Expression qui signifie câliner, en patois de Touraine
2. Lire !e chapitre du livre de M. André intitulé : Confession publique, auquel cette citation est empruntée.
le 10 avril. C'était le jour de l'assemblée de Saint- Avertin, où se rendaient beaucoup de villageois. Vers 11 heures du matin, Frémont fut reçu par son maître, qui lui ordonna de se rendre dans les parcs de Montbazon et d'y examiner la grosseur et la longueur des fagots qu'on y avait faits. « Demain, ajouta-t-il, les fagots de la forêt de Larçay devront être faits d'après les mêmes dimensions. »
En même temps, Courier assignait à son garde un rendez-vous pourl'après-midi dansla forêt ; il voulait lui indiquer l'endroit où le lendemain il faudrait mettre à l'ouvrage les fagoteurs : « Vous m'attendrez, ditil, à la Fosse-à-la-Lande. »
Enfermé dans sa chambre depuis son repas de midi, Paul-Louis consacre à l'étude, peut-être à la correction des Cent lettres écrites de France et d'Italie, cette journée qui doit être la dernière de son existence. A l'heure où le soleil commence à se rapprocher de la ligne de l'horizon, une heure au plus avant son coucher, il quitte la Chavonnière, sans avertir de son départ ceux des domestiques qui, retenus par leurs occupations, demeuraient à la ferme en ce jour de fête.
La canne à la main, Courier courait à son rendezvous. On le vit passer, préoccupé et rapide, parleGuessieretla Fosse-à-la-Lande. En arrivant, il trouva au milieudes bois non Frémont tout seul, mais avec lui Symphorien Dubois, le dernier amant de M"^*^ Courier. C'était un quart d'heure avant le coucher du soleil. Une dispute violente éclata entre ces trois hommes ^.
1. Deux témoins ont assisté à cette scène. La fille Sylvine Grivault, revenant de Saint-Avertin, s'était arrêtée dans un fourré avec un certain Honoré Veillaut ; couchés à plat dans l'herbe, tapis sous les bruyères à dix pas de l'endroit où Courier fut assassiné, ils assistèrent fort effrayés au drame dont ils se promirent
Paul-Louis se fâchait ; la voix de Symphorien couvrit la sienne. Il cria : « C'est fini; il faut qu'il passe le goût du pain ici. » Effrayé, Courier parut fuir ; il « avança le pas comme pour se sauver '. » Aussitôt Symphorien Dubois, lui saisissant la jambe, le renversa dans le chemin, la face contre terre. Courier entombant put encore s'écrier : '< Je suis un homme perdu. » Mais, au même moment, Louis Frémont déchargeait, à bout portant, son fusil sur son maître qui fut tué sur le coup. Symphorien, qui avait chargé le fusil, y avait mis une si bonne charge de poudre que la détonation, se répercutant dans la vallée du Cher, fut entendue à une grande distance. Aussitôt les témoins invisibles de ce drame virent accourir de différentes directions Pierre Dubois, armé d'un sabre nu, Boutet, Arrault et un autre individu qu'ils ne connaissaient pas -. Symphorien retourna le mort sur le dos ; Frémont fouilla dans ses poches ; puis les assassins s'écrièrent : « Sauvonsnous, il est mort ; sauvons-nous, il est temps. » Alors ils disparurent, laissant le cadavre de Paul-Louis étendu dans le chemin, au bord d'une ornière pleine d'eau et de boue.
L'ancien officier des guerres de l'Empire venait de trouver, dans ses propres domaines, le genre de mort auquel il avait échappé plusieurs fois au cours de ses campagnes en Calabre. Selon une expression de lettré qui lui appartient, « le sort qu'eut le poète Ibycus ^ « lui était donc réservé. Mais les assassins, ce qu'il
de ne rien révéler. Sylvine Grîvault tint sa promesse jusqu'en 1829. Alors elle fit d'importantes révélations, qui permirent d'ouvrir une nouvelle instruction contre les assassins.