Pamphlet des pamphlcls, édit. Paulin, I, p
2. Courier l'appelle spirituellement les Pastorales de Toulouse. Cf. Pamphlet des pamphlets
railler de sa prudence ? Nous savons qu'il se recueillait, attendant une occasion plus favorable, et qu'il préparait, dans sa studieuse retraite deVéretz, la revanche du bon sens français contre les exagérations du fanatisme ultramontain.
Mais malgré sa prudence, malgré la modération de son dernier opuscule, dont la bénignité, suivant le mot de la Quotidienne, semblait « défier tous les huissiers de la Cour d'assises », Paul-Louis restait toujours suspect. La vigilance administrative ne se relâchait point à son égard. Le préfet de Waters, pourtant hostile à Courier, avait été déplacé comme trop faible et envoyé dans le Jura. Son successeur, le vicomte de Nonneville, voulant faire preuve de ce zèle immodéré que M. Corbière exigeait de ses agents, entoura le vigneron de la Chavonnière d'une surveillance plus défiante.
A l'approche des élections de 1824, il observe que ce « révolutionnaire » a pris, le 9 février, un passeport pour Paris ; et comme l'on peut « présumer que son voyage a pour but les intérêts du parti auquel il appartient, et dont il serait possible qu il cherchât à seconder les efforts par quelque brochure clandestine, il croit devoir en donner avis au ministre '. Mais Courier, qui se sait surveillé, retarde son départ jusqu'après les élections. Le 16 février, nouvelle communication de la même gravité : « Courier vient de mettre à la voiture publique dépendant de l'administration Nanteuil un petit paquet pour Paris, avec cette adresse : ^|me Henriette Gasnault, rue Harlay-du-Palais. Enfin, le 26, le ministre apprend qu'il va partir par la diligence de la même entreprise. C'est alors au préfet de police qu'incombe le soin de le surveiller à Paris. « Ar-