‹ Paul GauguinChapitre 14 sur 37 · LE CALVAIRE · texte numérisé non relu

LE CALVAIRE

rable et qui ne comprend pas : « Et pourtant, si mon martyre avait été inutile ? »

« Telle est l'œuvre qui commence la série des toiles symboliques de Gauguin. Je ne puis malheureusement pas m'étendre davantage sur cet art qui me plaisait tant à étudier dans ses différentes expressions : la sculpture, la céramique, la peinture. Mais j'espère que cette brève description suffira à révéler l'état d'esprit si spécial de cet artiste, aux hautes visées, aux nobles vouloirs.

« Il semble que Gauguin, parvenu à cette hauteur de pensée, à cette largeur de style, devrait acquérir une sérénité, une tranquillité d'esprit, du repos. Mais non. Le rêve ne se repose jamais dans cet ardent cerveau; ilgrandit et s'exalte à mesure qu'il se formule davantage. Et voilà que la nostalgie lui revient de ces pays où s'égrenèrent ses premiers songes. 11 voudrait revivre, solitaire, quelques années, parmi les choses qu'il a laissées de lui, là-bas. Ici, peu de tortures lui furent épargnées ; et les grands chagrins l'ont accablé. Il a perdu un ami tendrement aimé, tendrement admiré, ce pauvre Vincent Van Gogh, un des plus magnifiques tempéraments de peintre, une des plus belles âmes d'artiste en qui se confia notre espoir. Et puis la vie a des exigences implacables. Le même besoin de silence, de recueillement, de solitude absolue, qui l'avait poussé à la Martinique, le poussa cette fois, plus loin encore, à Tahiti, où la nature s'adapte mieux à son rêve, où il espère que l'océan Pacifique aura pour lui des caresses plus tendres, un vieil et sûr amour d'ancêtre retrouvé,

« Où qu'il aille, Paul Gauguin peut être assuré que notre piété l'accompagnera.»

Grâce à l'obligeante entremise d'Ary Renan, le directeur des Beaux Arts confia à Gauguin une mission artistique — et gratuite, mais avec promesse d'achat d'œuvres au retour.

Gauguin avait la joie silencieuse. Au banquet d'adieu, très simple, que nous lui offrîmes — nous, ses amis : Odilon Redon, Jean Dolent, Eugène Carrière, Albert Aurier, Jean Moréas, Julien Leclercq, Edouard Dubus, Mme Rachilde, Alfred Vallette, Saint-Pol Roux... — il put à peine répondre aux fines et affectueuses paroles que lui adressa, au nom de tous, Jean Dolent.

C'était le 23 mars. Le 4- du mois suivant il nous quittait.

Le 8 juin, dans la nuit, après soixante-trois jours de traversée, soixante-trois jours, pour moi, de fiévreuse attente, nous aperçûmes des feux bizarres qui évoluaient en zigzags sur la mer. Sur un ciel sombre se détachait un cône noir à dentelures.

Nous tournions Moréa pour découvrir Tahiti.

Quelques heures après, le petit jour s'annonçait, et, nous approchant avec lenteur des récifs, nous entrions dans la passe et nous mouillions sans avaries dans la rade.

Le premier aspect de cette partie de l'Ile n'a rien d'extraordinaire, rien, par exemple, que se puisse comparer à la magnifique baie de Rio de Janeiro.

C'est le sommet d'une montagne submergée aux jours anciens des déluges. L'extrême pointe seule dominait les eaux : une famille s'y réfugia, y fit souche, et les coraux aussi grimpèrent, entourant le pic, développant avec les siècles une terre nouvelle. Elle continue à s'étendre, mais elle garde de ses origines un caractère de solitude et de réduction que la mer accentue de son immensité.

A dix heures du matin, je me présentai chez le gouverneur, le nègre Lacascade, qui me reçut comme un homme d'importance.

Je devais cet honneur à la mission que m'avait confiée — je ne sais trop pourquoi — le gouvernement français. Mission artistique, il est vrai ; mais ce mot, dans l'esprit du nègre, n'était que le synonyme officiel d'espionnage, et je fis de vains efforts pour le détromper. Tout le monde, autour de lui, partagea son erreur, et, quand je dis que ma mission était gratuite, personne ne voulut me croire.

La vie, à Papeete. me devint bien vite à charge.

C'était l'Europe, — l'Europe dont j'avais cru m'affranchir! — sous les

espèces aggravantes encore du snobisme colonial, l'imitation, grotesque jusqu'à la caricature, de nos mœurs, modes, vices et ridicules civilisés. Avoir fait tant de chemin pour trouver cela, cela même que je fuyais !

Pourtant, un événement public m'intéressa.

En ce temps-là, le roi Pomaré était mortellement malade, et, chaque jour, on s'attendait à la catastrophe.

Peu à peu, la ville avait pris un aspect singulier.

Tous les Européens, commerçants, fonctionnaires, officiers et soldats, continuaient à rire et à chanter dans les rues, tandis que les naturels, avec des airs graves, s'entretenaient à voix basse autour du palais. Dans la rade, un mouvement anormal de voiles orangées sur la mer bleue, avec le fréquent et brusque étincellement argenté, sous le soleil, de la ligne des récifs : c'étaient les habitants des îles voisines, qui accouraient pour assister aux derniers moments de leur roi, à la prise de possession définitive de leur empire par la France.

Des signes d'en haut les avaient avertis : car, chaque fois qu'un roi doit mourir, les montagnes se tachent de plaques sombres sur certains versants, au coucher du soleil.

Le roi mourut et fut, dans son palais, en grand costume d'amiral, exposé aux yeux de tous .

Là, je vis la reine. Maraù, tel était son nom, ornait de fleurs et d'étoffes le salon royal. Gomme le directeur des travaux publics me demandait un conseil pour ordonner arlistement le décor funéraire, je lui indiquai la reine qui, avec le bel instinct de sa race, répandait la grâce autour d'elle et faisait un objet d'art de tout ce qu'elle touchait.

Mais je ne la compris qu'imparfaitement à cette première entrevue. Déçu par des êtres et des choses si différents de ce que j'avais désiré, écœuré par toute cette trivialité européenne, trop récemment débarqué pour avoir pu démêler ce qui persiste de national dans cette race vaincue, de réalité foncière et de beauté primitive sous le factice et désobligeant placage de nos importations, j'étais en quelque sorte aveugle. Aussi ne vis-je en cette reine, d'un âge déjà mûr, qu'une femme ordinaire, épaisse, avec de nobles restes. Quand je la revis, plus tard, je rectifiai mon premier jugement, je subis l'ascendant de son « charme maori ». En dépit de tous mélanges, le type tahitien était, chez elle, très pur. Et puis, le souvenir de l'aïeul, le grand chef Tati, lui donnait, comme à son frère,

comme à toute sa famille, des dehors de grandeur vraiment imposants. Elle avait cette majestueuse forme sculpturale de là-bas, ample à la fois et gracieuse, avec ces bras qui sont les deux colonnes d'un temple, simples, droits, la ligne horizontale et longue des épaules, et le haut vaste se terminant en pointe, construction corporelle qui évoque invinciblement dans ma pensée le Triangle de la Trinité. Dans ses yeux brillait parfois comme un pressentiment vague des passions qui s'allument brusquement et embrasent aussitôt la vie alentour, et c'est ainsi peut-être que l'Ile elle-même a surgi de l'Océan et que les plantes y ont fleuri au rayon du premier soleil...

Tous les Tahitiens se vêtirent de noir et, deux jours durant, on chanta des iménés de deuil, des chants de mort. Je croyais entendre la Sonate Pathétique.

Vint le jour de l'enterrement.

A dix heures du matin, on partit du palais. La troupe et les autorités, casques blancs, habits noirs, et les naturels dans leur costume attristé. Tous les districts marchaient en ordre, et le chef de chacun d'eux portait le pavillon français.

Au bourg d'Arue, on s'arrêta. Là se dressait un monument indescriptible, qui formait, avec le décor végétal de l'atmosphère, le plus pénible contraste : amas informe de pierres de corail reliées par du ciment.

Lacascade prononça un discours, cliché connu, qu'un interprète traduisit ensuite pour l'assistance française. Puis, le pasteur protestant fit un prêche. Enfin, Tati, frère de la reine, répondit, et ce fut tout : on partait; les fonctionnaires s'entassaient dans des carrioles; cela rappelait quelque « retour de course » .

Sur la route, à la débandade, l'indifférence des Français donnant le ton, tout ce peuple, si grave depuis plusieurs jours, recommençait à rire. Les vahinés reprenaient le bras de leurs tanés, parlaient haut, dodelinaient des fesses, tandis que leurs larges pieds nus foulaient lourdement la poussière du chemin.

Près de la rivière de la Fatùa, éparpillement général. De place en place, cachées entre les cailloux, les femmes s'accroupissaient dans l'eau, leurs jupes soulevées jusqu'à la ceinture, rafraîchissant leurs hanches et leurs jambes irritées par la marche et la chaleur. Ainsi purifiées, elles reprenaient le chemin dePapeete, la poitrine en avant, les deux coquillages qui terminent le sein pointant sous la mousseline du corsage, avec la grâce et l'élasticité de jeunes bêles bien portantes. Un parfum mélangé, animal, végétal, émanait d'elles, le parfum de leur sang et le parfum de

la fleur de gardénia — tiare — qu'elles portaient toutes dans les cheveux. — Téïné mérahi noa noa (maintenant bien odorant), disaient-elles.

Eux-mêmes, les habitants de Papeete, tant les naturels que les blancs, ne tardèrent pas à oublier le défunt. Ceux qui étaient venus des îles voisines, pour assister aux royales obsèques, partirent; encore une fois la mer bleue se sillonna de mille voiles orangées, et tout rentra dans l'ordre habituel.

Il n'y avait qu'un roi de moins.

Avec lui disparaissaient les derniers vestiges des traditions anciennes. Avec lui se fermait l'histoire maorie. C'était bien fini. La civilisation, hélas! — soldatesque, négoce et fonctionnarisme, — triomphait.

Une tristesse profonde s'empara de moi. Le rêve qui m'avait amené à Tahiti recevait des faits un démenti brutal. C'était la Tahiti d'autrefois que j'aimais. Celle du présent me faisait horreur.

A voir, pourtant, la persistante beauté physique de la race, je ne pouvais me persuader qu'elle n'eût rien, nulle part, sauvegardé de sa grandeur antique, de ses mœurs personnelles et naturelles, de ses croyances, de ses légendes. Mais, les traces de ce passé, s'il a laissé des traces, comment les découvrir, tout seul? les reconnaître, sans indication? Ranimer le feu dont les cendres mêmes sont dispersées?

Si fort que je sois abattu, je n'ai pas coutume de quitter la partie sans avoir tout tenté, et « l'impossible », pour vaincre.

Ma résolution bientôt fut prise : je partirais de Papeete, je m'éloignerais du centre européen.

Je pressentais qu'en vivant tout à fait de la vie des naturels, avec eux, dans la brousse, je parviendrais, à force de patience, à capter la confiance des Maoris et que je saurais.

Et, un matin, je m'en allai, dans la voiture qu'un officier avait gracieusement mise à ma disposition, à la recherche de « ma case ».

Ma vahiné m'accompagnait : Titi elle se nommait. Sang mêlé d'anglais et de tahitien, elle parlait un peu le français. Elle avait mis, pour cette promenade, sa plus belle robe; le tiare à l'oreille, son chapeau, en fils de canne, orné, au-dessus du ruban, de fleurs en paille et d'une garniture de coquillages orangés, ses cheveux noirs et longs déroulés sur ses épaules, fière d'être en voiture, fière d'être élégante, fière d'être la vahiné d'un homme qu'elle croyait important et riche, elle était ainsi vraiment jolie,

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et toute sa fierté n'avait rien de ridicule, tant l'air majestueux sied à celle race. Elle garde, d'une longue histoire féodale et d'une interminable lignée de grands chefs, le pli superbe de l'orgueil. Je savais bien que son amour, très intéressé, n'eût guère pesé plus lourd, dans des esprits parisiens, que a complaisance vénale d'une fille. Mais il y a aulrc chose dans la folie amoureuse d'une courtisane maorie que dans la passivité d'une courtisane parisienne, autre chose! Il y a l'ardeur du sang, qui appelle l'amour comme son aliment essentiel et qui l'exhale comme son parfum fatal. Ces yeux-là et cette bouche ne pouvaient mentir : désintéressés ou non, c'est bien d'amour qu'ils parlaient...

La route fut assez vile parcourue. Quelques causeries insignifiantes. Paysage riche et monotone. Toujours, sur la droite, la mer, les récifs de corail et les nappes d'eau qui, parfois, s'élevaient en fumée, quand se faisait trop brusque la rencontre de la lame et du roc. A gauche, la brousse avec une perspective de grands bois.

A midi, nous achevions notre quarante cinquième kilomètre et nous atteignions le district de Mataïéa.

Je visitai le district et je finis par trouver une assez belle case, que son propriétaire me céda en location. Il s'en construisait une autre, à côté, pour l'habiter.

Le lendemain soir, comme nous revenions à Papeelc, Titi me demanda si je voulais bien la prendre avec moi :

— Plus tard, dans quelques jours, quand je serai installé.

Titi avait, à Papeete, une terrible réputation, ayant successivement enterré plusieurs amants. Ce n'est pas là ce qui m'eût éloigné d'elle. Mais, demi-blanche, et malgré les traces de profondes caractéristiques originelles et très maories, elle avait, à de nombreux contacts, beaucoup perdu de ses « différences » de race. Je sentais qu'elle ne pouvait rien m'apprendre de ce que je désirais savoir, rien me donner du bonheur particulier que je voulais.

— Et puis, me disais-je, à la campagne, je trouverai ce que je cherche, et je n'aurai que la peine de choisir.

D'un côté, la mer; de l'autre, la montagne, la montagne béanle : crevasse énorme que bouche, adossé au roc, un vaste manguier.

Entre la montagne et la mer s'élève ma case, en bois de bourao.

Près de la case que j'habite, il y en a une autre : Jaré amu (maison pour manger).

Matin.

Sur la mer, contre le bord, je vois une pirogue, et dans la pirogue une femme demi-nue. Sur le bord, un homme, dévêtu de même. A côté de l'homme, un cocotier malade, aux feuilles recroquevillées, semble un immense perroquet dont la queue dorce retombe et qui tient dans ses serres une grosse grappe de cocos. L'homme lève de ses deux mains, dans un geste harmonieux, une hache pesante, qui laisse, en haut son empreinte bleue sur le ciel argenté, en bas son incision rose sur l'arbre mort où vont revivre, en un instant de flammes, les chaleurs séculaires thésaurisées.

Sur le sol pourpre, de longues feuilles serpentines d'un jaune métallique me semblaient les traits d'une écriture secrète, religieuse, d'un vieil orient. Elles formaient sensiblement ce mot sacré, d'origine océanienne : ATUA — Dieu — le Taâta, ou Takata, ou Tathagata, qui, à travers l'Inde, rayonna partout. Et je me remémorais, comme un conseil de mysticisme opportun dans ma belle solitude et dans ma belle pauvreté, ces paroles du Sage :

Aux yeux de Tathagata. les plus splendides magnificences des rois el de leurs ministres ne sont que du crachat et de la poussière ;

A ses yeux, la pureté et V impureté sont comme la danse des six nagas; A ses yeux, la recherche de la voie de Buddha est semblable à des fleurs.

Dans la pirogue, la femme rangeait quelques filets. La ligne bleue de la mer était fréquemment rompue par le vert de la crête des lames retombant sur les brisants de corail.

Soir.

.l'étais allé fumer une cigarette, sur le sable, au bord de la mer.

Le soleil, rapidement descendu sur l'horizon, se cachait à demi déjà derrière l'île Moréa, que j'avais à ma droite. Les oppositions de lumière découpaient nettement et fortement en noir, sur les ardeurs violettes du ciel, les montagnes, dont les arrêtes dessinaient d'anciens châteaux crénelés.

Est-ce sans motifs que des visions féodales me poursuivent devant ces architectures naturelles? Là-bas, ce sommet a la forme d'un cimier gigantesque. Les flots, autour de lui, qui font le bruit d'une foule immense, ne l'atteindront jamais. Debout parmi les splendeurs en ruines, le cimier reste seul, protecteur ou témoin, voisin des cieux. Je sens qu'un

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regard caché plonge, du haut de cette tête, dans les eaux où fut engloutie la famille des vivants après qu'ils eurent commis le péché de la tête : et de la fissure vaste où serait la bouche, je sens fluer l'ironie ou la pitié d'un sourire sur les eaux où dort le passé... La nuit tomba vite, Moréa dormait.

Le silence! J'apprenais à connaître le silence d'une nuit tahitienne.

Je n'entendais que les battements de mon cœur dans le silence.

Mais les rayons de la lune, à travers les bambous également distants entre eux de ma case, venaient jouer jusque sur mon lit. Et ces clartés régulières me suggéraient l'idée d'un instrument de musique, le pipeau des anciens, que les Maoris connaissent et qu'ils nomment vivo. La lune et les bambous le dessinaient, exagéré : tel, c'est un instrument silencieux, tout le jour durant; la nuit, dans la mémoire et grâce à la lune, il redit au songeur les airs aimés. Je m'endormis à cette musique.

Entre le ciel et moi, rien, que le grand toit élevé, frêle, en feuilles de pandanus, où nichent les lézards.

J'étais bien loin de ces prisons, les maisons européennes!

Une case maorie ne retranche point l'homme de la vie, de l'espace, de l'infini...

Cependant je me sentais, là, bien seul.

De part et d'autre, les habitants du district et moi, nous nous observions, et la distance, entre nous, restait entière.

Dès le surlendemain, j'avais épuisé mes provisions. Que faire? Je m'étais imaginé qu'avec de l'argent je trouverais tout le nécessaire de la vie. Je m'étais trompé. Franchi le seuil de la ville, c'est à la nature qu'on doit s'adresser pour vivre, et elle est riche, elle est généreuse, elle ne refuse rien à qui va lui demander sa part des trésors dont elle a d'inépuisables réserves dans les arbres, dans la montagne, dans la mer. Mais il faut savoir grimper aux arbres élevés, il faut pouvoir aller dans la montagne et en revenir chargé de fardeaux pesants, savoir prendre le poisson, pouvoir plonger, arracher dans le fond de la mer le coquillage solidement attaché au caillou; il faut savoir, il faut pouvoir!

J'étais donc, moi, le civilisé, singulièrement inférieur, dans la circonstance, aux sauvages. Et je les enviais. Je les regardais vivre, heureux, paisibles, autour de moi, sans plus d'effort qu'il n'est essentiel au quotidien des besoins, sans le moindre souci de l'argent : à qui vendre, quand les biens de la nature sont à la portée de la main?

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