‹ Paul Valéry 1923Chapitre 11 sur 27 · ANR RE PP LE TR TT RES DRE ESS PALLIRR EPA T ES NOM · texte numérisé non relu

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création esthétique. « Le fait de l’homme, | dit le Socrate d’Eupalinos, est de créer en.

deux temps, dont l’un s’écoule dans le domaine du pur possible, au sein de la substance subtile qui peut imiter toutes choses et les combiner à l'infini entré elles. L'autre temps est celui de la nature. Il contient, d’une certaine façon, le premier, et d’une autre façon il est contenu en lui. Nos actes participent des deux. Le

projet est bien séparé de l'acte, et l’acte du résultat. » L'artiste ne fait jamais ce qu'il voulait faire. En lui un ingénieur veut faire et une nature fait. Son génie est un lieu de passage où se transfigurent ses intentions pour se méconnaître plutôt .

que se connaître, en œuvres quil a à … peine voulues. Alternativement l'ingénieur « est débordé par la nature et la nature arrêtée par li ingénieur. «Ces faveurs surabondantes et mystérieuses, loin de les

accueillir telles quelles, uniquement dé-.

duites du grand désir, naïvement formées de l’extrême attente de mon âme, 1l'faut :

que je les arrête, ô Phèdre, et qu elles

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attendent mon signal. Et les ayant obtenues par une sorte d'interruption de ma vie (adorable suspens de l’ordinaire durée)

je veux encore que je divise l’indivisible

et que Je tempère et que j'interrompe la naissance même des idées. » Voilà la nature intérieure immobilisée, vérifiée, disciplinée par Vlartiste ingénieur, le « génie » adapté à son sens militaire.

On comprend que l'influence de Valéry s'exerce aujourd’hui dans le sens de la discipline, de l'effort intellectuel. Et puisque je parle ici d’effort intellectuel, on trouvera, dans l’article de l'Energie Spirituelle ou M. Bergson a donné ce titre, le schème philosophique, technique, qui aide à classer les profondes intuitions de Valéry.

Mais, ce poète philosophe, s’il est autodidacte en matière philosophique, s’il rejette avec dédain « la manie humaine de faire écho», il appartient en poésie à une tradition, celle que Mallarmé lui a léguée et que Mallarmé lui-même avait reçue du Parnasse. Cette esthétique d’ingénieur

Doi de nie nt COR cadre avec celle du Parnasse, et rejoint l'esthétique racinienne en se tenant à l’antipode de celle de Lamartine (je n'em-

ploie ces noms propres que comme des

sortes de points de repère géographiques, et comme Valéry a employé celui de Léonard). « Il est illusoire, dit Valéry dans

l’Introduction, de vouloir produire dans

l’esprit d’autrui les fantaisies du sien ropre. Ce projet est même à peu près

inintelligible. Ce qu’on appelle une réali-

sation est un véritable problème de rendement dans lequel n’entre à aucun degré le sens particulier, la clef que chaque auteur attribue à ses matériaux, maïs seulement la nature de ces matériaux et l'esprit du public. » Le rôle de l'artiste est d’éta-

blir la communication entre l’être de sa

matière artistique (couleur, formes, vers) et l’être du spectateur ou du lecteur. Cette …

communication s'établit par lui, mais ne se réalise pas en lui. Il jouit de faire une

œuvre, mais il ne jouit pas de l’œuvre

faite. D'une part un artiste travaille généralement dans une joie qui l’applique tout

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