‹ Paul-Louis Courier et la restaurationChapitre 34 sur 52 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Courier, de plus en plus suspect au gouvernement, voit croître sa popularité. — Son arrestation arbitraire, le 29 octobre 1823. — Son signalement. — La Quotidienne le dénonce comme l'auteur de la première Réponse aux anonymes. — Conséquences de la guerre d'Espagne. — Influence de la Congrégation ; dissolution de la Chambre. — Prudence de Courier aux approches des élections. — Son voyage à Paris. — Il se trouve compromis dans Ylntrigue de Tours. — Courier suspend ses travaux littéraires.

— Graves soucis d'argent. — Désordre de sa fortune et de sa maison. — Infortunes conjugales : Pierre et Symphorien Dubois.

— Il annonce son projet de vendre sa forêt et d'affermer sa terre.

— Irritation des paysans, journaliers et fagoteurs ; leurs propos menaçants. — La scène du Chêne-pendu. — Assassinat de Paul- Louis Courier, le 10 avril 1825.

Nous avons vu Courier se jeter, à partir de 1822, dans l'opposition antidynastique. Contre un gouvernement qui élude les promesses contenues dans la Charte, il renonce à lutter à visage découvert. On ne peut lui faire son procès pour des pamphlets édités à Bruxelles, qu'il a soin de désavouer hautement. Mais la surveillance de la police redouble. Paul-Louis, qui s'en aperçoit, fait publier tantôt par le Courrier français tantôt par le Constitutionnel le désaveu des brochures qui louent le duc d'Orléans et qui blâment le gouvernement '. En même temps il annonce ses traductions de Longus et d'Hérodote, son édition des Cent nouvelles nouvelles, de manière à paraître entièrement absorbé par des travaux

1. Collection de lettres et articles publics dans différents journaux : 4 et 8 octobre 1823.

littéraires. Ingénieuse est la réclame, plus habile encore est la précaution.

Toutefois on ne le perd pas de vue. Prend-il àTours la voiture pour Paris, son départ est signalé par le préfet au ministre de l'intérieur. On le suit dans les rues de la capitale, mais on ne peut découvrir son domicile. En désespoir de cause, le préfet de police chargé de le surveiller écrit au ministre qu'il n'a pas à Paris de domicile fixe, ce qui prouve simplement que ses limiers sont en défaut.

La lettre suivante montre d'ailleurs que la surveillance ne s'était jamais relâchée depuis le jour où Courier avait eu à répondre en justice des accusations contenues dans le Simple discours, et surtout depuis l'audace qu'il avait eue de se présenter aux élections de Chinon contre le candidat ministériel.

Le 4 juin 1822», « Monseigneur,

« D'après la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire, le 7 du mois dernier, au sujet du sieur Courrier {sic) Paul-Louis dit Vigneron, qui avait déjà fait l'objet d'une communication antérieure, je me suis empressé d'ordonner de nouvelles recherches pour découvrir le logement de cet individu dans Paris. Mais, comme celles qu'on avait faites auparavant, elles ont encore été infructueuses. Le sieur Courrier n'a jamais indiqué de demeure dans la capitale ; il a constamment, soit devant les tribunaux, soit dans les diverses circonstances dans lesquelles il a fait parler de lui, indiqué son domicile à Véretz, départe-

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