‹ Paul-Louis Courier et la restaurationChapitre 12 sur 52 · L'abbé Lesourd cité plus haut · texte numérisé non relu

L'abbé Lesourd cité plus haut

2. Nous avons publié cette lettre dans notre Jeunesse de P.-L. Courier.

anime, ont trouvé des détracteurs. Carrel nous apprend qu'elles n'eurent « point de succès » du vivant de l'auteur. Il nous semble même qu'aujourd'hui encore les amis de Courier sont enclins à faire quelques réserves à leur sujet. C'est que « la personnalité maniée si cruellement effraie » .

Elevons-nous au-dessus de ces timidités : à l'exemple du libraire, le bon M. Arthus Bertrand, mis en scène par Courier, on peut haïr le pamphlet, redouterle bruit et le scandale, craindre surtout de se brouiller avec les puissances — et l'Académie en est une bien redoutable pour qui tient une plume — ; mais puisque pamphlet il}' a, pourquoi celui-là ne serait-il pas le meilleur où l'écrivain a répandu avec le plus de hardiesse les traits d'une satire à la fois bouffonne et sérieuse? Sans doute, il y a mis trop de « poison », mais que serait-ce qu'un pamphlet qui n'en contiendrait pas une assez forte dose ?

Il s'est aperçu lui-même en écrivant cette satire qu'il la faisait trop âpre, trop virulente, qu'il y laissait trop sentir l'amertume d'un esprit aigri. jNIais c'est, nous disent les témoins de sa vie à la Chavonnière, qu'il a été emporté parle ressentiment des injustices auxquelles il était en butte.

Jetons donc un coup d'œil sur les affaires embrouillées qui compliquent sa vie et qui l'assombrissent à partir de son établissement définitif en Touraine dans la commune de Véretz. Il va sans dire qu'il n'entre pas dans notre plan de nous appesantir sur des détails de vie privée ou d'exploitation rurale. Nous voulons voir les choses de haut, et nous attacher surtout aux faits qui ont mis de plus en plus en lumière le rôle du pamphlétaire et contribué aie rendre, suivant sa propre expression, «l'homme populaire de toute la France» ; mais nous ne devons rien ignorer des menus incidents qui, en aigrissant son humeur, l'ont jeté dans l'opposition.

l'installation définitive en touraine G1

On se rappelle qu'en devenant acquéreur de la forêt de Larçay, Courier avait cherché à s'établir dans les environs, afin de pouvoir surveiller l'exploitation de ses coupes. Il ne trouva rien de mieux quelatriste Chavonnière, où il s'installa en avril 1818. Mais le contrat de vente qui le rendait propriétaire de cette ferme lui préparait de désagréables surprises. Son vendeur, en effet, le sieur Izambert, s'était réservé, pendant dix ans. pour lui et pour ses domestiques, la jouissance d'une partie des bâtiments, avec le droit de passer par la grande porte d'entrée de la cour. Ce fut bientôt une source de querelles. La servante d'Izambert, au cours d'une dispute avec M'"" Courier, l'injuria grossièrement et même la menaça. Paul-Louis prit la défense de sa femme, et profitant d'une absence d'Izambert, ferma la grande porte de la Chavonnière, qu'il refusa obstinément de lui ouvrir lorsque ce dernier se présenta pour rentrer dans sa demeure. Cette imprudence de Courier, violant manifestement un des articles de son contrat, devait lui coûter cher. En effet, Izambert l'ayant assigné au tribunal de Tours obtint facilement gain de cause. La « réserve de jouissance », cause de tout ce démêlé, était convertie par les juges en une somme annuelle de 200 francs, que dut payer Paul-Louis à Izambert, pour lui permettre d'aller loger ailleurs, sans préjudice des dommages-intérêts qu'il fallut verser à l'expulsé. Cette condamnation de Courier était assez logique, et la colère qu'il témoigne à cette occasion ne prouve que son mauvais caractère et son ignorance foncière du droit. MM. Desternes et Galland, qui ont raconlé le détail de cette affaire *, ont donc raison de sélonner des injures que le vindicatif pamphlétaire adresse à sa partie dans un mémoire rédigé peu de temps après pour son garde

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