‹ Paul Verlaine et quelques-unsChapitre 3 sur 16 · GI · texte numérisé non relu

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Voilà une glose bien longue à pro..os de l'ignorance en matière architecturale de Verlaine. Ignorance! Le mot est gros et injuste, parce que lorsque Verlaine s'étend sur les églises d'Arras — et il s'y étend longuement et corn plaisamment — il a pour décrire leurs beautés des épithètes souvent louangeuses et toujours exactes. Il est admirablement renseigné non seulement sur le présent, miais sur le passé des « treize églises paroissiales qui dressaient avant la Révolution leurs graves et délicates aichilectures du sein dentelé de la cité », et dont une seule, St-Jean-Baptiste, était restée, vestige intéressant du XV^ siècle, très ri-

chement et savamment restaurée il y a quelques années. Sa piété semble le diriger, et il passe en revue les chapelles et les églises comme un dévot inspiré par sa foi. Il n'en oublie aucune, depuis ce merveilleux spécimen de l'architecture monacale du XVII h siècle qu'est l'Abbaye de Saint-Waast jusqu'aux chapelles des Ursulines, du T.-S. Sacrement, des Chariottes et même des Vieillards. Il raconte avec un amour humilié toute l'histoire miraculeuse du Cierge d'où naquit Notre Dame des Ardents, mais il a une dilection particulière pour une église édifiée en 1866 dans les «Basses Rues », par un architecte, que Verlaine qualifie à juste titre « d'architecte de génie », M. Grigny. C'est l'Eglise Saint-Géry. Tout jeune, j'habitais chez mes parents auprès de cette église un peu triste dans son cadre si paisible, si

parfaitement « province », et ses cloches le matin brisèrent maintes fois mon sommeil d'enfant. Or, ce qui, dans cette église, avait le plus frappé Verlaine était un grand crucifix de bois « merveille $auvée à grand'peine du pillage des couvents en 1792 », il en admirait « la mesure dans Toriginalité profonde, Pinédit de ses lignes classiques, la toute pénétrante douceur de sa sévérité, et la scrupuleuse perfection des moindres détails.»

Ce Christ était resté chez Verlaine une obsession; il en parlait parfois, et avec une admiration si profonde qu'un jour Germain Nouveau, étant à Arras, en prit Mne copie et l'offrit à Verlaine. Celui-ci en fut si heureux qu'il écrivit le poème suivant — qui doit trouver sa place dans celte étude consacrée à Arras:

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