‹ Paul Verlaine et quelques-unsChapitre 5 sur 16 · LES BEFFROIS · texte numérisé non relu

LES BEFFROIS

Oh ! les beffrois, les vieux beffrois d'aspect

[ farouche, joyaux évocateurs naïvement ouvrés, dont la légende autant que l'histoire nous

[ touche, et que leur âge et leur beauté renden t sacrés !

Ils sont restés chez nous l'orgueil de la

[ commune :

là vibrait comme y vibre encore son cœur

[ loyal, là chantaient ses espoirs, là grondaient sa

[ rancune et ses défis jetés au monde féodal.

Et les blocs de granit, dont on fit les

[ assises

d'où vers le libre azur vont d'un jet s'é-

l lançant

ces gardiens éternels des antiques fran-

[ chises,

furent liés et cimentés avec du sang.

Chaque pierre ajoutée à leurs fleurons

[ étranges atteste les vouloirs des aïeux révoltés et clame les horreurs des humaines ven-

[ danges qui mirent tant de pourpre au blason des

[ Cités.

Et toujours, portant haut et ferme ta ban-

[ nière, o Flandre des tocsins et des clairs carillons ! superbes, face ai vent qui fouette leur

[ crinière, tu vois à leur sommet se dresser tes lions.

Et il n'est pas que des poètes comme M. Paul-Auguste Massy dont la jeunesse fut bercée par leurs carillons, mais d'autres aussi, nés sous des deux plus

éclatants, furent séduits par la grandeur fet la poésie de leurs traditions. Voici la pièce — d'ailleurs dédiée à Paul Verlaine — que l'on peut lire dans le livre de vers de Pierre Dévoluy, Bois ton Sang. I>évoluy, nature sensitive, fut à Arras assez de temps pour en comprendre le charme spécial, et pourtant il était loin d'être des nôtres, puisqu'il devint... capoulié du Félibrige:

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