‹ Paulina [microforme]Chapitre 17 sur 79 · SAUL AU DÉSERT · texte numérisé non relu

SAUL AU DÉSERT

Saul avait alors vingt-cinq ans. Il était né à Tarse, en Cilicie, et il avait été instruit dans les écoles de cette ville, qui étaient très renommées. Comme toute sa famille il appartenait à la secte des Pharisiens. Lorsqu'il avait été circoncis, on lui avait donné le nom de Saul ou Saül, en l’honneur du premier roi d'Israël, et il semble qu'il eût hérité de son caractère violent.

Vers sa vingt-deuxième année il était allé perfectionner ses études à Jérusalem, à l’école du célèbre Gamaliel. Parmi les Scribes, il avait surtout fréquenté Onkelos, très versé dans la littérature grecque et dans les Ecritures des Juifs. Ses camarades d’étude les plus illustres avaient été Barnabé, originaire de Chypre, le prince Nicodème et Etienne, qui était Juif.

Tout d’abord, il: avait eu pour ce dernier une grande admiration ; mais quand il aporit qu’Etienne était devenu l’un des disciples de la nouvelle religion fondée par Jésus de N azareth, il le prit en haine.

Etienne n’était pas seulement l’un des sept diacres chargés de collecter et de distribuer les

aumônes ; il était aussi un prélicateur zélé dela foi au Christ.

Nous n’avons de iui qu ur seul discours, celui qu’il prononça devant Je Sanhédrin. Mais il suffit à montrer quel puissant orateur il était. Il prêchait devant les SyYnagogues helléniques dans la belle langue grecque qu'il possédait à la perfection, et s’il avait vécu plus longtemps, il aurait joué peut-être un rôle équivalent à celui de saint Paul.

Si Jésus l'avait choisi comme apôtre, il aurait été un ardent défenseur et un éloquent docteur de son Eglise. Il semble donc au point de vue humain que ce fût une faute de ne l’avoir pas appelé à l’apostolat. Mais J ésus ne raisonnait pas comme les fondateurs humains. Il voulait que les chefs de son Eglise fussent des ignorants et des simples, et que le plus brillant de ses disciples fût le premier de ses martyrs.

Quel début malheureux l'-quel échec ! dira la sagesse humaine. Le plus fort lutteur, le plus digne du Maître, qui aurait pu être un des piliers de son Eglise, est précisément celui qui échoue au premier combat, et qui meurt avant d’avoir rien fait.

Mourir, dans la croyance humaine, c’est finir. Mais depuis J ésus-Christ, mourir c’est commencer, c’est établir, c’est fonder. C’est par sa mort que le Rédempteur a consommé son œuvre, parce que

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