‹ Paulina [microforme]Chapitre 25 sur 79 · SAUL ET BARNABE DANS L'ILE DE CHYPRE · texte numérisé non relu

SAUL ET BARNABE DANS L'ILE DE CHYPRE

Un matin du printemps de l’an 44, trois hommes sortaient d’Antioche. Ils suivaient un sentier sinueux, qui s'élevait au milieu des cactus, vers le sommet d’un promontoire, coupé à pic, à gauche de l’Oronte. Ils étaient las, et leurs pas devenaient lents et lourds. Enfin ils arrivèrent à la cime, et ce fut avec un soupir de soulagement qu’ils découvrirent la mer déployant au loin son immense arène éblouissante d'azur, et tout ensoleillée.

Plus près, au pied du promontoire, une haute tour, dont la vague venait battre la base, indiquait l’entrée du port de Séleucie, comme une sentinelle. Une belle colonnade annonçait un temple de quelque faux dieu.

Ils s’assirent pour causer sur une roche tapissée de mousse, et aspirèrent l’air frais qui montait de la mer. Il sy mélait des parfums d’hysope et de romarin.

On était srrivé au milieu de mars, et la navigation méditerranéenne allait s'ouvrir. Les vergers étaient en fleurs sur les bords de l’'Oronte, et les orangers étaient encore chargés de fruits.

Tous les torrents qui chantaient dans les gorges profondes du Silpius roulaient sur un lit de basalte leurs eaux tourbillonnantes vers le petit fleuve.

L’aube étendait à peine sur les cimes du Liban un léger voile teinté de rose, et sur la route qui suivait les méandres du fleuve, les trois voyageurs reprirent bientôt leur marche à grands pas.

De plateaux en plateaux, ils descendirent des hauteurs, et devant eux l’échancrure des montagnes en s’élargissant agrandissait et éclairait leur horizon.

Bientôt, au détour des collines, ils aperçurent la mer endormie dans sa robe de moire azurée.

‘Ainsi donc, dit le plus jeune des trois, à celui qui marchait à sa droite, vous êtes sûr, Barnabé, que nous trouverons à Séleucie un vaisseau faisant voile pour Chypre ?

— J'en suis sûr, répondit Barnabé. Il y a un petit vaisseau marchand, le Sidonia, qui partira. demain matin à l'aurore, et si le vent souffle du nord, nous serons à Salamis avant la nuit.

— Chypre est votre patrie, Barnabé ?

— Oui, et c’est aussi la patrie de Marc. Nous l’aimons bien tous deux. C’est une île enchanteresse, et sa population a bien besoin de conversion, elle est tellement livrée au culte de Vénus.

— Le proconsul se nomme Sergius Paulus, dit Marc, et je crois qu’il nous fera bon accueil.

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