‹ Paul-Louis Courier et la restaurationChapitre 26 sur 52 · L'Extrême Droite et les Royalistes sous la Restauration · texte numérisé non relu

L'Extrême Droite et les Royalistes sous la Restauration

OPPOSITION ANTIDYNASTIQUE 195

Courier fonde comme eux quelques espérances sur la défection de l'armée qui va franchir la Bidassoa. Comment n'aurait-il pas pris parti, alors que quelques-uns des amis qu'il admirait le plus allaient risquer leur vie dans cette aventure ? Armand Carrel donnait sa démission d'officier et partait sur un bateau-pêcheur pour Barcelone, où il s'enrôlait dans une légion de Piémontais sous l'aigle et le drapeau tricolore : Fabvier, le « colonel fameux » qui était venu visiter Courier dans sa prison de Sainte-Pélagie ^ allait prendre le commandement des réfugiés français de la Bidassoa. Juger la conduite de ces hommes est une entreprise délicate pour nous. A notre époque, où l'unité nationale s'est fortifiée par nos malheurs, le patriotisme est rigoureux et intransigeant. Toutefois l'entreprise des réfugiés français de 1823 devait paraître plus excusable à une société qui comptait tant d'émigrés, émigrés d'une couleur différente, mais ne se croyant point déshonorés pour avoir servi contre la France dans l'armée de Condé. Certes, les Fabvier et les Carrel se comportèrent en braves et en gens d'honneur, en acceptant la consigne que leur avaient donnée les comités directeurs : se présenter devant le front des troupes françaises en agitant le drapeau tricolore, recevoir sans y répondre le feu de 1 avant-garde, n'était-ce pas, suivant le mot de Sainte-Beuve, « concilier les devoirs de l'insurrection et le respect dû à la patrie », en se faisant une fois de plus mitrailler sous les plis de ce drapeau? Ces hommes courageux et désintéressés ont eu le tort d'oublier cette grande loi, la plus sûre de toutes, qui prescrit de ne point porter les armes contre son pays. Mais pouvaient-ils regarder l'expédition d'Espagne comme une guerre juste et légitime ; pouvaient-ils, eux

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