisi pour offrir ce livre, magnifiquement pensé, à tous ceux qui, péchant par omission, sa)is le vouloir, sans le savoir, ou le voulant et le sachant, essayent, après vous avoir lu et médité, de se rapprocher davan-

tage du Créateur, en assistant sa créature dans tous les besoins de son corps, de son âme, de son cœur et de son intelligence.

Ernest Hello fit à cette lettre la réponse qu'on va lire, et qui fut également publiée dans le Paris -Journal.

A Vmdex.

J'éprouve le besoin de vous remercier de l'article si remarquable que vous avez bien voulu me consacrer dans Paris -Journal.

Vous avez compris que je ne fais pas de littérature, que j'écris pour dire quelque chose, et que tous mes livres, y compris mes contes, sont des actes, et non pas seulement des paroles.

Vous avez admirablement saisi la pratique de mes Comités, la charité. Vous avez compris que cet hiver terrible leur donne une terrible actualité.

Je ne veux pas laisser passer votre important travail sans vous féliciter et vous remercier. Ce bon article est une bonne action.

Voulez-vous me permettre de vous adresser incidemment une question ?

Croyez-vous réellement que je sois sans pitié pour mes personnages, pour leurs fautes et pour leurs crimes ?

Je crois pouvoir vous assurer le contraire.

Mais il y a deux sortes de crimes : les crimes de la faiblesse et les crimes de la malice.

Pour les crimes de la faiblesse, ma pitié irait à l'extrême. Pour les crimes de la malice, Dieu seul connaît le point d'intersection entre sa miséricorde

et sa justice. Mais aux yeux de l'artiste, le froid scélérat qui, par indifférence et par jalousie, condamne l'homme de génie au désespoir et à la mort, ce froid scélérat n'a droit qu'à la justice.

Vous voyez. Monsieur, combien je pèse vos expressions. Vous avez conquis si rapidement une place si distinguée dans la critique contemporaine, vos articles sont si lus, et votre influence encore jeune est déjà si active, que j'ai cru devoir vous faire, au sujet de Caïn, cette question.

Ernest Hello.

Je tiens à citer également quelques lettres de Paul Féval à mon ami le vicomte Oscar de Poli, qui joint à la plus vaste érudition dans les questions héraldiques et historiques la grâce et l'habileté du plus charmant conteur. S'il n'est pas Breton, celui-là, du moins il est chouan. Son livre Jean Poigne d'acier est un des meilleurs souvenirs de ma jeunesse. Tour à tour soldat , — et zouave du pape ! — diplomate , homme politique, orateur, conférencier, généalogiste, romancier, Oscar de Poli est une de ces natures que Féval aimait par- dessus toutes.

Je ne cite ici qu'un fragment de la correspondance qui a été publiée dans la Revue du Monde catholique^ mais dans un autre chapitre je donnerai plusieurs lettres qui ont un

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caractère plus particulier, le récit, d'une verve si spirituelle, d'un dîner que fit chez Féval M. de Poli, et auquel je devais être, et auquel je ne fus pas, à mon grand regret, parce qu'il faut regretter toujours les rares occasions qu'on a d'écouter la causerie de deux hommes d'esprit qui sont en même temps deux hommes de cœur.

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