SE 7H
Méridional, il a l'imagination vive et s’est fait de la République un idéal. Il est le romantique de la politique. A la tribune, il écrase l'auditoire de sa force et l’entraîne dans son élan.
La troisième fraction de la gauche était constituée par l'extrême gauche qui comptait une quinzaine de membres à tendances socialistes avec Louis Blanc. Ceux-là ne veulent ni d'un Sénat, ni d’un président de la République. Leur rêve est de rétablir une Convention, mais ils ne sont au fond pas très convaincus du succès possible de leur cause.
Pour bien comprendre quel était l’antagonisme profond qui séparait la droite de la gauche, il ne faut point se placer sur le terrain constitutionnel.
Au fond, entre les orléanistes et même la droite modérée, et la gauche, il n'existait point d’abîme infranchissable. Tous voulaient un chef, soit hériditaire, soit désigné, contrôlé par des assemblées élues et même aux yeux des monarchistes, la question d'hérédité demeurait assez secondaire. Le point essentiel sur lequel tout le monde tombait d'accord consistait dans la responsabilité des ministres devant le Parlement. A celui-ci revenait donc la prérogative du dernier mot. La théorie de l’hérédité passait bien après la doctrine parlementaire.
Ce qui séparait très profondément, très âprement la droite conservatrice de la gauche était la question purement politique et législative. La mésentente existait déjà dans le sens que les uns et les autres donnaient au terme de république. Pour les hommes de droite, c'était tout simplement une étiquette constitutionnelle qui n’impliquait aucun changement dans l’ordre de choses établi, ni dans les tendances politiques. La République, pour eux, devait être conservatrice, et c'était là le grand mot.