DISCOURS DE M. JEAN MOREAS
Messieurs,
Si je parle devant cette tombe, c'est comme un des plus anciens amis de Paul Verlaine, parmi ceux qu'on appelle les poètes de la nouvelle école. Mais laissons les écoles. Demain nous pouvons, nous devons reprendre nos querelles. Aujourd'hui, ici, il n'y a qu'une chose : il y a la poésie.
Or, Messieurs, des derniers classiques à Victor Hugo, de Victor Hugo à Leconte de Lisle, de Leconte de Lisie au plus jeune d'entre nous, comme de Villon à Ronsard, et de Ronsard à Malherbe et à Jean Racine, cette poésie, la poésie française, nous invite à pleurer la perte d'un de ses plus grands esprits.
Et certes. Messieurs, l'auteur de Sagesse, de Jadis et Naguère et à' Amour, doit être admiré comme un illustre poète, dans le sens absolu du mot. Mais, de plus, si les Muses chez nous doivent revenir au goût classique, on pourra, je pense.
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considérer Verlaine comme un des plus véritables artisans de cet heureux retour.
Adieu donc, Paul Verlaine, et quelles que soient les chances diverses ([ui attendent la poésie dans votre pays de France, votre nom ne périra pas,