LE COCU
Le cocu s'en va par le monde, L'œil béat et le front serein.
Il vient d'être père et parrain :
L'ami veille la moribonde.
Raillant les maris qu'on seconde Et dont on bêche le terrain, Le cocu s'en va par le monde.
L'œil béat et le front serein.
« La femme est fausse comme l'onde Son nombril est un champ forain ; Mais la sienne, vertu d'airain Est fidèle, austère et féconde. »
Le cocu s'en va par le monde.
Richepin y était déjà un grand homme et glorifiait son aisance.... relative:
L'an dernier, à pareille époque, Un huissier bazardait mes loques Pour un proprio dégoûtant.
C't'année-ci, j'possède un peu de linge, Et l'on me doit huit jours chez mon singe. Moi, j' suis content !
Puis c'était Félix Déco ri, alors plus glorieux de ses vers légers que de ses plaidoiries, Jules Jouy, Emile Goudeau, Albert Samain, Jean Ajalbert, Jean Lorrain, Laurent Tailhade, les Margueritte, Camille de Sainte-Croix, Maunce Donnay, Georges d'Esparbès, Rodolphe Darzens, Jean Dolent, et ce génial Charles Cros — Gros qui, avant Lippmann avait inventé la photographie des couleurs, le
phonographe avant Edison, et qui avait trouvé le moyen de correspondre avec la planète Mars! Il faut relire cette magnifique pièce où cet 'nventeur, qui fut un poète sensible, et merveilleusement doué (voir son Coffret de Santal) exalte son propre génie, avec un orgueil justifié :